Conditions au CHSLD Beaumanoir: le CIUSSS se défend

Les bénéficiaires du CHSLD Beaumanoir de Chicoutimi reçoivent « tous les soins et les services nécessaires ». Au lendemain du cri du coeur d’une infirmière, dénonçant les conditions dans lesquels vit son père souffrant d’Alzheimer, la direction du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean se défend et contredit les propos de la dame.

Sur sa page Facebook, rappelons-le, Véronique Perron a déploré le manque de ressources pour assurer des soins et des services de qualité. Des plaies aux pieds mal soignées, des couches qui débordent, un plancher sali d’urine laissé tel quel pendant plusieurs jours, l’absence d’une infirmière responsable pour s’occuper de son père, des appels pour demander l’heure juste non rendus font partie des doléances de la dame.

« Les soins et services étaient tous donnés. Les plaies étaient traitées », a assuré Martine Nepton, directrice du programme soutien à l’autonomie des personnes âgées du CIUSSS.

Cette dernière estime plutôt que la sortie de Mme Perron est due à un problème de communication. Tout d’abord, l’infirmière se serait adressée au mauvais endroit pour se plaindre ou obtenir des informations. Dans sa sortie, la dame dénonçait en effet l’absence d’un retour d’appel pour ses demandes. Martine Nepton précise qu’il faut se plaindre aux gestionnaires plutôt qu’au personnel sur le plancher, comme les infirmières. 

La directrice du CIUSSS reconnaît cependant que le manque de communication peut être aussi dû à un départ à la retraite au CHSLD.

« La continuité des services, principalement des communications, était difficile à ce moment », a laissé tomber Mme Nepton.

Aucun plan d’action n’a donc été mis en place à la suite de cette sortie sur les réseaux sociaux, car « tous les soins et services ont été donnés et ont été de qualité », a répété la directrice du programme soutien à l’autonomie des personnes âgées. Cette dernière a tenu à préciser que ce genre de dénonciation est difficile à prendre pour le personnel du CHSLD. Mais dans sa sortie, Mme Perron a pris la peine de spécifier que c’est le manque de ressources et non la qualité des ressources humaines qu’elle dénonçait.

En ce qui concerne le plancher sali d’urine, la direction du CIUSSS n’a pas encore terminé les vérifications. Il n’y a cependant eu aucune rupture de service dans le département de la conciergerie, a confirmé la direction. 

Véronique Perron a eu des réponses, mais pas assez

Véronique Perron a rencontré la direction de l’établissement, mardi. Elle se dit satisfaite du déroulement de la rencontre, mais moins satisfaite des réponses obtenues. Une deuxième rencontre devrait avoir lieu bientôt.

Selon le bilan que dresse Mme Perron, la directrice des soins infirmiers du CHSLD, Josée Babineau, a convenu qu’un problème de stabilité du personnel a engendré des lacunes. Le coordonnateur de l’hébergement, Dominic Boudreau, était également présent. 

« Ils sont conscients du problème. On me dit qu’une nouvelle infirmière entrerait bientôt en poste. Ça me rassure de voir qu’ils font quelque chose et qu’ils sont conscients du problème », relate-t-elle.

Quant au plan de soins déployé en lien avec les problèmes de pieds de son père, qui a développé une blessure, Véronique Perron affirme que la direction a admis qu’elle aurait dû être avisée dès l’ouverture du dossier. La blessure a été causée par le port de chaussures qui ne lui appartenaient pas. Mme Perron aurait aussi dû être mise au courant de la situation, a convenu la direction de l’établissement.

Quant au plancher souillé d’urine qui n’aurait pas été nettoyé pendant trois jours, la responsable a indiqué qu’en théorie, le nettoyage devrait se faire quotidiennement dans la chambre de M. Perron. 

« Je n’ai pas eu de réponses à toutes mes questions et ils m’ont dit qu’ils avaient encore des choses à vérifier. On va se revoir dans une ou deux semaines pour une deuxième rencontre afin de discuter du plan d’intervention pour mon père », poursuit-elle.

Malgré la demande du CIUSSS, Véronique Perron refuse toujours de retirer son statut Facebook, lequel a été partagé à quelque 200 reprises. La publication d’un article dans Le Quotidien de lundi a aussi suscité beaucoup de réactions.

« J’ai dit que j’allais aller jusqu’au bout et je vais le faire. S’il n’y a pas une meilleure stabilité, je vais transférer mon père », conclut Véronique Perron. 

Dans un long cri du coeur publié sur Facebook, dimanche, Véronique Perron a dénoncé le manque de ressources au CHSLD Beaumanoir, un établissement regroupé sous l’égide du CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean.