Des rencontres ont eu lieu avec les élus de Saguenay et il a été convenu de mettre en place une table de concertation entre les différents promoteurs d’événements qui sont présentés sur le territoire. Carl Huth, cofondateur du Festival des vins de Saguenay, événement illustré par cette photo, précise que le but premier des rencontres visait principalement le dédoublement de tous les événements.

Concertation nécessaire

Les rumeurs entourant la venue du groupe punk-rock Pennywise, le 10 juillet prochain, sur la Zone portuaire de Chicoutimi, suscitent des craintes et des questionnements. À tel point que des rencontres ont eu lieu avec les élus de Saguenay et qu’il a été décidé de mettre en place une table de concertation entre les différents promoteurs d’événements qui ont lieu sur le territoire.

Toute cette histoire a commencé dans les derniers jours quand il a été avancé qu’Événements 2M, le producteur régional derrière la venue du groupe The Offspring, l’an dernier, à Alma, en collaboration avec le Festival d’été de Québec, travaillait pour produire le groupe Pennywise.

Le Quotidien a contacté plusieurs intervenants du milieu, au cours des derniers jours, pour savoir ce qui en retournait.

Il a notamment été possible d’apprendre que, mercredi, les responsables des festivals et les producteurs de spectacles se sont rencontrés afin de mieux arrimer les événements qui ont lieu à Saguenay. La conseillère municipale de Shipshaw, Julie Dufour, a confirmé qu’un comité réunissant des élus, des fonctionnaires et des producteurs d’événements, notamment, sera mis en place afin d’avoir une meilleure concertation et une vision commune dans les dates des spectacles ou des festivals.

Mme Dufour a aussi précisé que la location de la scène a été faite dans les règles de l’art entre la Société de gestion de la Zone portuaire et son directeur général, Fabien Hovington, et Événements 2M. Elle a rappelé que lorsque le ministère est passé, dans les dernières années, pour vérifier le fonctionnement de la société, certaines règles ont été établies et celles-ci ont été suivies à la lettre dans le cas présent. En résumé, la scène peut être louée, tant que c’est au même prix pour tout le monde.

« Il faut démêler les événements et s’assurer que tout le monde y trouve son compte », a-t-elle précisé.

Inquiétudes

Le cofondateur du Festival des vins de Saguenay, Carl Huth, confirme que la possible venue de Pennywise a suscité des inquiétudes puisque le spectacle aura lieu en même temps que son événement sur la rue Racine.

« Le but premier des rencontres (avec les élus) ne visait pas cet événement, mais le dédoublement de tous les événements », a-t-il précisé au Quotidien.

Il se demande notamment si Saguenay peut se permettre d’avoir des événements concurrents. Et quant à la possibilité que le festival déménage sur la Zone portuaire en cas de pluie, ce n’était pas le cas pour la prochaine édition, puisqu’il a déjà été décidé que la rue Racine serait l’unique site pour l’événement qui se déroulera maintenant sur trois jours.

Carl Huth se dit surtout surpris de ne pas avoir été avisé de la venue du groupe, mais a confiance qu’il y aura une meilleure communication dans le futur.

« Il faut juste savoir où ça commence et où ça finit. Nous ne sommes pas contre la présentation, mais est-ce qu’il y a de l’insécurité, des questionnements ? Oui, il y en a. C’est important d’avoir un calendrier clair et réfléchi », a-t-il précisé, ajoutant qu’il ne pourra certainement pas présenter un spectacle de clôture comme par les années passées, comme Karim Ouellet, parce que ce sera au même moment que celui sur la scène de la Zone portuaire.

De son côté, le producteur Robert Hakim, qui est derrière le Festival des bières du monde et le Festival international des Rythmes du monde, croit qu’il y a déjà beaucoup d’événements à Saguenay, beaucoup de choix de spectacles, « mais pas tant de fins de semaine », et il craint une certaine saturation.

Selon lui, per capita, il y en a plus à Saguenay que dans n’importe quelle autre ville au Québec.

« Il ne faut pas nuire aux événements en général, et je ne parle pas des miens. Des subventions sont coupées, alors il ne faudrait pas que les dates se chevauchent. Ça prend une meilleure communication et je pense que la table ronde est une très bonne chose. Il faut être capables de préserver les événements majeurs qui existent déjà et se préoccuper de leur survie avant d’en accueillir d’autres », a-t-il mentionné lorsque questionné par Le Quotidien, mercredi soir. Cette année, le Festival des bières aura lieu du 16 au 19 juillet, quelques jours après la venue de Pennywise.

Questionné à ce sujet, le directeur général de Jonquière en musique, Alain Tremblay, s’est refusé à tout commentaire. Quant à Phil Desgagné, de Diffusion Saguenay, il a mentionné que l’organisme était prêt à offrir son service de billetterie au promoteur Événements 2 M.

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MARTIN TREMBLAY SE DÉSOLE

Le directeur d’Événements 2M, Martin Tremblay, se désole de voir que la venue du groupe Pennywise est décriée avant même d’avoir été confirmée.

Contacté par Le Quotidien, il a refusé de confirmer la tenue ou non du spectacle, le 10 juillet prochain, sur la grande scène de la Zone portuaire de Chicoutimi. Il ne nie cependant pas avoir des liens avec le Festival d’été de Québec (FEQ), et ce, depuis les célébrations du 175e anniversaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean quand il avait produit Simple Plan, Hedley et Rodger Hodgson, aussi sur la Zone portuaire.

Plus concrètement, il achète des spectacles du FEQ qu’il produit à son tour dans la région. Il l’a fait pour le 175e, pour Coleman Hell et pour The Offspring, l’été dernier, en collaboration avec Festirame.

« Je suis pour la région, je prends tout ici. On est une belle compagnie, on en est à notre sixième année, on a de bons commentaires, on a toujours payé nos fournisseurs et on les prend tous ici, même si parfois ça nous coûte plus cher, s’est-il défendu. Avec le FEQ, on a des deals, c’est pour ça qu’on est capables de les produire. »

Même s’il les achète du FEQ, Martin Tremblay précise être responsable des spectacles en totalité, ce qui inclut le transport, les repas, les demandes spéciales et, surtout, de trouver une scène. Dans le cas de Pennywise, il aurait eu des contacts avec Jonquière en musique, Festirame et la municipalité de Saint-Honoré, avant de s’entendre avec la Zone portuaire.

« Au final, ce qui est plate, c’est que si on bloque ce genre d’événements, je vais vivre pareil, mon associé aussi, mais c’est toute la région qui va en payer le prix. »

Quant au choix de la billetterie, il dit connaître les prix du Point de vente, une entreprise de l’extérieur de la région, mais aucune entente n’a été conclue. Il dit cependant avoir eu des discussions avec Reservatech et Diffusion Saguenay.