Les cinq organismes de travail de rue du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont dévoilé de nouveaux outils reliés à l’exploitation sexuelle.

Concertation des organismes de travail de rue sur l’exploitation sexuelle

Faisant face à une augmentation de cas reliés à l’exploitation sexuelle, les organismes de travail de rue du Saguenay-Lac-Saint-Jean se sont regroupés dans le cadre d’un projet commun. L’exercice de concertation qui s’est amorcé en 2017 a permis d’augmenter le nombre d’heures des intervenants passées sur le terrain ainsi que la création de nouveaux outils destinés à un vaste public.

Le regroupement des cinq organismes jeannois et saguenéens est possible grâce à une entente de trois ans. Depuis le printemps 2017, plus de 110 000 $ ont été consacrés au projet réalisé en collaboration avec le ministère de la Sécurité publique.

Les nouveaux outils de prévention et d’intervention permettront de démystifier, d’informer et d’éduquer les jeunes et leurs parents face à cette réalité qui occupe de plus en plus d’espace. Les affiches, encarts, casse-tête géants et cartes régionales des travailleurs de rue accompagnent maintenant les intervenants. « Notre programme est beaucoup en prévention. On veut démystifier avec les jeunes c’est quoi, mettre un mot sur cette réalité. Les jeunes ne parleront pas d’exploitation sexuelle, mais plutôt d’échange de services. Il y a une banalisation de la sexualité et une méconnaissance, explique la coordonnatrice du Service de travail de rue de Chicoutimi, Janick Meunier. On veut aussi sensibiliser la population et les parents qui devraient être en mesure d’avoir des discussions avec leurs jeunes à ce sujet », ajoute-t-elle.

Questionné quant aux différences entre les grandes villes et les régions, le directeur général du Comité du travail de rue d’Alma, Guillaume Bégin, est d’avis que « les mêmes réalités existent, mais dans une proportion différente. Cela cause d’autres problèmes. On a parfois beaucoup moins de services et un moins grand réseau ». L’augmentation des interventions et des situations reliées à l’exploitation sexuelle était remarquée, depuis un moment, par les intervenants qui œuvrent sur le terrain.

Au courant de la dernière année, les intervenants des divers organismes se sont rencontrés à maintes reprises afin d’élaborer le projet et les différents outils qui en découlent. Cette concertation régionale permet d’offrir des outils régionaux tout en mettant à profit l’expertise des différents organismes. « Le projet a été bâti afin que les retombées soient durables. Le volet formation vise à outiller les équipes afin que les interventions soient optimisées sur le terrain. Les outils seront encore valides lorsque nous voudrons renouveler une campagne quand le besoin se fera sentir. L’idée, c’est de créer quelque chose de durable pour aider les organismes à faire face à cette réalité », explique Guillaume Bégin.

Portrait plus juste

L’année à venir permettra d’obtenir un portrait plus juste de la place que prend l’exploitation sexuelle dans les rues. Encore aujourd’hui, il est difficile d’accoler une donnée exacte à cette problématique qui n’est pas toujours clairement identifiée.