Compteurs d'eau au Lac: des municipalités s’unissent

Des municipalités de la MRC Lac-Saint-Jean-Est ont choisi de s’unir afin de répondre à l’obligation d’installer des compteurs d’eau, en vertu de la nouvelle Stratégie québécoise d’économie d’eau potable du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation. Le regroupement entre les maires de Saint-Bruno, d’Hébertville et d’Hébertville-Station a franchi les premières étapes au cours des dernières semaines. Par ailleurs, la municipalité de Larouche entend répondre favorablement à l’appel des trois autres municipalités.

Les maires des trois municipalités de la MRC Lac-Saint-Jean-Est se sont rencontrées une première fois dans les dernières semaines. Les bases du partenariat entre Saint-Bruno, Hébertville et Hébertville-Station sont encore à définir.

Expliquant les raisons d’un tel regroupement, le maire d’Hébertville, Marc Richard, cite en exemple une possible mutualisation des équipements pour les municipalités contraintes d’installer des compteurs d’eau.

Le maire de la localité de près de 2500 personnes doit lui aussi conjuguer avec les obligations de la nouvelle Stratégie québécoise d’économie d’eau potable. « Nous sommes au même niveau que la municipalité de Saint-Bruno. Nous avons l’obligation de procéder à l’installation des compteurs d’eau. C’est pratiquement la même quantité de compteurs qu’à Saint-Bruno », a-t-il expliqué.

La prochaine année permettra, entre autres, à Hébertville de procéder à la déphosphatation du réseau.

Questionné quant à un possible règlement d’emprunt pour acheter les compteurs d’eau, M. Richard assure être encore bien loin de cette étape.

Le conseil municipal de Saint-Bruno n’a toujours pas pris de décision deux mois après que des citoyens aient rejeté du règlement d’emprunt pour l’achat et l’installation de compteurs d’eau.

Statu Quo à Saint-Bruno

Deux mois après le rejet du règlement d’emprunt pour l’achat et l’installation de compteurs d’eau par les citoyens, c’est le statu quo à Saint-Bruno. Les citoyens de la municipalité ont, le 5 mars, réclamé un scrutin référendaire quant au règlement d’emprunt de 511 300 $. Plus de 400 personnes avaient signé le registre afin de bloquer la procédure.

Au dévoilement du résultat du registre, le conseil municipal avait affirmé prendre quelques semaines pour étudier la situation et trouver une solution.

Questionné par Le Quotidien quant à l’évolution de la démarche et à une possible décision, le maire de la municipalité, François Claveau, a affirmé « ne pas être rendu là ».

Le représentant des Brunois s’est limité à affirmer « qu’on s’organise pour avoir une stratégie commune pour les trois municipalités. Ce sera peut-être plus, mais on commence par trois municipalités ». M. Claveau voit en cette union une solution économique.

À la tête d’un plus petit village, le maire d’Hébertville-Station, Réal Côté, est contraint d’installer moins de compteurs d’eau, soit 68. Lui aussi ne cache pas son intérêt à se rallier aux municipalités voisines. « On a intérêt à travailler ensemble pour faire des économies de masse », a-t-il ajouté.

Larouche suit le dossier de près

L’enjeu est fort différent pour la municipalité de Larouche, qui est située aux limites du Saguenay et du Lac-Saint-Jean. « Nous, on ne vit pas la problématique actuellement. Nous ne sommes pas soumis aux compteurs d’eau. Nous ne sommes pas dans la même situation qu’eux, qui ont des entreprises et des fermes qui consomment beaucoup d’eau », a confié le maire Réjean Bédard.

Informé de l’intérêt des trois municipalités de la MRC Lac-Saint-Jean-Est à voir la municipalité de la MRC voisine se greffer au regroupement, M. Bédard entend y répondre positivement. Il compte y participer à titre d’observateur, rappelant que la municipalité de Larouche pourrait éventuellement se retrouver devant une problématique similaire.

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TROIS OBJECTIFS

La Stratégie québécoise d’économie d’eau potable 2019-2025 est appliquée dans le but de réduire de 20 % la quantité d’eau distribuée par personne par rapport à 2015, d’atteindre un niveau de fuites modéré par rapport à l’indice de l’International Water Association et d’augmenter progressivement « des investissements nécessaires pour réaliser le maintien d’actifs de façon pérenne tout en éliminant graduellement le déficit d’entretien ». L’atteinte de ces objectifs est prévue d’ici 2025 pour l’ensemble du Québec. 

Les municipalités du Québec doivent respecter plusieurs engagements dictés par la stratégie, notamment de produire un bilan annuel, mettre en place des actions pour contrôler les pertes d’eau, pour économiser l’eau chez les consommateurs et pour s’assurer de la gestion durable de la ressource et des actifs municipaux. Les municipalités doivent également présenter, chaque année, un bilan au conseil municipal.

Selon l’information transmise par la Stratégie québécoise d’économie d’eau potable, « un mètre cube d’eau produit au Québec coûte en moyenne 1,51 $, dont 0,20 $ en coûts variables ». Une réduction de 20 % de la consommation totale pourrait correspondre à des économies de deux milliards $ sur 20 ans.