Commissions scolaires: la pénurie de personnel de soutien affecte la qualité des services

Les syndicats qui représentent les employés de soutien des commissions scolaires De La Jonquière et des Rives-du-Saguenay s’unissent pour dénoncer la pénurie de main-d’œuvre qui touche les principaux corps de métier dans les écoles du Saguenay. Selon les intervenants, la situation est intenable et provoque un manque de services offerts aux élèves, en plus de placer les employés dans une position difficile.

Le président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS), Éric Pronovost, était de passage dans la région, mardi, flanqué de la présidente du Syndicat du personnel de soutien scolaire de la Jonquière (SPSSJ), Nancy Gagnon, et du président du Syndicat régional des employés de soutien (SRES), Yvan Bilodeau, tous affiliés à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Une roue qui tourne

Les trois acteurs ont fait état d’une situation qui provoque une réaction en chaîne, c’est-à-dire qu’en raison d’une pénurie de main-d’œuvre, le personnel de soutien est forcé de travailler davantage ou d’accomplir d’autres tâches qui ne se retrouvent pas dans leur champ d’expertise. Les services directs aux élèves sont ainsi affectés et le personnel se retrouve à bout de souffle. 

« Les remplacements s’effectuent trop souvent à l’interne, donc les tâches sont redistribuées à l’intérieur du personnel et ça crée de l’instabilité, en plus d’une surcharge de travail », a exprimé Yvan Bilodeau.

La précarité d’emploi est l’autre gros enjeu auquel les syndicats souhaitent s’attaquer. M. Bilodeau a indiqué que les administrateurs créaient des « petits postes », sur des horaires de 35 heures par semaine, mais sur un contrat de 12 ou 24 mois. À la Commission scolaire De La Jonquière, 54 pour cent du personnel est affecté par la précarité, tandis qu’elle touche 61 pour cent du personnel à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay.

« Un technicien en informatique engagé par une commission scolaire va gagner entre 39 000 et 54 000 $ par année, alors qu’au privé, le salaire annuel varie entre 49 000 et 62 000 $, a cité en exemple M. Bilodeau. Quand tu n’as aucune stabilité d’emploi, ça fait en sorte que les gens sont moins intéressés à venir travailler chez nous. »

Hausse des cas de violence

Présidente du Syndicat du personnel de soutien scolaire De La Jonquière et éducatrice spécialisée depuis 27 ans, Nancy Gagnon a rapporté une hausse du nombre de cas de violence subie par le personnel de soutien.

« J’ai vu une dégradation majeure de la situation, a déploré Mme Gagnon. Auparavant, on avait des outils pour faire face aux différentes situations. Maintenant, on a perdu des services et on se retrouve dans des zones floues et de plus en plus de personnel subit de la violence. On demande à nos membres de remplir toutes les déclarations parce que c’est une situation qui s’en vient grave. »

Les coupes dans le système de l’éducation, évaluées à 1,4 milliard $ par la FPSS-CSQ, ajoutent aux difficultés des commissions scolaires. Éric Pronovost espère pouvoir rencontrer le nouveau ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, afin de lui faire part des interrogations et inquiétudes de ses membres.

La réforme de la taxation scolaire annoncée par la CAQ inquiète également M. Pronovost, qui représente un manque à gagner de 700 M$ au sein des commissions scolaires. 

« Il ne faut surtout pas oublier que les 700 M$ servent, entre autres, à payer du personnel de soutien pour offrir des services complémentaires, a indiqué le président de la FPSS-CSQ. La grande problématique au Québec, c’est que l’éducation et la santé sont des priorités en campagne électorale, mais force est d’admettre que lorsque les gens sont élus, on parle plus souvent de coupures que d’investissements. »

Le personnel de soutien touche plus de 80 corps de métier, dont les concierges, les plombiers, les éducateurs en service de garde, les techniciens en éducation spécialisée, les secrétaires, les agents de bureau et les techniciens en informatique.