Chantale Cyr reprendrait son poste de directrice générale de la CSRS demain matin, mais à la condition de ne plus être harcelée psychologiquement.

Commission scolaire des Rives-du-Saguenay: Cyr prête à revenir... sans harcèlement

Malgré tout ce qui a été dit à son sujet et malgré les critiques, fondées ou non, Chantale Cyr est prête à reprendre sa chaise de directrice générale de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay (CSRS), mais à la condition de ne plus subir de harcèlement psychologique.

À la 25e journée d’audiences devant le juge Guy Roy, du Tribunal du travail du Québec, Me Éric Lebel, qui représente les intérêts de Mme Cyr, a présenté sa contre-preuve au procès pour plaintes de harcèlement psychologique, de congédiement illégal et de lésions professionnelles déposées par sa cliente.

Tout au long de la contre-preuve, Chantale Cyr est venue nier ou, à tout le moins, apporter des précisions sur les propos tenus par l’un ou l’autre des témoins de la CSRS.

Questionnée sur le climat de travail et les commentaires entendus au procès, Chantale Cyr ne semble pas en tenir rigueur.

« J’ai aimé travailler à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay et je suis prête à reprendre ma chaise de directrice générale, mais sans le harcèlement psychologique. Et malgré tout ce qui a été dit ici lors des témoignages, cela ne m’empêcherait pas de revenir travailler avec ces gens qui se sont exprimés », a lancé Chantale Cyr. Cette dernière a aussi rappelé au juge Roy que tout ce que les témoins ont eu à lui reprocher ne lui a jamais été rapporté.

« Aucune membre du personnel cadre ni aucun commissaire d’école ne m’a fait part de quoi que ce soit durant mon séjour, et je n’ai pas été mise au courant de ce qui été dit au procès. Ce n’est jamais arrivé », a-t-elle précisé. Sur cet aspect, de nombreux témoins de la CSRS ont d’ailleurs confirmé n’avoir jamais parlé à Chantale Cyr des reproches qui lui étaient adressés.

Celle-ci a aussi mentionné que les commissaires d’école lui avaient donné le mandat, à son arrivée, de redresser la barre de la CSRS, dont les nominations en cascades des cadres, et de mettre un terme au laisser-aller. « Je crois que c’était l’une des raisons qui faisaient qu’ils ont choisi quelqu’un de l’extérieur, qui ne connaissait personne au sein de l’organisation », a-t-elle indiqué.

Sur le témoignage de Liz Gagné, présidente de la CSRS, qui a dit avoir appris sur le tard qu’une plainte pour harcèlement psychologique avait été déposée contre elle le 6 décembre 2017, Chantale Cyr a indiqué avoir eu la confirmation le 13 décembre que Mme Gagné en avait été avisée.

« Concernant l’invitation à souper de Mme Gagné, oui, il y en a eu une, mais pas à la date précisée, mais après que les changements à la délégation de pouvoirs aient été annoncés. Vous comprendrez que je n’allais pas très bien et que je n’ai pas répondu à son offre. Les gens de l’association des cadres m’avaient suggéré de ne jamais être seule avec Liz Gagné. »

+ « OST*** QUE JE VAIS MAINGER LA CLAQUE. »

Chantale Cyr, alors directrice générale de la CSRS, y est allée de ce commentaire à la fin de l’entrevue radiophonique de Liz Gagné, candidate à la présidence de l’organisation, quatre jours avant l’élection scolaire du 7 mai 2017.

Au cours du contre-interrogatoire de la contre-preuve, Me Jean-Claude Girard, qui représente les intérêts de la commission scolaire, a demandé à Mme Cyr si elle avait enregistré l’entretien radiophonique.

Mme Cyr a dit ne pas se souvenir, mais ne croyait pas l’avoir fait, car elle avait entrepris des démarches pour mettre la main sur le document audio. L’ex-directrice générale a aussi précisé ne pas avoir de souvenirs qu’elle avait écouté l’entrevue en compagnie d’autres personnes dans son bureau de la CSRS.Devant ses réponses, Me Girard a fait entendre un enregistrement réalisé par Mme Cyr de l’entrevue radiophonique. 

Les voix entendues derrière ne sont pas apparues très claires, mais il y a tout de même une voix et un propos qui ressortent lorsque Mme Gagné conclut l’entrevue à la radio. Pour le reste, les commentaires entendus sont à peu près inaudibles, si ce n’est qu’un « pas vrai » et un « ah », mais dont l’auteure est difficilement identifiable.

Me Girard a aussi questionné l’ex-directrice générale sur le fait qu’elle ait pu traiter Liz Gagné de « vache » à la suite de cette entrevue, lorsque la future présidente a parlé de Chantale Cyr comme étant la présidente et directrice générale (PDG) de la CSRS. Si le propos a été dit, il n’a pas été entendu.

« Mais il est possible que je me sois dit dans ma tête que c’était vache de dire que j’étais PDG, car elle sait très bien que ce n’est pas le cas », a admis la plaignante. 

D’autre part, dans la contre-preuve de Me Éric Lebel, celui-ci a fait ressortir que Johanne Allard, nouvelle directrice générale, a dit, lors de son témoignage, ne pas avoir postulé au poste de DG en mai 2016, année de l’embauche de Chantale Cyr.

La commissaire Sonia Desgagné est venue rectifier l’affirmation.

« Son nom figurait sur la liste des 23 candidats pour le poste de directeur général. J’ai vu les documents, et son nom y était. J’étais la présidente du comité de sélection », a indiqué Mme Desgagné.