Mélanie Minier (debout) a interpellé la direction de la Commission scolaire De La Jonquière et les membres du Syndicat de l’enseignement (à gauche).

Commission scolaire De La Jonquière: les parents d’enfants autistes seront entendus

Des parents d’enfants autistes et d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) fréquentant des écoles de la Commission scolaire De La Jonquière pourront être entendus. Une rencontre avec le Syndicat de l’enseignement devrait avoir lieu prochainement.

Ils dénoncent notamment le mode d’attribution des postes qui prive les enfants de la stabilité dont ils ont besoin. En plus d’envoyer une lettre à divers intervenants, au cours des dernières semaines, ils ont également lancé un cri du coeur dans les pages du Quotidien du 9 novembre dernier.

En raison d’une entente entre le syndicat et la commission scolaire, l’attribution des postes se fait chaque année, peu importe si la personne qui l’occupe souhaite le conserver.

La CS et le Syndicat de l’enseignement De La Jonquière ont donc été interpellés, mardi soir, lors de la séance du conseil des commissaires. Mélanie Minier, dont la fille autiste de 11 ans fréquente l’École secondaire Kénogami, s’est faite la porte-parole du groupe.

« Nous nous sommes fait dire par la commission scolaire, avant de rédiger la lettre, que c’était la faute du syndicat. Que ce sont eux qui mettent ça dans la convention collective. Mais nous avons appris de la journaliste du Quotidien que c’est une entente entre la commission scolaire et le syndicat. Pourquoi la commission scolaire donne son aval à une entente comme ça ? », a-t-elle demandé à la directrice générale Jacynthe Bond.

Cette dernière a rappelé que les ententes sont ainsi faites et que ce n’est pas la faute du syndicat. Chaque cinq ans, environ, il y a une négociation nationale et une entente locale.

« Dans une négociation, il y a deux parties, et il faut vouloir que les deux parties changent cette entente-là. On fait des propositions, on essaie d’avoir des ajustements, malheureusement dans la dernière entente locale on n’est pas parvenus à avoir une affectation différente de celle qu’on a depuis une trentaine d’années. C’est un des objets qu’on va tenter de négocier dans notre entente locale, mais pour l’instant, c’est comme ça et on n’y peut rien », a répondu Mme Bond.

« On reçoit votre message comme conseil des commissaires. On va en parler en plénier, à notre direction, aux ressources humaines », a ajouté le président Éric Bergeron.

Après la séance, la présidente du syndicat, Nicole Émond, a accepté de planifier une rencontre avec les parents dans les prochains jours et d’être à l’écoute. Elle a précisé au Quotidien que cette problématique n’a jamais été apportée et qu’elle « n’a pas été interpellée, jamais, jamais ».

« Après les négos nationales (en cours), on doit commencer le processus de négociation locale. J’espère elle va se signer en 2020. On doit régler au national avant parce qu’il y a des clauses en découlant », a-t-elle ajouté, confirmant les propos de la direction générale voulant que lors de la dernière entente locale signée l’an passé, la partie patronale n’avait jamais mis cette priorité en jeu.

Amy Belley-Traoré, mère d’une petite fille HDAA, rappelle que ce débat concerne plus de 200 enfants et qu’il est important de s’attarder à toutes les spécificités pour « avoir une continuité, une stabilité ».

Après la rencontre, Mélanie Minier s’est dite satisfaite de l’ouverture qui a été démontrée, mais elle pense « qu’il y a un peu de mauvaise foi ».

« Ce qui est différent, c’est qu’on s’est adressé à plus haut (avec la lettre). Sinon, on ne nous écoute pas. Ça fonctionne comme ça depuis 1990. »

La prochaine étape pour Mme Minier et les autres parents sera de rencontrer le député Sylvain Gaudreault, vendredi, lui qui devrait amener le sujet à l’Assemblée nationale selon elle.