La directrice générale de la Commission scolaire De La Jonquière, Jacynthe Bond, et le président du Conseil des commissaires, Éric Bergeron, se retrouvent impliqués dans un large litige avec l’Association québécoise des cadres scolaires.

Commission scolaire De La Jonquière: les cadres contre-attaquent

Dans la foulée des congédiements de deux employés-cadres, en novembre, le torchon brûle de plus belle entre les cadres et le conseil des commissaires à la Commission scolaire De La Jonquière (CSDLJ). En effet, la section locale de l’Association québécoise des cadres scolaires (AQCS) demande à la directrice générale, Jacynthe Bond, de jouer son rôle, alors qu’ils estiment que le président Éric Bergeron abusait de son autorité.

C’est ce qui ressort de plusieurs documents obtenus par Le Quotidien au cours des dernières semaines.

Comité de relations de travail

Il y a d’abord eu une lettre adressée à Mme Bond à l’occasion d’un comité de relations de travail tenu le 16 novembre dernier, soit 10 jours après les licenciements de deux cadres relativement à des remboursements de frais inappropriés. Dans sa missive, la présidente de la section locale De La Jonquière de l’AQCS, Francine Lamontagne, écrivait que la CSDLJ vivait « une crise sans précédent dans son histoire, laquelle altère le bon fonctionnement de notre organisation ». Elle parlait alors de problèmes de gouvernance, à savoir une « confusion et un non-respect des rôles et des responsabilités entre les paliers de décision politique et administratif ». Elle s’en prenait aussi au président du conseil, Éric Bergeron, mais sans le nommer directement. L’AQCS lui attribuait « un exercice abusif de son autorité », avec un « ton inutilement directif et autoritaire ».

Ce document déplorait aussi une politique de remboursement floue, ayant mené aux deux congédiements. Mme Lamontagne indiquait même que des cadres « hésitent maintenant à réclamer leurs frais de dépenses », tandis que d’autres refuseraient tout simplement de se rendre à l’extérieur.

Enfin, elle dénonçait un « climat organisationnel à reconstruire », où « des clans se sont créés ».

À ces trois constats, l’AQCS demandait qu’une formation sur leurs rôles soit dispensée aux commissaires, qu’un comité s’attaque à la révision de la politique de frais et propose finalement « la mise en place immédiate d’une démarche de consolidation de l’équipe de gestion soutenue par un consultant d’expérience qui saura procéder à l’étude du climat ».

Un enquêteur-conseil

Le mois suivant, une réponse était fournie à l’AQCS sous la forme d’une offre de service pour engager Jean Goyette, consultant enquêteur-conseil. « Le présent mandat s’inscrit suivant une correspondance acheminée à la » CSDLJ par l’AQCS, était-il indiqué dans ce document. Cette démarche s’inscrivait en deux temps, soit une phase d’enquête et une phase de conseil. Il y était également mentionné que l’enquêteur-conseil devait se rapporter uniquement au « procureur de la CSDLJ, Me Pierre Mazurette ». L’analyse devait se baser sur un principe de « huit dimensions associées à la mobilisation et au développement d’un climat propice à une approche qualité ».

De plus, question de préparer les rencontres avec M. Goyette, les employés recevaient un document préparatoire relativement à ces principes.

Réponse de l’AQCS

La démarche de la commission a été loin de plaire à l’AQCS qui, par la bouche de Mme Lamontagne, a écrit de nouveau à la directrice générale le 16 janvier. « Quelle ne fut pas notre surprise et notre déception de nous voir proposer – avec un empressement qui n’a pas sa place et qui nous laisse perplexes – une démarche de consultation au sujet de laquelle nous n’avons eu aucun mot à dire et qui, après analyse, ne répond nullement aux besoins », a-t-elle fait savoir. Elle dénonce notamment que la démarche s’étend « à l’ensemble des personnels », et non seulement aux cadres, à la direction générale et au conseil.

Justement, l’AQCS s’inquiète de l’exclusion de Jacynthe Bond du processus, alors que « l’impartialité de la démarche est fortement compromise par les rôles qui seraient assumés par Me Mazurette et le président du Conseil, M. Éric Bergeron, à qui Me Mazurette sera le seul redevable ».

En conclusion, elle demandait à la DG d’annuler cette démarche et d’y substituer « une démarche administrative dont vous serez la maître d’œuvre et dont les actions que vous piloterez seront convenues en collaboration avec l’AQCS ».

L’AQCS disait également craindre « que d’autres départs de cadres de grande qualité ne surviennent ». Rappelons que Le Quotidien rapportait la semaine dernière que trois cadres avaient quitté récemment, deux à la suite d’une démission et un avec un congé sans traitement pour aller travailler dans une autre commission.

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LA SITUATION A ÉVOLUÉ, ASSURE LA COMMISSION SCOLAIRE

(JONATHAN HUDON) La Commission scolaire De La Jonquière assure que la situation entourant l’offre de service de décembre dernier a évolué, permettant ainsi de satisfaire l’Association québécoise des cadres scolaires (AQCS).

’équipe des communications de la commission scolaire a indiqué que des échanges avaient eu lieu entre les partis depuis la réaction de l’AQCS, le 16 janvier dernier. On nous a indiqué que les dirigeants avaient été sensibles à la demande de modification dans l’offre de service, ce qui a été fait.

Le président de la Commission scolaire De La Jonquière a réagi par courriel, en affirmant que le conseil des commissaires avait entendu les préoccupations des gestionnaires.

« Nous nous sommes assis autour d’une même table, nous avons échangé, et avons trouvé une solution satisfaisante pour les associations de cadres, a écrit M. Bergeron. L’offre de service a été modifiée, et les gestionnaires participent présentement à l’enquête. Je salue l’ouverture de notre personnel et nous gardons le cap sur notre mission première, la réussite de nos élèves. »