La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse était à Alma mardi pour récolter des témoignages sur le système de protection de la jeunesse. Sur la photo, on aperçoit l’animateur de la soirée, Alexandre Warnet, et compagnie des deux commissaires, Michel Rivard et Gilles Fortin.
La Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse était à Alma mardi pour récolter des témoignages sur le système de protection de la jeunesse. Sur la photo, on aperçoit l’animateur de la soirée, Alexandre Warnet, et compagnie des deux commissaires, Michel Rivard et Gilles Fortin.

Commission Laurent: respecter plus les droits des enfants

Stéphane Bouchard
Stéphane Bouchard
Le Quotidien
Il faut remettre les besoins de l’enfant au cœur du système québécois de la protection de la jeunesse, selon les participants au forum citoyen de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, qui se tenait mardi à l’Hôtel Universel d’Alma.

La Commission Laurent s’arrêtait dans la capitale jeannoise pour tenir deux forums. Le premier réunissait une centaine de professionnels de la santé et des services sociaux travaillant avec les jeunes. Il était tenu à huis clos pour favoriser les échanges.

Le second était ouvert à toutes les personnes préoccupées par la question du droit des enfants. Ce forum était partiellement public. Les médias pouvaient assister à une partie des discussions seulement. Il était permis aux journalistes de rapporter les propos de la cinquantaine de participants, mais il leur a été demandé de préserver l’anonymat de ceux qui s’exprimaient.

L’animateur de la soirée, Alexandre Warnet de l’Institut du Nouveau Monde (INM), a lancé une mise en garde au début de la rencontre. « Nous ne sommes pas là pour régler vos histoires personnelles. Nous sommes là pour partir de vos expériences et améliorer le système », a-t-il prévenu.

Dans la salle, plusieurs personnes avaient côtoyé de près la direction de la protection de la jeunesse (DPJ). On y retrouvait notamment des familles d’accueil, des parents qui avaient perdu la garde de leur enfant, de jeunes adultes qui étaient passés par les centres jeunesse, etc.

Si les expériences étaient multiples, une certaine forme de consensus s’est créée rapidement. La DPJ ne respecte pas toujours les droits des enfants. « Les jeunes aimeraient être entendus et écoutés. Ils ne le sont pas », a lancé une femme qui a accueilli plusieurs enfants de la DPJ chez elle.

Un jeune homme qui est passé par le « système » a quant à lui déploré un manque de stabilité. « On change souvent d’intervenant. C’est néfaste. Je n’ai jamais pu me confier et créé un lien de confiance vital en intervention », a-t-il raconté.

Une mère monoparentale a ensuite parlé de son expérience. Obligée d’aller devant un juge pour tenter de stabiliser sa situation familiale, elle ne savait pas comment elle allait faire pour se payer un avocat.

La deuxième partie du forum visait à trouver des solutions pratiques à ces problèmes.

Rapport en novembre

La Commission Laurent fera 42 arrêts à travers le Québec pour y tenir des forums. Elle a été mise en place par le gouvernement Legault après qu’une fillette de sept ans de Granby ait été retrouvée morte, présumément en raison de la négligence de ses parents.

Le but de ces forums est d’identifier les lacunes du système de protection de la jeunesse et de faire des recommandations pour l’améliorer.

Tout ce qui a été dit mardi a été enregistré et noté avec minutie. L’INM synthétisera ensuite le contenu des discussions pour formuler « une preuve », qui servira à formuler les recommandations.