Le propriétaire du commerce Distribution DDM, de Chicoutimi, Daniel Tremblay, craint que le développement du commerce en ligne n’en vienne à affecter les œuvres caritatives de la région.
Le propriétaire du commerce Distribution DDM, de Chicoutimi, Daniel Tremblay, craint que le développement du commerce en ligne n’en vienne à affecter les œuvres caritatives de la région.

Commerce en ligne: des craintes pour les oeuvres caritatives

La hausse de l’engouement pour le commerce en ligne au moment où l’achat local est davantage promu incite l’homme d’affaires chicoutimien Daniel Tremblay à réfléchir à l’impact de ce phénomène sur les oeuvres caritatives destinées à soutenir les citoyens les plus désoeuvrés.

En cette période de pause économique imposée par la COVID-19, M. Tremblay, qui exploite un commerce de distribution d’outils, constate que bien des consommateurs se tournent vers le commerce en ligne pour acheter des biens de consommation courante. « Je pense qu’à moyen terme, le commerce en ligne va nuire aux gens les plus pauvres de la société et à ceux qui sont les plus désoeuvrés », explique-t-il.

Il précise qu’une région comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean comprend un nombre important d’organismes caritatifs dont le financement est basé sur des dons et commandites provenant de centaines d’entreprises locales.

« Lorsqu’une fondation d’hôpital ou un club Kiwanis organise des soupers-bénéfices à 100 $ ou 250 $ du couvert, ce sont très souvent des gens d’affaires qui achètent les billets et qui les redistribuent à leurs employés ou leurs clients. C’est la même chose pour la tenue d’une compétition de ski au Mont-Édouard, le financement d’une organisation oeuvrant pour la pêche aux saumons, pour la Maison Notre-Dame ou la location d’une loge au Centre Georges-Vézina », explique M. Tremblay.

Depuis plusieurs décennies qu’il est en affaires et qu’il s’implique dans son milieu, il déclare n’avoir jamais encore entendu de la bouche d’un organisateur d’événement qu’Amazon ou une quelconque place de commerce en ligne avait appuyé financièrement son activité.

Selon lui, la baisse du volume d’affaires causée par ces plateformes de commerce en ligne extérieure aura un effet sur la capacité des entreprises régionales à appuyer des oeuvres caritatives ou des événements sportifs ou culturels. Selon lui, des événements disparaîtront, comme ce fut le cas pour le tournoi de pêche sur le Saguenay, qui a dû cesser après 22 ans d’existence, faute de commandites pour combler les coupes budgétaires imposées par Saguenay.

Fondation de ma vie

Invité à se prononcer sur les propos de M. Tremblay, le directeur général de la Fondation de ma vie, Martin Gagnon, lui donne entièrement raison. « Le coeur de notre activité repose sur la générosité de notre communauté lors de l’organisation d’activités-bénéfices. On est tributaires de la santé économique régionale », affirme-t-il.

Bien que la fondation puisse bénéficier de dons provenant de successions, d’assurances-vie, etc., il serait impensable que l’organisme doive compter sur les dons de compagnies montréalaises pour financer l’achat d’équipements médicaux spécialisés, bien que certains de ces types de dons apparaissent de temps à autre.

Il réitère que la force d’une fondation repose sur sa capacité à se lier intimement à sa communauté, incluant les petites et moyennes entreprises régionales.

M. Gagnon conclut en citant en exemple la mise en lumière de la façade de l’Hôpital de Chicoutimi par la firme LSM, une entreprise ayant un pied à terre à Chicoutimi.

« Nous avons eu besoin d’un transporteur et d’une nacelle pour mettre en place cet éclairage qui constitue une importante symbolique. On n’a eu qu’à faire un appel téléphonique et des entreprises et bénévoles ont embarqué. »