Plus de 375 personnes ont participé à la dixième édition du Colloque en gestion des ressources humaines Lac-Saint-Jean-Est, jeudi, à l’Hôtel Universel d’Alma.

Colloque en gestion des RH: savoir fidéliser ses employés

À l’image d’un couple durable, les employeurs et les employés ont intérêt à entretenir la flamme professionnelle afin de conserver une relation durable et encore plus dans un contexte de rareté de la main-d’œuvre. Voilà l’essence de la dixième édition du Colloque en gestion des ressources humaines Lac-Saint-Jean-Est qui se tenait jeudi, à l’Hôtel Universel d’Alma. Plus de 375 participants ont ainsi eu accès à différentes pratiques novatrices « pour nourrir et préserver la relation employeur-employé-entreprise ».

À travers sa conférence, l’entrepreneur David Larose a amené les participants à réfléchir à la rétention de la main-d’œuvre. « Il faut se spécialiser dans la fidélisation de nos gens. Comment on les garde chez nous ? Comment on arrive, par des expériences fortes, des expériences concrètes, à émerveiller les gens avec lesquels on travaille pour faire en sorte que c’est eux qui vont contribuer à nous aider à faire notre recrutement », a-t-il lancé.

Il a rappelé l’importance de placer les bonnes personnes aux bons endroits. David Larose souligne qu’en contexte de pénurie de main-d’œuvre, les gestionnaires font souvent l’erreur de combler les besoins de l’entreprise sans trop réfléchir à l’adéquation entre l’employé et le poste.

À travers ses anecdotes de jeunesse, David Larose a imagé ce principe. Il a raconté avec humour ses premières expériences de gestionnaire alors qu’il a embauché des jeunes de son âge afin d’accomplir des tâches impliquant le bois de chauffage de la résidence familiale. 

« J’ai toujours vendu quelque chose. Même aujourd’hui, je vais essayer de vous vendre quelque chose. C’est naturel pour moi, ça fait partie de ma vie. J’ai été en entreprise toute ma vie, et ç’a toujours été quand même bien », a confié celui qui, en plus d’être conférencier, est également auteur de plusieurs livres ainsi qu’agent. 

L’évolution des modèles de gestion s’est également invitée dans la conférence. M. Larose a rappelé aux participants que les gestionnaires sont passés d’une époque où les patrons étaient la personne qui « gère et qui mène » à une approche de consultation, de responsabilisation et de compréhension. Ce phénomène est attribuable, selon lui, à l’éducation reçue de ces jeunes. Comme il l’a rappelé, « les p’tits amours » sont maintenant sur le marché du travail. 

Le conférencier s’est même aventuré dans une nouvelle réalité, celle des employés qui n’entretiennent plus de vision à long terme face à leur emploi. S’appuyant sur un cas qu’il a vécu dans sa propre entreprise, il a raconté que la jeune employée qui tenait à rester moins de deux ans s’est avérée à être la plus engagée et celle qui suggérait un maximum d’idées.

« Elle est là, la game, aujourd’hui. Elle est dans cette compréhension et dans cette adaptation qui n’est pas toujours facile, surtout si on a vécu d’autres modèles », a-t-il expliqué.

Événement carboneutre

L’événement portait l’étiquette carboneutre alors que des arbres seront plantés en guise de cadeaux pour les invités. La conseillère en communication à la CIDAL, Maryanne Guénette, souligne que l’événement n’a pas généré de gaz à effet de serre supplémentaires. Par ailleurs, la journée ne comprenait aucun document, ce qui a permis d’éviter l’impression de milliers de feuilles de papier.

Le conférencier David Larose a raconté avec humour une partie de son parcours afin de rappeler aux participants du colloque l’importance de placer les employés au bon endroit.

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UN BASSIN DE MAIN-D'OEUVRE DISPONIBLE

Alors que les gestionnaires d’entreprise jonglent avec les conséquences de la rareté de la main-d’œuvre, au cours des derniers mois, 12 000 résidants du Saguenay–Lac-Saint-Jean étaient prestataires de l’assurance-emploi. En octobre, le taux de chômage atteignait 5,6 % dans la région, soit le troisième plus haut taux au Québec. Aussi, le taux d’activité était plus bas (4,8 %) que la moyenne québécoise, ce qui pourrait, advenant une hausse, représenter 5000 travailleurs de plus sur le marché du travail.

« Ce qu’il faut faire, c’est trouver le moyen d’accroître notre rapidité à faire en sorte que ces gens-là puissent réintégrer rapidement le marché du travail afin de répondre à vos besoins », a mentionné la directrice régionale de Services Québec, Lison Rhéaume, en ouverture du colloque. 

Celle-ci affirme que l’adaptation est la solution au problème de la rareté de la main-d’œuvre qui a frappé de plein fouet la région au cours des trois dernières années. Les employeurs de la région devront travailler fort afin de rattraper le retard du Saguenay–Lac-Saint-Jean sur d’autres régions du Québec quant à cette problématique. 

Mme Rhéaume rappelle que l’enjeu a été annoncé dès le début des années 2000. 

Elle explique que les employeurs étaient, à l’époque, tournés vers la production et l’obtention de contrats plutôt que d’être préoccupés par la main-d’œuvre. 

La directrice régionale de Services Québec attire l’attention vers des catégories de main-d’œuvre moins présentes sur le marché du travail, soit certains groupes de jeunes, de personnes handicapées, les membres des Premières Nations, les femmes dans les milieux masculins et les immigrants.

« Nos personnes handicapées ne sont pas plus handicapées qu’ailleurs au Québec, nos personnes immigrantes ne sont pas plus en difficulté qu’ailleurs au Québec et nos femmes ne sont pas moins compétentes qu’ailleurs au Québec. Maintenant, ce qu’il faut voir, c’est comment on se relève les manches pour aller toucher ces clientèles », a-t-elle évoqué. 

La directrice régionale de Services Québec, Lison Rhéaume, rappelle qu’il existe de nombreuses solutions et que les intervenants devront travailler sur plusieurs fronts. Parmi les mesures envisageables, Mme Rhéaume souligne le Plan d’action pour la main-d’œuvre mis en place par le gouvernement du Québec.