Le député de Beauce, Maxime Bernier, maintient le cap dans la libéralisation des marchés pour les produits laitiers, le poulet et les oeufs, pour favoriser les échanges avec les États-Unis.

Colère des agriculteurs: Maxime Bernier inébranlable

Le candidat à la direction du Parti conservateur, Maxime Bernier, reste inébranlable sur la nécessité de mettre un terme au système de gestion de l'offre pour les produits agricoles et défend avec vigueur ce qu'il considère les fondements du développement des États occidentaux que sont les libertés individuelles et le libre marché.
Le député de Beauce était de passage dans la région vendredi pour convaincre les membres de son parti que son programme est le seul qui permettra de reprendre le pouvoir et de percer le « mystère québécois » qui a coûté des gouvernements majoritaires à Stephen Harper. Maxime Bernier a déjà fait savoir aux autorités du parti qu'il était inconcevable que la formation politique ne parvienne pas à faire élire plus de 12 députés au Québec comme c'est le cas en ce moment.
« Je suis celui qui défend les véritables idées conservatrices qui sont à la base de notre pays. Il s'agit du libre marché et des libertés individuelles. En ce qui concerne la gestion de l'offre, il faut se sortir la tête du sable et regarder la réalité », insiste le candidat Bernier.
Il est revenu sur une allocution faite par l'ex-premier ministre Brian Mulroney il y a deux semaines. Dans ce discours, Brian Mulroney, qui a signé le premier traité de libre-échange avec les États-Unis dans les années 1980, a admis qu'il était temps que l'on mette enfin sur la table le système de gestion de l'offre dans les productions du lait, des oeufs et de la volaille.
Ce système, insiste le député de Beauce, fait en sorte que des milliers de personnes pauvres paient beaucoup trop cher pour leurs produits de base. Il soutient que les Américains paient ces mêmes produits 50 % de moins de l'autre côté de la frontière. Il réfute ainsi les déclarations du président du Syndicat des producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Daniel Côté, qui affirme pour sa part que le consommateur canadien a accès à ces produits au même prix que le consommateur américain.
Maxime Bernier cite en exemple l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Les deux pays ont procédé à la déréglementation de la production laitière. Ce qui a obligé les producteurs à exporter massivement leur lait pour ainsi créer un déséquilibre entre les productions régionales. Ce sont ces pratiques qui ont été à l'origine de la crise du lait diafiltré, en raison des surplus de production du côté américain où l'industrie doit faire face à cette abondance de lait sur le marché mondial.
Cinq à 10 ans
Le candidat beauceron propose de faire disparaître la gestion de l'offre sur une période de cinq à 10 ans. Le gouvernement procéderait au rachat des quotas de production laitière. « Ceux qui veulent continuer pourraient réinvestir l'argent du rachat dans leur production et devenir plus performants et les autres pourraient tout simplement décider d'arrêter la production. Les Américains qui voudront exporter au Canada vont quant à eux avoir l'obligation de respecter nos normes sanitaires », plaide le politicien, qui fait face à l'opposition organisée des producteurs laitiers qui veulent même intervenir directement dans le choix du prochain chef conservateur en devenant membre du parti uniquement pour battre le député de Beauce dans la course au leadership.
Maxime Bernier ne croit tout simplement plus aux fermes familiales. Il cite l'exemple de son comté où dans certains rangs, il n'y a plus qu'un seul producteur de lait. L'enjeu, selon le politicien, est une économie de l'ordre de 2 G$ pour les familles québécoises, dont plusieurs sont des familles pauvres qui vont bénéficier d'une baisse du prix de ces trois aliments de base. De toute façon, a conclu le député, il est assuré que les Américains vont mettre ces trois productions agricoles au menu de la renégociation de l'entente sur le libre-échange.