Lucien Martel

Colère contre Hydro-Québec à L'Anse-Saint-Jean

Une semaine après la panne qui a privé d'électricité L'Anse-Saint-Jean pendant 30 heures, les élus et le maire Lucien Martel sont en colère contre la façon dont Hydro-Québec a géré la situation.
Le conseil a adopté, lundi, une résolution demandant une rencontre avec la direction régionale de la société d'État et la Sécurité civile afin de faire le bilan. Cette rencontre devrait avoir lieu le 20 décembre prochain.
En entrevue, M. Martel a dit comprendre que la lourde neige et les branches d'arbres aient causé une panne majeure d'électricité en plus de couper les liens cellulaires et téléphoniques. Il affirme qu'à l'ère des communications par satellite, il est difficile de comprendre qu'Hydro-Québec n'ait pas été capable de donner l'heure juste sur les délais de rétablissement du service d'électricité. « On déplore qu'Hydro-Québec nous ait induits en erreur en nous disant de deux heures en deux heures que le courant serait rétabli. Si on avait su au départ que c'était une panne de plus de 24 heures, on se serait organisés autrement. Pendant toute la panne, on n'a jamais eu de communication avec Hydro-Québec. Ce n'est qu'après le rétablissement du service que la direction régionale a communiqué avec nous. La gestion de l'information est inacceptable. Je ne dis pas que les travaux sur le terrain n'ont pas été bien faits », affirme le maire. 
Ce n'est que par l'entremise du Quotidien que la population a appris que les premières équipes de monteurs se sont présentées à L'Anse-Saint-Jean 22 heures après le début de la panne comme l'avait affirmé le porte-parole d'Hydro-Québec, Guy Morency.
M. Martel n'ose pas imaginer la même situation pour ses citoyens si la température avait été très froide à l'extérieur. Il aurait été nécessaire de déplacer les personnes âgées logeant dans les résidences l'Habitat et la Maison des aînés et il aurait pu y avoir des dommages importants tant au plan matériel qu'humain.
Parmi les solutions qu'entend proposer L'Anse-Saint-Jean à Hydro-Québec, il y a celle visant à relier le réseau local à celui de la municipalité voisine de Rivière-Éternité qui n'a pas eu à vivre les mêmes inconvénients.
Le maire anjeannois a pris acte également des récriminations des commerçants dont certains ont perdu des dizaines de milliers de dollars en perte de denrées alimentaires.
C'est le cas pour Patrick Gagné, propriétaire du marché Bonichoix, qui a dû jeter aux ordures pour environ 35 000 $ à 40 000 $ de denrées alimentaires comme de la viande, des mets préparés, des contenants de crème glacée, etc.
Tout comme la municipalité, M. Gagné déplore la mauvaise qualité d'information diffusée par Hydro-Québec pendant la panne. « On était en mesure de suivre l'application Internet d'Hydro-Québec qui était mise à jour toutes les dix minutes. On nous disait constamment que l'électricité allait revenir. Pendant ce temps, tu conserves tes employés sur place en espérant que l'électricité revienne. Ç'a été une vraie farce », affirme le dirigeant de l'entreprise.
Selon lui, si quelqu'un avait pu évaluer sur place la gravité de la panne et fournir de l'information en traçant un portrait réel, il aurait été en mesure de recourir à une génératrice d'urgence.
« Ça m'aurait coûté 4000 $ plutôt que 40 000 $. Je pense qu'on devrait avoir le droit de déposer un recours collectif. On ne peut perdre l'électricité pendant 30 heures. On dirait que personne n'a rien appris du Déluge de 1996 », conclut-il.
La vente du presbytère tarde
La municipalité de L'Anse-Saint-Jean et le conseil de fabrique attendent avec impatience la décision de l'Évêché concernant la vente du presbytère. Ils souhaitent le transformer en maison des arts et de la culture, mais aussi économiser dès cet hiver.
Selon Anicet Gagné, conseiller municipal qui agit également à titre de président du comité conjoint (conseil de fabrique et municipalité), le temps commence à presser dans ce dossier. M. Gagné rappelle que de 2011 à 2015, la Fabrique de la paroisse a enregistré plus de 67 000 $ de déficit, une situation qui met en péril les services dans la paroisse.
Depuis trois ans, des mesures sont instaurées pour augmenter les revenus comme l'ouverture de l'église aux visiteurs et l'organisation d'une exposition, qui rapportent plus de 3000 $. Des activités-bénéfices ponctuelles et la signature d'un bail avec Bell Mobilité procurent un revenu récurrent de 6000 $ par année.
Du côté des salaires, un travail important a été fait avec l'ensemble de l'unité pastorale, dont la réduction des heures de secrétariat.
Des mesures ont également été prises afin de réduire les coûts d'électricité et de chauffage. C'est pourquoi l'acquisition d'un système de contrôle intelligent du chauffage et d'une nouvelle fournaise a été effectuée tandis qu'un partenariat a été établi avec Hydro-Québec dans le cadre d'un programme d'économie d'énergie. Malgré ces mesures, le presbytère engendre près de 10 000 $ par année de chauffage et d'électricité.
De plus, un bilan de santé de l'église révèle que des travaux de 600 000 $ seront nécessaires pour diverses réparations.
Le conseil de fabrique constate que le presbytère coûte cher à chauffer, est trop grand pour les besoins de la fabrique et qu'il nécessitera, tout comme l'église, de gros investissements à plus ou moins long terme.
Pour protéger le lieu de culte, le conseil de fabrique a décidé le 21 mai 2015, après consultation des paroissiens, de le vendre pour 1 $, à la municipalité de L'Anse-Saint-Jean.
Le 6 juin 2016, le conseil a adopté une résolution dans laquelle la municipalité accepte, de façon unanime, après consultation des citoyens, de faire l'acquisition du presbytère et d'en faire une maison des arts et de la culture.
Un protocole d'entente a alors été élaboré par un comité composé de trois représentants du conseil de fabrique, dont le prêtre modérateur, l'abbé Pierre Bergeron, la présidente et un marguiller, et de trois représentants du conseil municipal. Ce protocole prévoit l'aménagement de deux bureaux dans la sacristie, un coin cuisinette, une petite salle de rencontre, une deuxième salle de toilette, tous les frais de cadastre du terrain et des frais notariés, l'offre de salles de réunion gratuites pour le conseil de fabrique et pour la pastorale dans l'édifice municipal.
Ce protocole adopté à l'unanimité a été envoyé à l'Évêché pour approbation, en octobre 2016. Même si la Fabrique est propriétaire des bâtiments appartenant à la paroisse Saint-Jean-Baptiste, elle doit avoir l'approbation de l'Évêque lorsqu'elle veut disposer d'un bâtiment.
Selon ce que croit savoir M. Gagné, le retard pourrait découler de nouvelles demandes déposées voulant que le prêtre modérateur désire conserver un bureau pour lui tandis que le service de pastorale voudrait un local pour l'enseignement. « Notre intention est de régler le dossier pour le 15 janvier, sinon il nous faudra fermer le presbytère pour l'hiver. »
Du côté de l'évêché, l'abbé Jacques Bouchard a déclaré qu'aucune décision n'a été prise encore, mais que des nouvelles devraient parvenir aux intéressés bientôt.