PS Coiffure à Saint-Félicien accueillera ses premières clientes le 2 juin.
PS Coiffure à Saint-Félicien accueillera ses premières clientes le 2 juin.

Coiffeurs, barbiers et esthéticiennes: services réinventés... et plus chers

Les milliers de coiffeurs, barbiers et esthéticiennes de la région reprendront leurs outils, lundi, après plus de deux mois de fermeture. Mais la pandémie aura poussé plusieurs à se réinventer et innover.

C’est le cas des propriétaires du salon Décoiffé, Artistes coiffeurs, de Chicoutimi, qui ont investi dans une nouvelle boutique en ligne et la mise en marché d’une gamme d’extensions de cheveux.

« C’était un projet qu’on avait en tête, mais on n’avait pas de temps libre. La crise nous a permis de prendre ce temps, de faire nos recherches et de trouver le bon produit pour notre clientèle », détaille la copropriétaire du salon situé sur la rue Alma, Emmanuelle Vachon-Gagnon.

« On a commencé en temps de COVID, mais on poursuit définitivement l’expérience même si tout rouvre comme avant », ajoute son associée Stéphanie Beaumont.

Les esthéticiennes peuvent aussi reprendre du service dès le 1er juin. Mais Yzabelle Morissette, du salon Central Beauté, n’a pas vraiment arrêté pendant la pandémie. Cette dernière s’est lancée dans la fabrication d’ongles prêts à poser pour mains et même les pieds. La cliente reçoit le « kit » adapté à ses besoins et peut elle-même coller ses ongles.

« Pendant la pandémie, les gens tenaient à leurs ongles. On est fière ou on ne l’est pas, lance en riant l’esthéticienne. Donc, ça m’a donné l’idée de partir ce service qui permet aux clientes d’avoir leurs ongles en kit, fait à la main, et prêt à installer avec de la colle professionnelle. »

Propriétaires de Décoiffé, Artistes coiffeurs de Chicoutimi, Emmanuelle Gagnon-Vachon et Stéphanie Beaumont ont complètement réaménagé leur salon, au cours des derniers jours, pour accueillir leurs clientes, et elles ont mis en marché une gamme d’extensions de cheveux.

Cette dernière misera d’ailleurs davantage sur ce service et sa boutique en ligne, même si les salons peuvent rouvrir leurs portes.

« C’est une tendance de plus en plus forte. J’offre les ongles qui durent plusieurs semaines. Mais aussi les ongles “prêts à coller” pour du plus court terme, donc qui servent d’accessoires. Certaines personnes, en raison de leur travail, ne peuvent porter de faux ongles. Ce produit peut donc être mis pour une soirée ou une fin de semaine par exemple. Des ongles qui se réutilisent en plus », détaille Mme Morissette, artiste manicuriste, également spécialisée dans le « microblading ».

Prix plus élevé

Dans la grande majorité des salons de coiffure du Québec, les prix seront à la hausse. L’augmentation sera de l’ordre de 5 % à 10 %.

Le salon Central Beauté de Chicoutimi a innové, en temps de pandémie, et a lancé un nouveau service d’ongles prêts-à-porter. Des ongles de mains et de pieds faits par la manucuriste et adaptés à la cliente qui n’a qu’à les coller elle-même en suivant le guide.

À Saint-Félicien, chez PS Coiffure, la propriétaire prévoit une hausse moyenne de 5 $ par cliente.

« On va faire moins de clientes en même temps et je dois prendre 30 minutes entre mes clientes pour laver les choses. Les coiffeurs doivent aussi acheter beaucoup de matériels de protection comme des masques, du désinfectant. Donc il y aura en effet une hausse, mais raisonnable », précise Stéphanie Boudreault, propriétaire du salon félicinois.

Même son de cloche du côté de Décoiffé à Chicoutimi, qui annonce une hausse de 10 %.

Mais si les gens n’ont toujours pas eu leur rendez-vous, ils devront s’armer de patience. Dans la plupart des salons, les prochains rendez-vous se donnent maintenant à la fin juillet et au mois d’août.

« On avait déjà deux mois d’attente avant la COVID, donc ç’a accentué toute cette attente. La plupart des clientes comprennent très bien. D’autres non. Mais on ne peut pas inventer des bras », constate Stéphanie Boudreault de Saint-Félicien.

« Tout le monde s’attend à venir la première semaine. Mais nos prochains rendez-vous se donnent en juillet et en août. On prévoit toutefois faire des heures de fou pour compenser le retard de deux mois », estime Emmanuelle Vachon-Gagnon de Chicoutimi, qui a complètement réaménagé son salon, au cours des derniers jours, pour accueillir les premiers clients le mardi 2 juin.