Alexandre Cloutier deviendra vice-recteur et secrétaire général de l’Université du Québec à Chicoutimi dès le 29 août.

Cloutier tourne la page

Alors que, dans quelques jours, des candidats retrouveront leur visage sur des affiches électorales, c’est plutôt la tête dans les cartons que se retrouve le député Alexandre Cloutier. Élu en mars 2007, le représentant péquiste de Lac-Saint-Jean effectue ses derniers tours de piste en politique provinciale.

Force est d’admettre que celui qui l’a emporté devant le Dr Yves Bolduc en 2007 en a fait du chemin depuis, en remportant quatre élections, en menant deux courses à la direction du Parti québécois (PQ), en plus d’avoir été ministre.

Rencontré dans son bureau d’Alma, l’homme politique a un regard franc sur la dernière décennie. « J’ai profondément adoré faire de la politique, particulièrement les deux courses à la chefferie. Il y a un sentiment de liberté, d’authenticité. Il n’y a aucun cadre qui s’applique sur le contenu qu’on souhaite mettre de l’avant, ça rejoignait plus pourquoi j’étais venu en politique », révèle-t-il.

À l’heure des bilans, la fierté est au rendez-vous pour celui qui se souviendra toujours du premier million arraché au gouvernement pour le centre Mario-Tremblay. La voie de contournement d’Isle-Maligne, le dossier de la téléphonie cellulaire, l’agrandissement du Parc national de la Pointe-Taillon, la réfection de l’église de L’Ascension et des écoles Jean-Gauthier, à Alma, et de Saint-Gédéon s’inscrivent dans sa liste des réussites.

Le fort lien tissé avec les résidants de la Maison Jean-Eudes Bergeron est également du lot. « La pression est devenue provinciale. Un dossier du genre, on le prend personnel. C’est notre conscience sociale qui parle, se remémore-t-il. J’avais peu de bases pour affirmer cela, mais je leur ai dit qu’elle ne fermerait pas. Je savais que politiquement, c’était impossible à supporter pour un gouvernement. Je savais que les journalistes allaient mordre . »

« Quand c’est n’importe quoi, faut le dire .»

Alexandre Cloutier n’hésite pas à cibler ce qu’il aurait fait différemment. « J’aurais dû mieux me défendre quand j’ai été attaqué dans la course. J’ai assumé des coups sans raison. Quand c’est n’importe quoi, faut le dire », indique-t-il. 

Questionné quant à ce qui ne lui manquera pas, l’homme de Saint-Gédéon répond le temps passé à se déplacer. « Je ne m’ennuierai pas non plus de la petite politique partisane qu’on retrouve à l’Assemblée nationale. J’ai adoré être ministre et le Conseil des ministres, parce qu’on gère, on fait des choses, c’est dans le concret et l’application au quotidien, cite-t-il en exemple. J’ai préféré gérer que critiquer, c’est certain. »

À quelques semaines de laisser sa place, Alexandre Cloutier y va de quelques conseils, dont ceux de respecter ses valeurs et principes, et d’éviter la « politique-spectacle ». « J’ai toujours détesté les extrêmes. J’ai toujours souhaité pratiquer la politique en étant le plus près du gros bon sens. Ce n’est pas ce qui est le plus spectaculaire, mais je pense que c’est ce qui amène le Québec le plus loin », exprime celui qui se reconnaît moins dans l’actuel environnement dans lequel se fait la politique.

Pour Alexandre Cloutier, la politique, c’est trop important pour être pris à la légère. « Je tiens à le dire, j’ai énormément de reconnaissance envers tous les électeurs qui m’ont accompagné dans les 12 dernières années. Je considère que le travail de député, c’est un travail à temps plein, à 150 kilomètres à l’heure. À cette vitesse, ça ne m’intéressait plus. Dans ce temps-là, tu cèdes ta place », conclut-il.

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L’UQAC: UNE SUITE LOGIQUE

Pour de nombreux députés, l’après-politique n’est pas une décision personnelle, mais plutôt le choix des électeurs. Rares sont ceux qui ont l’opportunité de préparer leur sortie.

Alors que plusieurs quitteront la vie politique au lendemain de l’élection du 1er octobre, le plan d’Alexandre Cloutier est défini et même annoncé.

Dès le 29 août, le juriste de formation amorcera un nouveau pan de sa vie professionnelle en devenant vice-recteur et secrétaire général de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Son entrée progressive se fera jusqu’au 1er octobre, jour des élections générales. 

L’union est naturelle pour celui qui a cumulé, entre autres, les fonctions de porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, d’enseignement supérieur, de recherche, de persévérance scolaire et d’alphabétisation. 

« C’était difficile de trouver mieux. Le volet international m’intéresse beaucoup. Je l’ai énormément développé en politique. J’ai toujours aimé la diplomatie et les relations internationales. Le thème général de l’éducation était au coeur de mon engagement professionnel. Enfin, le droit fait partie de moi, c’est ma formation générale », souligne-t-il.

Alors que tout était possible, Alexandre Cloutier a évalué l’option de faire le saut au privé. « On veut vivre toute sorte d’expériences professionnelles et j’étais ouvert à ça. Il y a six mois, je n’aurais jamais pensé devenir vice-recteur à l’UQAC. La vie est pleine de belles surprises. L’important, c’était de respecter mes valeurs et mes champs d’intérêt », révèle-t-il. Annie-Claude Brisson