Claveau avait prévu la répartition du CAAF

Le député péquiste sortant de Dubuc, Jean-Marie Claveau, avait arrêté avec la direction régionale du ministère des Ressources naturelles une répartition des garanties d'approvisionnement forestier de la Scierie Saint-Fulgence, dans l'éventualité où Résolu annoncerait la fermeture définitive de l'usine. L'objectif poursuivi alors était de conserver les emplois liés à la ressource dans la région.
Selon les informations recueillies par Le Quotidien, ce scénario prévoyait une redistribution des approvisionnements qui aurait permis à la Scierie Girard d'obtenir 100 000 mètres cubes par année pour mettre en place un second quart de travail. La scierie Lignarex de La Baie (ancienne Scierie Gauthier) recevait pour sa part 65 000 mètres cubes de bois alors que la Scierie Lac-Saint-Jean se voyait attribuer 45 000 mètres cubes de bois par année.
« Ce sont des discussions que nous avons menées avec le directeur régional Alain Thibeault et son adjoint Robert Lacroix. Il ne manquait que les autorisations de la direction des approvisionnements du ministère. Il fallait aussi attendre la position de la compagnie Résolu quant à ses intentions par rapport à la Scierie Saint-Fulgence, puisque cela constituait notre premier choix pour sauver les emplois », a indiqué au Quotidien Jean-Marie Claveau.
En plus des approvisionnements forestiers en bois de résineux, le ministère avait entre les mains un projet de garanties ponctuelles de tremble pour la scierie Valibois de Saint-David-de-Falardeau qui doit sécuriser ses approvisionnements en matière première pour opérer sur au moins un quart de travail pendant 32 semaines. Le gouvernement du Québec avait accordé une aide financière d'urgence de 300 000 $ à la scierie Valoribois de Petit Saguenay qui a des difficultés importantes, en plus de mettre en place un comité d'adaptation de la main-d'oeuvre.
Ces informations font partie des différents dossiers que le député sortant transmet à son successeur de façon à ne pas reprendre à zéro le travail. Selon Jean-Marie Claveau, avant même que Résolu n'annonce la fermeture de la scierie Saint-Fulgence, d'autres industriels avaient déjà commencé à sensibiliser le gouvernement sur une redistribution de la matière première.
Le plus gros joueur qui devrait normalement tenter d'avoir la part du lion des 310 000 mètres cubes est la scierie Boisaco qui a obtenu, depuis deux ans, un transfert ponctuel de 20 000 mètres cubes. Boisaco a surtout les yeux sur les approvisionnements les plus intéressants constitués d'épinette noire et localisés sur les monts Valin, non loin des installations de Sacré-Coeur.
Pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la redistribution de 200 000 mètres cubes de garanties forestières représente, selon les chiffres du gouvernement du Québec, entre 500 et 600 emplois directs, indirects et induits pour la filière. Les trois scieries identifiées par le député Claveau répondent aux critères du gouvernement puisque les propriétaires ont réalisé des investissements globaux de l'ordre d'un peu plus de trois millions $ au cours des 24 derniers mois et sont en mesure d'augmenter leur niveau de transformation dans un avenir rapproché et ainsi générer des emplois additionnels.
Au lendemain de l'annonce de la fermeture de Résolu, le député libéral élu dans Dubuc, Serge Simard, a indiqué que les garanties d'approvisionnement devaient en premier lieu servir à créer de la richesse dans une région. Il devra analyser la demande du maire de Saint-Fulgence qui souhaite que les garanties d'approvisionnement de la scierie de Saint-Fulgence soient gelées pendant au moins un an, le temps de permettre à un investisseur intéressé de se faire connaître et de présenter un projet de relance. o