Le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette (à gauche), était accompagné sur la photo de ses collègues caquistes de la région, Andrée Laforest et François Tremblay. Une trentaine d’organismes étaient représentés à la rencontre.

Claude Villeneuve plaide ses idées devant le ministre Charette

Les représentants d’une trentaine d’entreprises et organismes de la région ont fait valoir leurs préoccupations dans le cadre de la tournée ministérielle sur l’élaboration d’un Plan d’électrification et de changements climatiques qui guidera les actions du gouvernement du Québec dans la lutte aux changements climatiques avec des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

C’est le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoît Charette, et sa collègue des Affaires municipales, Andrée Laforest, qui ont présidé les discussions et entendu par la même occasion les commentaires des invités. L’objectif du gouvernement est de maintenir la croissance économique tout en œuvrant à améliorer la performance environnementale du Québec et le ministre Benoît Charette assure que ce mariage est possible.

Il en a donné une très bonne idée en affirmant que le gouvernement caquiste avait un préjugé favorable pour le projet GNL, même si cette position gouvernementale ne doit pas permettre de présumer du résultat du processus d’évaluation environnementale. Pour le gouvernement, l’important n’est pas un projet spécifique, mais bien le solde de l’ensemble des projets qui doit permettre de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Quatre solutions

Le directeur de la Chaire en éco-conseil de l’UQAC, Claude Villeneuve, a pris la balle au bond en rappelant au ministre que son groupe avait complété une vaste étude sur le projet GNL. Ce rapport présente quatre solutions pour éliminer les 400 000 tonnes de gaz à effet de serre potentiellement produites par le terminal de liquéfaction. Malheureusement, a soutenu le biologiste, les quatre solutions présentées au terme de cette étude se heurtent à des problèmes réglementaires ou des obstacles découlant de différentes politiques gouvernementales.

Selon le biologiste, il sera nécessaire pour faire face au défi climatique d’accepter rapidement de voir les choses autrement.

« Nous sommes dans un nouveau paradigme », a insisté Claude Villeneuve. Ce qui signifie pour le gouvernement d’accepter cette réalité et d’être en mesure d’ouvrir les portes à l’innovation technologique.

Plusieurs organismes étaient présents pour rencontrer le ministre.

Le ministre a été interrogé sur l’ouverture des landes forestières au reboisement afin de réaliser de vastes plantations qui vont permettre d’améliorer le bilan du Québec en matière de gaz à effet de serre. Le ministre Charette a confirmé qu’un protocole serait prêt rapidement.

Il a d’autre part ajouté que Québec allait modifier les règlements dans les prochaines semaines. Ces modifications vont fixer des obligations d’augmentation des volumes de gaz naturel renouvelable dans la distribution globale de gaz naturel au Québec.

Le ministre a également été informé de certaines initiatives prometteuses qui aideraient grandement à améliorer le bilan carbone du Québec comme le projet des anodes inertes mené par la société Elysis. Les producteurs de légumes en serre ont aussi fait part de leurs doléances au ministre en lien avec la tarification énergétique d’Hydro-Québec. Dans ce domaine, le Québec accuse un retard important par rapport à l’Ontario.

Empreinte carbone

Le représentant de Rio Tinto, Jean Quenneville, a de son côté proposé au gouvernement du Québec ainsi qu’aux autres grands donneurs d’ouvrage comme les municipalités d’intégrer dans les appels d’offres le critère de l’empreinte carbone. Ce critère avantagerait grandement la vente des produits québécois dont le contenu en aluminium vert est significatif.

Il a par contre identifié certaines problématiques reliées au processus d’évaluation environnementale. Il a cité en exemple un projet de centre de coulée qui peut être réalisé en trois mois dans certaines juridictions alors qu’au Québec, le promoteur doit donner toute l’information sur son projet dès le départ, offrant ainsi au compétiteur une mine d’information inestimable.

Le ministre Benoît Charette a toutefois bien identifié les problématiques. Au Québec, le secteur des transports produit près de 50 % des gaz à effet de serre. Le transport individuel n’est pas le problème. Il s’agit surtout des grandes flottes de véhicules utilisés pour la livraison dans les villes ou les flottes de taxi.

« Je suis ravi de la participation d’acteurs importants du Saguenay–Lac-Saint-Jean à notre vaste exercice de consultation et de recherche de solutions. Grâce à eux, nous avons pu voir émerger des idées nouvelles et constructives qui nous seront extrêmement utiles dans le cadre de l’élaboration du Plan d’électrification et de changements climatiques. Je suis convaincu qu’à terme, cette tournée des régions aura contribué à déterminer les actions qui nous permettront d’atteindre nos objectifs de lutte contre les changements climatiques tout en réalisant une transition énergétique juste et efficace, notamment par l’électrification accélérée de notre économie », a conclu le ministre au terme de cette consultation.