Claude Bouchard a tenu à préciser qu’il n’a eu en sa possession le contrat de Ghislain Harvey que le 24 novembre 2017.

Claude Bouchard n'avait pas le contrat en 2016

Responsable de l’accès à l’information à Promotion Saguenay, Claude Bouchard affirme qu’il n’avait pas le contrat de Ghislain Harvey en juin 2016 au moment où il a été réclamé. Il n’en a eu possession que le 24 novembre 2017.

Le Quotidien a obtenu une entrevue avec M. Bouchard, mercredi matin, dans les bureaux de Promotion Saguenay. 

L’homme, à qui on a reproché de cacher le document ou de faire en sorte de ne pas le trouver, a voulu rectifier la situation.

Il désirait faire une sortie officielle sur ce qu’il avait en sa possession et surtout ce qu’il n’avait pas lors des audiences de la Commission d’accès à l’information, en juin 2016. 

Claude Bouchard a tenu à préciser les choses, estimant que certains éléments ont été mal interprétés. 

Demande d’information

Le 13 juin 2016, le responsable de l’accès à l’information chez Promotion Saguenay est convoqué à une audience devant la Commission d’accès à l’information.

Les autorités lui demandent alors de fournir et de dévoiler le contrat du président et directeur général de Promotion Saguenay de l’époque, Ghislain Harvey.

« On me posait des questions afin de savoir si j’avais le contrat de Ghislain Harvey. Lorsqu’on est responsable de l’accès à l’information, nous avons un devoir de produire les documents auxquels nous avons accès. Mais je ne l’avais pas », a d’abord expliqué M. Bouchard. 

« Et je n’avais pas de pouvoir d’enquêter pour l’obtenir. Je ne pouvais pas me présenter chez des gens, que je pouvais soupçonner d’être en possession des documents, en exigeant qu’ils me les remettent. Ma recherche était limitée aux bureaux de Promotion Saguenay, à sa comptabilité et à ses archives. Et les documents ne s’y trouvaient pas », a-t-il poursuivi.

C’est d’ailleurs ce qu’il a déclaré à la Commission d’accès à l’information. 

Il n’a pas nié l’existence d’un contrat, mais il ne l’avait pas en sa possession.

Il ajoute que le contrat de Ghislain Harvey a été signé et entériné par le président du conseil d’administration, Jean Tremblay, et les membres du CA.

« On ne m’a pas invité à la signature du contrat. Je savais que M. Harvey avait un contrat, mais je n’avais pas idée s’il datait de 2012, 2015 ou d’une tout autre date », indique Claude Bouchard, qui agit principalement comme directeur au développement industriel et aux affaires commerciales à Promotion Saguenay.

Remise

Non seulement Claude Bouchard n’avait pas le contrat de l’ancien directeur général de Promotion Saguenay en main le 13 juin 2016, mais il affirme l’avoir vu la première fois le 24 novembre 2017, à la date limite du délai imposé par la Cour supérieure du Québec.

« J’ai une déclaration sous serment de Me Pierre Mazurette, l’avocat de Promotion Saguenay. Il a avisé les autorités de l’organisme du délai ultime pour donner suite à l’ordonnance du juge Berthelet. Il a recommandé de transmettre les contrats de travail de Ghislain Harvey et de m’autoriser à les communiquer à la Commission d’accès à l’information », ajoute M. Bouchard.

« Ghislain Harvey a autorisé Me Mazurette de transmettre des documents. J’ai été rencontré le 24 novembre 2017. C’est lors de cette rencontre que j’ai vu pour la première fois les contrats de travail de Ghislain Harvey. La journée même, les documents ont été transmis à la Commission d’accès à l’information », soutient Claude Bouchard.

Une blague

Le responsable de l’accès à l’information chez Promotion Saguenay a pris la décision de faire une sortie publique après avoir entendu récemment d’autres commentaires au sujet de ses déclarations dans cette affaire. 

Une connaissance lui a lancé à la blague qu’il n’avait donc pas trouvé le contrat de M. Harvey.

« J’ai voulu rectifier les faits. Lorsque la personne m’a lancé la blague, je me trouvais au salon funéraire. Je me suis dit que je devais éclaircir les choses, car je ne voulais pas traîner ça encore pendant de nombreuses années. Ce commentaire a été la bougie d’allumage », note-t-il.

Claude Bouchard dit ne pas avoir de relations particulières avec Jean Tremblay ou Ghislain Harvey.

« Il y a eu une proximité au fil des années, car M. Tremblay était président du conseil d’administration de Promotion Saguenay et M. Harvey en était le président et directeur général. Aujourd’hui, c’est un peu la même chose avec la mairesse Josée Néron et le directeur général par intérim, Arthur Gobeil. Il y a une certaine proximité », a-t-il fait valoir.

Claude Bouchard dit ne pas faire cette sortie publique afin de s’éloigner du dossier Ghislain Harvey en prévision de l’élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord.

M. Bouchard ne cache pas son intérêt à devenir le candidat du Parti libéral du Canada pour l’occasion.