L’intérêt de Claude Bouchard à l’égard des libéraux n’a pas diminué depuis qu’il s’est désisté de l’investiture libérale, en 2013, à la demande de son employeur, Promotion Saguenay.

Claude Bouchard confirme son intérêt pour le PLC

Les libéraux s’activent en vue de l’élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord, laquelle aura lieu au cours des prochaines semaines dans le but de combler le siège laissé vacant par le départ du député Denis Lemieux. Bien que la date du scrutin n’ait pas encore été annoncée, le conseiller municipal Marc Pettersen et le directeur du développement industriel et des affaires corporatives chez Promotion Saguenay, Claude Bouchard, songent à briguer l’investiture.

Peu après la démission de Denis Lemieux, Marc Pettersen confirmait déjà qu’il réfléchissait à la possibilité de se lancer. Il a été candidat en 2015 dans la circonscription de Jonquière, mais s’est incliné devant la néo-démocrate Karine Trudel. Le conseiller de Chicoutimi-Nord est un habitué des campagnes électorales, tous paliers confondus, lui qui a brigué les suffrages dix fois depuis 1989. En entrevue téléphonique, Marc Pettersen confirme qu’il est toujours très intéressé par le poste de député fédéral sous la bannière libérale. Il analyse les options qui s’offrent à lui et en discute avec les membres de sa famille, les électeurs de son district et ceux de Chicoutimi-Le Fjord afin de prendre la « meilleure décision ». La principale motivation du candidat potentiel relève du fait qu’il ne veut pas que la circonscription passe aux mains d’un autre parti politique.

« Beaucoup de gens m’encouragent à y aller. C’est la chance qu’on a de garder le parti au pouvoir. Le nerf de la guerre, c’est l’investiture. Promotion Saguenay n’a pas bonne presse ces temps-ci et j’ai peur que si quelqu’un associé à la ‘‘gang’’ devient le candidat, on tombe dans l’opposition », a-t-il énoncé. Il fait ainsi référence à Claude Bouchard, qui s’était désisté de l’investiture en 2013 à la demande de son employeur.

Toujours intéressé

L’intérêt de Claude Bouchard à l’égard des libéraux n’a pas diminué depuis ce temps et le directeur confirme qu’il y songe toujours. Il en a d’ailleurs parlé avec son patron, le directeur général par intérim de Promotion Saguenay, Arthur Gobeil. La donne étant différente cette année, il y aurait de l’ouverture de la part de l’employeur.

« J’ai un très fort intérêt et je suis toujours en réflexion. En revanche, j’ai des choses à vérifier. Je ne veux pas que la situation de 2013 se reproduise. Par contre, les choses sont différentes cette fois-ci. En 2013, il y avait 18 mois entre l’investiture et l’élection. En 2018, ce sera entre quatre et huit semaines », pointe Claude Bouchard, qui croit avoir été victime d’une certaine pression politique de la part des conservateurs il y a deux ans. À ce chapitre, il constate que le vent a tourné.

« Je vais prendre une décision bientôt parce qu’il va falloir que je me donne du temps pour aller chercher des sympathisants. Les membres libéraux ne sont plus des gens qui achètent des cartes. Ce sont des sympathisants qui ne font que donner leur appui en signant un document. Je n’ai pas fait remplir un seul formulaire à personne. Je sais que Marc Pettersen, qui est aussi une très belle candidature parce que c’est un gars de terrain, est beaucoup plus avancé que moi à ce niveau-là », poursuit M. Bouchard. Dans le cadre de sa démarche de consultation avec la direction de la société de développement économique, Claude Bouchard veut aussi s’assurer qu’il pourra conserver son emploi, advenant le cas où il ne serait pas réélu lors de l’élection générale de 2019.

Peu après la démission de Denis Lemieux, le conseiller municipal Marc Pettersen confirmait déjà qu’il réfléchissait à la possibilité de se lancer.

«L’affaire d’un individu»

Claude Bouchard est en désaccord avec Marc Pettersen qui croit que son association à Promotion Saguenay nuirait aux libéraux fédéraux. Il se dit cependant conscient du fait qu’il devra s’expliquer à ce sujet et répondre aux questions des membres du parti et des électeurs, s’il décide de se présenter.

« Dès le départ, c’est quelque chose que je vais aborder. Mais ce qui a fait couler beaucoup d’encre, c’est l’affaire d’un individu (Ghislain Harvey). Promotion Saguenay, c’est 55 personnes qui ont fait de grandes choses. Je vais dire : “ regardez ce qu’on a fait” », enchaîne le directeur, qui évolue dans les rangs de la branche de développement économique de Saguenay depuis sa fondation.

Claude Bouchard se décrit lui aussi comme un homme « de terrain » et rappelle qu’il a joué un rôle clé dans de nombreux projets, notamment celui visant l’implantation de la minière BlackRock à Saguenay.

« Ubisoft, je l’ai travaillé dans le plus grand secret pendant 11 mois », fait-il valoir, faisant référence à la venue du géant des jeux vidéos à Chicoutimi.

Claude Bouchard a discuté avec un permanent du Parti libéral pendant les vacances des Fêtes, mais il n’a pas officiellement déposé de demande d’approbation pour devenir candidat à l’investiture. Même chose pour Marc Pettersen, qui croit qu’il recevrait le feu vert du parti sans problème. Les libéraux de Justin Trudeau prônent une approche démocratique et favorisent la tenue de courses à l’investiture, lesquelles permettent aux membres de choisir leur candidat. 

Enfin, notons que le nom de Philippe Gagnon, responsable du sport universitaire à l’UQAC, circule également. Invité à faire part de ses intentions, l’ancien athlète paralympique n’a pas voulu commenter. Quant à l’ex-conseillère municipale et ancienne candidate libérale au provincial, Joan Simard, qui était courtisée par le PLC, elle a indiqué qu’elle n’a pas eu de discussions récentes avec la formation politique et dit être passée à autre chose. 

Pas de candidat approché

La direction du parti réitère que toute personne intéressée par l’investiture peut consulter son site Internet, où se trouve le formulaire d’inscription. Conseillère en communications au PLC, Élyse Surette-Dimuzio signale que le parti a été approché par plusieurs candidats potentiels, mais qu’aucune approche n’a été faite par les libéraux pour recruter un porte-couleurs.