Julie Labbé dirige le CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis deux semaines.

CIUSSS: une PDG qui se dit régionaliste

L’accessibilité à des services de santé de qualité partout dans la région est le « leitmotiv » de la nouvelle dirigeante du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean (CIUSSS).

Julie Labbé a elle-même vécu des problèmes de couverture, à son arrivée au Lac-Saint-Jean en 1993. Native de Québec, elle a commencé sa carrière dans une usine de Normandin en tant que contremaître de production. 

« Quand je suis arrivée à Normandin, on m’a dit ‘si tu veux avoir un enfant, ça va être difficile d’accoucher à Dolbeau. Tu vas peut-être être obligée d’aller à Roberval’. Donc, je sais à quel point il est primordial de desservir tout le territoire », confie celle qui succède à Martine Couture. 

« On doit avoir une pensée régionale avec des standards régionaux. C’est important pour assurer une cohérence et une convergence. Mais il faut se préoccuper de la vie locale. Ce qui se passe à Dolbeau et à La Baie, il faut en tenir compte », ajoute celle qui a fait carrière comme gestionnaire dans diverses entreprises et institutions publiques dans la région.

Dolbeau-Mistassini vit en ce moment une rupture de service. Le bloc opératoire est fermé temporairement depuis quelques semaines. La nouvelle PDG a bon espoir de recruter de nouvelles ressources d’ici l’automne. « On doit composer avec une situation temporaire de découverture, qui est assumée par Roberval et Alma. On prévoit vers l’automne compléter notre plan d’effectif au niveau des chirurgiens. Je le réaffirme, on va donner des soins sur tout le territoire. Le bloc à Dolbeau va demeurer ouvert », insiste Mme Labbé, en poste depuis le 1er avril.

Cette dernière mise d’ailleurs sur l’imminente rénovation du bloc opératoire pour attirer de nouveaux médecins et spécialistes à Dolbeau-Mistassini. Les dirigeants du CIUSSS doivent aussi rencontrer cette semaine des équipes dolmissoises pour les informer des différentes démarches entreprises pour régler la situation. 

Des gains avec la réforme Barrette

Si la réforme du ministre Gaétan Barette fait les manchettes pour ses ratés, elle a permis d’améliorer les services au Saguenay-Lac-Saint-Jean, constate Julie Labbé, qui occupe depuis deux semaines la plus haute fonction du réseau de la santé en région. Gain de productivité, améliorations des pratiques ; la création des CIUSSS a été payante autant sur le plan administratif que sur le plan clinique. 

« Cette transformation qu’on vit depuis trois ans est majeure. Mais tout n’est pas noir. On a vu des gains de productivité, notamment dans le volet administratif. Mais même au niveau clinique, il y a eu des améliorations. Avec le CRDS à Dolbeau (Centre de répartition des demandes de service), les gens qui ont besoin de voir un spécialiste, c’est maintenant le médecin qui envoie le formulaire et ça tombe à un seul endroit. La prise de rendez-vous se fait. Ce n’est plus l’usager qui doit faire toutes les démarches. Ça, ça n’existait pas avant », donne en exemple Mme Labbé. 

« On “performe” dans la région et on ne se le rappelle pas assez souvent. On a une force collective majeure. Oui, ça sort dans les médias comme étant difficile, ça craque de partout. Mais j’ai envie de dire non. Et quand ça craque, on s’en occupe », martèle la nouvelle dirigeante, rappelant que la région fait partie des meilleures au Québec en ce qui concerne le temps d’attente à l’urgence et l’accessibilité à un médecin de famille.

Coupes

Depuis la création des CIUSSS, plusieurs ont dénoncé la centralisation des cadres à Chicoutimi. Un exode qui ne s’est jamais produit, tient à nuancer la PDG, ajoutant que des postes se sont créées localement pour faciliter la gestion des différents centres de santé.

« On a ajouté de la proximité dans la dernière année. Ceux qui avaient comme fonction de coordonnateur et qui couvraient un plus large secteur, on les a transformés en chefs de proximité. Parce que couvrir un territoire comme Dolbeau et Roberval, c’est difficile. Maintenant, il y a le chef à Dolbeau-Mistassini et le chef à Roberval », précise celle qui occupait le poste de directrice des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques au CIUSSS depuis 2015.

« Et il n’y a pas eu d’exode de cadres du Lac vers le Saguenay. Au 1er avril 2015, on a eu 23 départs à la retraite, 9 départs pour une autre organisation et trois personnes ont déménagé. Une à Jonquière, une à Chicoutimi et l’autre à Alma. Donc on ne peut pas parler d’exode. On a aussi un gestionnaire de Dolbeau qui va bientôt partir à la retraite et on va le remplacer. »