Vincent Gagné, qui avait agressé sexuellement deux escortes à Jonquière et qui devait subir son procès devant jury la semaine prochaine, a finalement plaidé coupable.
Vincent Gagné, qui avait agressé sexuellement deux escortes à Jonquière et qui devait subir son procès devant jury la semaine prochaine, a finalement plaidé coupable.

Cinq ans de pénitencier pour un agresseur d’escortes à Saguenay 

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Vincent Gagné, qui avait agressé sexuellement deux escortes à Jonquière et qui devait subir son procès devant jury la semaine prochaine, a finalement plaidé coupable, lundi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. Celui qui n’en était pas à ses premiers assauts sexuels écope de cinq ans et trois mois de pénitencier. Son nom sera également inscrit au Registre national des délinquants sexuels pour le reste de ses jours.

Dans la nuit du 21 mars 2019, vers 3 h 30 du matin, Vincent Gagné, qui est aujourd’hui âgé de 22 ans, fait appel à une escorte via le site Annonces intimes. Il lui donne rendez-vous derrière une résidence de la rue Saint-Gérard, à Jonquière. 

La jeune femme arrive avec une amie, qui est également escorte. Le ton monte lorsque les deux femmes vont à la rencontre de l’individu. Il n’était pas question, pour Vincent Gagné, de les payer.

Vincent Gagné avoue avoir eu des relations sexuelles complètes, mais non désirées par les deux plaignantes, à l’extérieur. Il les a forcées, entre autres, à se déshabiller, à s’agenouiller au sol et sur des escaliers extérieurs, pour se livrer à plusieurs positions sexuelles ordonnées par le jeune homme. Il termine en leur éjaculant au visage. 

Les deux jeunes femmes de 18 et 20 ans n’ont jamais été payées et l’individu leur a également volé leur sac à main. Elles ont porté plainte à la police dans les instants suivant l’agression. Une parade d’identification et des échantillons d’ADN ont permis d’accuser Gagné.

Initialement, le jeune individu était accusé d’agressions sexuelles armées et de vols qualifiés, puisque les deux plaignantes affirmaient avoir été menacées d’un couteau. Mais l’accusé a toujours nié cette information. Au terme de négociations entre le ministère public et la défense, les chefs d’accusation d’agressions sexuelles armées et de vols qualifiés ont été remplacés par des chefs d’agressions sexuelles et de vols. Vincent Gagné a pris la décision de plaider coupable, évitant ainsi la tenue du procès devant jury, lequel devait s’ouvrir la semaine prochaine, en Cour supérieure, du Palais de justice de Chicoutimi. Les 150 personnes conviées à la sélection du jury devraient d’ailleurs recevoir un avis à ce sujet au cours des prochains jours. 

Des agressions alors qu’il était mineur

Vincent Gagné possédait déjà des antécédents judiciaires d’agressions sexuelles. Celles-ci remontent à 2014, alors qu’il avait 16 ans. Il avait agressé une jeune fille qui sortait de l’autobus, près du Centre fiscal de Jonquière, et avait récidivé deux jours plus tard à Chicoutimi-Nord. La deuxième victime avait pu fuir et alerter les autorités. Il avait été arrêté rapidement et condamné à 30 mois de garde légale à l’époque. 

Il tire des plombs sur deux jeunes filles

Lundi matin, Vincent Gagné a également plaidé coupable à une série d’accusations en lien avec un autre événement, cette fois survenu en avril 2018. Il a admis être pénétré par effraction dans une maison pour y commettre un vol. Il était parti avec une arme à plomb, au volant d’une mobylette volée. En soirée, il avait interpellé deux jeunes filles à l’extérieur d’un dépanneur de Jonquière. Les jeunes filles avaient voulu fuir et Vincent Gagné leur avait tiré dessus avec son arme à plomb volée. 

Il avait été arrêté, puis s’était enfui par une minuscule fenêtre de la salle d’interrogatoire du poste de police de Saguenay. Il avait été épinglé quelques minutes plus tard, près de la pizzeria du Carré Davis, à deux pas du poste de police. Lors de son enquête sur remise en liberté, le juge avait consenti à ce qu’il soit envoyé en thérapie fermée de six mois, pour régler ses problèmes de consommation. Une thérapie qu’il avait réussie. Il était donc en liberté en attente de son procès pour les événements d’avril 2018 lorsqu’il a été arrêté en mars 2019. 

Délinquant sexuel à vie

Les deux parties, Me Julien Boulianne en défense et Me Karen Inkel en poursuite, ont soumis une suggestion commune à la juge de la Cour du Québec Micheline Paradis, lundi avant-midi. La récidive de Vincent Gagné explique notamment cette peine de cinq ans et trois mois de pénitencier suggérée autant par le criminaliste que par la procureure de la Couronne. Vincent Gagné figurera au Registre national des délinquants sexuels à vie.

Vincent Gagné était détenu à Roberval depuis sa dernière arrestation, ce qui lui fait 18 mois de prison déjà purgés, en raison du temps et demi. 

Le jeune âge de l’accusé fait tout de même espérer à son avocat que Vincent Gagné saura devenir un actif pour la société à sa sortie de détention.