Depuis le début de la pandémie, 260 employés du CIUSSS, provenant de Chicoutimi et La Baie, ont effectué un stage à de La Colline pour combler les retraits du personnel et les absences causées par le coronavirus.
Depuis le début de la pandémie, 260 employés du CIUSSS, provenant de Chicoutimi et La Baie, ont effectué un stage à de La Colline pour combler les retraits du personnel et les absences causées par le coronavirus.

CHSLD de la Colline: un arrêté ministériel pour pouvoir ajouter du personnel?

Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean concentre ses énergies à stabiliser la situation au CHSLD de la Colline et n’écarte pas le recours à l’arrêté ministériel sur les ressources humaines pour en arriver à doter cet établissement en crise de COVID-19 depuis le début du mois des équipes de soignantes suffisantes pour dispenser les soins aux résidents.

Le directeur des ressources humaines du CIUSSS, Alexandre Boivin, a reconnu au cours d’une entrevue accordée au Quotidien que la fin de semaine avait été éprouvante pour le personnel du CHSLD qui doit gérer la plus importante éclosion de l’Est du Québec. Ce CHSLD de 98 lits compte sur 115 employés de toutes les catégories pour dispenser les services et, depuis le début de la pandémie, 260 employés du CIUSSS, provenant de Chicoutimi et La Baie, y ont effectué un stage pour combler les retraits du personnel et les absences causées par le coronavirus.

«Nous avions prévu les effectifs suffisants pour la fin de semaine, mais la Santé publique a procédé à des retraits vendredi et samedi qui ont causé une baisse des effectifs», explique Alexandre Boivin qui est conscient que cette situation peut causer du mécontentement au sein du personnel qui a été dans l’obligation de combler en partie ces retraits par une charge de travail additionnel, alors que les équipes de ce CHSLD vivent une situation particulière tant sur le plan psychologique que physique depuis le début de la pandémie.

Ces retraits ont fait baisser les effectifs sous les ratios établis pour les CHSLD, et ce, malgré la diminution du nombre de résidents en raison des décès. Dès le départ, le CIUSSS veut établir le nombre d’employés nécessaires pour que ce CHSLD soit complètement autonome : «Ça veut dire que si on a besoin de cinq infirmières pour un quart, on doit pouvoir compter sur cinq autres afin de les remplacer dans les situations que nous connaissons sans devoir sortir une ressource dans un autre établissement et qu’elle soit dans l’obligation de rester à la maison pendant 14 jours.»

Depuis le début de la pandémie, le CIUSSS a misé sur le volontariat des employés pour venir en support au CHSLD de la Colline. Une entente a même été négociée pour amener les travailleurs du Lac-Saint-Jean au Saguenay. Alexandre Boivin confirme que ce volontariat n’a pas donné les résultats escomptés. Le CIUSSS a même fermé complètement un département à l’hôpital de Chicoutimi pour pouvoir transférer tout le personnel à de la Colline en utilisant les dispositions de la convention collective.

«L’arrêté ministériel comporte plusieurs mesures. Nous voulons toujours travailler en collaboration avec les syndicats et en arriver à des ententes. Sans utiliser toutes les mesures, on pourrait évaluer certains éléments comme l’augmentation de la disponibilité des travailleurs. Mais nous souhaitons avant tout obtenir des ententes», reprend Alexandre Boivin.

En ce moment, le CIUSSS pourrait avoir recours au bassin de l’hôpital de Chicoutimi. Au cours des trois derniers jours, les hôpitaux de La Baie et Chicoutimi fonctionnaient avec 120 lits inoccupés. La direction du CIUSS hésite à recourir à ce bassin en raison de la reprise des activités des blocs opératoires, car de nombreuses chirurgies devront être reprises. «À titre d’exemple, si nous demandons une infirmière en neurologie à de la Colline, elle sera hors du travail pendant 14 jours après son dernier quart au CHSLD.»

Une entente doit être conclue dans les prochaines heures sur le recours aux inhalothérapeutes dans les CHSLD. L’exemple illustre bien les enjeux, selon le directeur des ressources humaines. Ces professionnelles sont nécessaires dans le traitement des cas de COVID-19 qui sont traités aux soins intensifs. Le CIUSS doit déterminer combien de ces professionnels peuvent être libérés pour les CHSLD tout en conservant une force de frappe pour intervenir advenant une reprise des hospitalisations de personnes souffrant de la COVID-19.

Alexandre Boivin reconnaît que le travail qui devra être réalisé à très court terme pour rendre chacun des CHSLD autonome tout en reprenant les activités régulières dans les hôpitaux est assimilable à une intervention chirurgicale à haut niveau de difficulté. Avant la pandémie, le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean vivait une pénurie de main-d’oeuvre au chapitre des préposés aux bénéficiaires et pour les soins cliniques dans les CHSLD assumés par les infirmières et infirmières auxiliaires. Avec l’appel à l’aide, le CIUSSS a procédé à 1000 embauches, dont une centaine pour le secteur clinique.

Même si le CIUSSS n’a pas encore établi avec précision les ressources additionnelles nécessaires pour créer 16 CHSLD, Alexandre Boivin reconnaît que les nouvelles règles d’hygiène à déployer pour éviter les éclosions ont un impact sur la charge de travail. Le CIUSSS doit évidemment suivre les directives gouvernementales pour la protection des CHSLD.

Dans les autres mesures envisagées pour réussir à atteindre l’objectif de l’autonomie, la Direction des ressources humaines doit aussi évaluer de nouveaux horaires de travail. Des employés ont déjà donné leur accord pour des horaires basés sur des quarts de douze heures. L’arrêté ministériel pourrait aussi permettre de mettre en place de nouveaux horaires.

Le plan de match se résume à une solution permanente à court terme pour de la Colline, qui semble connaître une certaine stabilisation dans la propagation, et une opération plus vaste pour rendre les 15 autres CHSLD autonomes. En même temps, le CIUSSS implante de nouvelles mesures d’hygiène avec l’objectif d’empêcher l’entrée du virus dans les CHSLD dans les prochaines semaines et les prochains mois.