La directrice des soins infirmiers du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Sylvie Massé, le directeur de la Santé publique, Dr Donald Aubin, et la directrice du programme de Soutien à l’autonomie des personnes âgées, Chantale Boivin, ont présenté jeudi le bilan quotidien de la pandémie dans la région.
La directrice des soins infirmiers du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Sylvie Massé, le directeur de la Santé publique, Dr Donald Aubin, et la directrice du programme de Soutien à l’autonomie des personnes âgées, Chantale Boivin, ont présenté jeudi le bilan quotidien de la pandémie dans la région.

CHSLD de la Colline: l’éclosion s’aggrave, mais l’aide arrive

L’éclosion de COVID-19 prend de l’ampleur au CHSLD de la Colline avec 65 cas dont 36 chez les résidants et 26 pour le personnel. Rien ne permet de croire qu’il sera possible de stopper le virus à court terme alors que les renforts sont déployés depuis jeudi à 16h en provenance du département D2 de l’hôpital de Chicoutimi.

La situation est toujours difficile à l’infirmerie des Antoniennes-de-Marie de Chicoutimi, où un second décès a été confirmé par la supérieure de la congrégation Ginette Laurendeau, qui a elle-même été infectée par le coronavirus dans les dernières heures. La congrégation a maintenant 21 religieuses infectées et 7 employés. L’infirmerie des Antoniennes compte 23 lits.

La directrice du programme des Services adaptés à la personne âgée, Chantale Boivin, a donné l’assurance que le CIUSSS était toujours en appui aux religieuses qui doivent composer avec un personnel décimé par le coronavirus. Le CIUSSS, selon ce qu’explique Mme Boivin depuis plusieurs jours, considère les Antoniennes comme une composante de la communauté et lui accorde toute l’attention nécessaire malgré la rareté des ressources.

D’autre part, la gestionnaire était visiblement soulagée d’annoncer que tous les employés du département D2 de l’hôpital de Chicoutimi qui ont été rencontrés pour traverser le pont afin de supporter les collègues au CHSLD de la Colline le font volontairement.

«Je peux vous dire que cent pour cent des gens que nous avons rencontrés [mercredi] étaient très contents de venir aider à de la Colline. On a pas eu besoin de forcer personne. Tout le monde était vraiment de bonne foi», a insisté Chantale Boivin.

Sa collègue à la Direction des soins infirmiers, Sylvie Massé, a expliqué que tout a été mis en place dans le CHSLD en matière de contrôle des infections afin de supporter les équipes. Il s’agit d’un enjeu majeur quand le virus s’installe dans un milieu de vie.

Il reste que le CIUSSS a mis 12 jours avant de prendre la décision de fermer un département à l’hôpital de Chicoutimi pour envoyer des renforts dans son seul établissement qui connaissait une éclosion de coronavirus. La directrice du programme SAPA (Soutien à l’autonomie des personnes âgées) admet que de l’extérieur, ce délai peut sembler long, mais que d’autres facteurs, dont la particularité du virus, justifient la façon dont le CIUSSS a géré cette situation.

Le CIUSSS a suivi les directives ministérielles en concentrant un maximum d’employés dans ses unités dans les hôpitaux. Au début de l’éclosion au CHSLD de la Colline, la direction du CIUSSS a voulu agir avec prudence en maintenant la capacité d’hospitalisation au cas où la propagation du virus s’accélérerait au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le développement de la pandémie a finalement suivi une trajectoire très douce dans la région et le CIUSSS a ainsi été en mesure de redéployer un premier département de médecine vers de la Colline.

Le docteur Donald Aubin, directeur de la Santé publique, a de son côté attiré l’attention sur les particularités de ce virus qui joue des tours aux scientifiques. Ces particularités ont contribué à la propagation à de la Colline ainsi qu’à l’infirmerie des Antoniennes-de-Marie.

En plus de cette équipe en provenance du département D2, le CIUSSS a été contacté par une vingtaine de médecins spécialistes et omnipraticiens qui sont disposés à travailler auprès des résidants avec les équipes en poste dans les CHSLD. Leur intégration sera planifiée dans les prochaines heures.

La direction SAPA doit maintenant gérer un autre enjeu de taille dans le contexte de la pandémie depuis que le premier ministre et la direction de la Santé publique ont ouvert la porte à certains aidants naturels dans les CHSLD. Chantale Boivin ne peut pas aller à l’encontre de cette directive ministérielle, mais entend bien établir des critères très stricts et il est déjà assuré qu’il n’est pas question d’ouvrir largement les portes aux aidants naturels.

La gestionnaire a de plus précisé que nonobstant la directive ministérielle, les gestionnaires doivent utiliser leur bon jugement. L’objectif de Mme Boivin est d’éviter que le virus s’infiltre dans les 15 CHSLD qui ont jusqu’à maintenant établi de véritables forteresses pour protéger les résidants.

«Je n’ouvrirai pas beaucoup les portes. À mon sens, il y a vraiment un risque et il faut que les avantages surpassent les risques. J’ai reçu un avis à 14h cet après-midi et le dépliant qui devait être remis aux candidats aidants naturels a été mis sur la glace», a conclu la gestionnaire.

Les trois représentants du CIUSSS au point de presse n’ont pas répondu à une question du Quotidien sur une éventuelle demande au gouvernement du Québec et à la direction de la Santé publique pour ne pas appliquer la directive ministérielle au sujet des aidants naturels.

Le CIUSSS ne demandera pas l’appui de la ministre régionale Andrée Laforest pour convaincre sa collègue à la Santé que la région n’a pas besoin d’ouvrir les portes des CHSLD aux aidants naturels.