Christine Boivin a discuté durant plusieurs minutes avec Pierre Paquet, comptable et membre du conseil d’administration du Camping Jonquière inc, juste avant que les parties ne rencontrent la juge Gagnon.

Christine Boivin n'a fait que son travail d'élue

La conseillère municipale sortante de Lac-Kénogami, Christine Boivin, n’aurait jamais dû être poursuivie par le Camping Jonquière et son directeur général, Richard Brabant, surtout qu’elle n’a fait que son travail d’élue.

C’est la déclaration faite par l’organisation sans but lucratif et M. Brabant à la suite de l’entente hors cour survenue entre les diverses parties, jeudi matin. 

Devant la juge Marie-Paule Gagnon, de la Cour supérieure du Québec (chambre civile), les avocats ont annoncé avoir une entente confidentielle après de longues discussions qui se sont terminées vers 22 h mercredi.

Il n’a pas été possible de connaître la teneur de l’entente hors cour, mais Christine Boivin estime que la lettre du Camping Jonquière vaut de l’or à ses yeux.

« Camping Jonquière inc. et son directeur général Richard Brabant reconnaissent que durant son mandat, Christine Boivin n’a fait que son travail d’élue municipale en demandant les rapports financiers, et ce, pour les intérêts des citoyens de Saguenay qui sont en droit de savoir si les sommes d’argent que Camping Jonquière reçoit annuellement en subvention de la ville sont gérées adéquatement. Ils se sont également dits d’avis que Christine Boivin avait besoin de toutes ces informations pour ses prises de décisions au conseil municipal », écrit-on dans une déclaration déposée au tribunal.

« Camping Jonquière inc. et son directeur général Richard Brabant considèrent que la poursuite en diffamation contre cette élue municipale n’aurait pas dû être intentée », ajoute-t-on.

Christine Boivin s’est dite satisfaite de la conclusion du dossier. Elle peut enfin tourner la page et passer à autre chose, elle qui était initialement poursuivie pour 425 000 $ pour diffamation.

« J’espère que ce que j’ai vécu n’empêchera pas les élus de poser des questions. En quelque sorte, j’en sors positive. J’ai appris que faire son travail d’élue et bien le faire — malheureusement lorsque des gens te font ça — c’est difficile. J’ai été bien entourée de ma famille et des membres de l’Équipe du renouveau démocratique », a exprimé Mme Boivin, à la sortie du tribunal.

« Ce qui me semble très correct, c’est qu’ils (Camping Jonquière et Richard Brabant) ont reconnu que j’ai fait un excellent travail. Ce n’était pas une question d’argent, mais c’était pour mes valeurs. Je voulais démontrer que j’ai fait uniquement mon travail d’élue », ajoute-t-elle.

Christine Boivin n’a pas demandé de renouvellement de mandat étant donné qu’elle n’avait plus l’appui de son conjoint, dont la mère siège au conseil d’administration du Camping Jonquière.

« Ce fut difficile. Je n’ai jamais eu à aller en procès. J’ai une vie assez bien rangée. C’est sûr que de voir son visage sur la une des journaux lorsque tu n’as rien fait, c’est difficile. Là c’est terminé et j’en suis bien contente. Je tourne la page et je passe à autre chose », indique-t-elle.

Me Vincent Gingras ne cache pas que l’on peut faire preuve de créativité dans une entente hors cour. 

« En cour, nous n’avons pas le choix de demander des sommes d’argent, mais dans une entente hors cour, on peut faire preuve d’imagination et demander n’importe quoi. On peut être très créatif pour trouver un terrain d’entente », note le procureur de Mme Boivin.

« On a eu une déclaration qui satisfait ma cliente. Si nous étions en cour pour aller chercher de l’argent, hors cour on a trouvé de l’or. Cette déclaration représente ses valeurs et on reconnaît son travail d’élue et reconnaît qu’elle a des valeurs. Pour ma cliente, servir ses citoyens, c’est avant tout les défendre et c’est ce qu’elle a fait valoir tout au long de son mandat. Tout ça est de l’or et possiblement des diamants pour Mme Boivin », a poursuivi Me Gingras.

Maintenant que toute cette histoire est terminée, l’avocat Gingras espère que le Camping Jonquière poursuivra ses affaires et son développement. 

« Ma cliente n’a jamais rien eu contre le camping. C’est un organisme important pour la région. Il y a des choses à parfaire et Josée Néron (mairesse) est là pour ça. »

Quant à savoir si la reconnaissance du Camping de Jonquière n’arrive pas un peu tard, Me Gingras convient que les parties avaient l’urgence d’agir et se sont mises à parler.

Au final, Camping Jonquière paiera les frais de la cour (environ 5000 $) et les honoraires de Me Bruno Cantin, qui sont inconnus pour le moment. La facture de Me Gingras, environ 150 000 $, sera payée par la compagnie d’assurance Lloyds (et non pas par Saguenay comme l’a prétendu le chef du PCS, Dominic Gagnon).

Me Bruno Cantin, le Camping Jonquière et Richard Brabant n’ont émis aucun commentaire.