Philippe Couillard, premier ministre du Québec

Chirurgies du cancer de l'oesophage: Couillard appuie la démarche de Barrette

Philippe Couillard appuie la démarche de son ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pour sa prise de décision sur le maintien ou non des chirurgies du cancer de l'oesophage.
Dans une lettre datée du 16 mai, le premier ministre informe les députés péquistes Sylvain Gaudreault, Alexandre Cloutier et Mireille Jean, qu'il refuse d'intervenir auprès de son ministre afin qu'il revienne sur sa décision de transférer, vers Québec, ce type de chirurgies pratiquées à l'hôpital de Chicoutimi.
À la place, il approuve la décision de Gaétan Barrette qui a demandé à l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux (INESSS) de formuler un avis final sur les normes de qualité auxquelles doivent se conformer les centres qui pratiquent la chirurgie du cancer de l'oesophage.
Le député de Roberval rappelle que le ministre de la Santé avait pris sa décision initiale en raison de la complexité de cette chirurgie et du risque élevé de morbidité et de mortalité postopératoire, et que plusieurs études confirment les bénéfices qu'on retire à les pratiquer dans les établissements ayant un volume plus élevé et des équipes interprofessionnelles dédiées.
Philippe Couillard ajoute dans sa lettre que l'avis final de l'INESSS, qui devrait être livré le 1er octobre 2017, «devra également tenir compte de l'ensemble des principaux acteurs du Québec qui sont touchés par le traitement du cancer de l'oesophage, soit tous les membres de l'équipe interprofessionnelle entourant le patient aux prises avec ce cancer ainsi que ses proches. De plus, le ministre Barrette souhaite que l'INESSS analyse les impacts de la centralisation sur l'offre de services pour le centre qui perd la chirurgie du cancer de l'oesophage et celui vers lequel seront dirigés les patients».
Vigilant
Même s'il trouve que la réponse à sa demande du 20 janvier a pris du temps à venir, Sylvain Gaudreault est satisfait de la décision de soumettre à nouveau le dossier à l'INESSS. Toutefois, il promet de demeurer vigilant pour qu'on tienne compte de tous les paramètres avant d'en arriver à une décision finale.
L'enjeu est de taille, car il craint que le critère de la masse critique pour pratiquer certaines chirurgies soit appliqué à d'autres types d'interventions dans les hôpitaux régionaux. «Après ça, où va-t-on s'arrêter? Le CMDP (Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens) avait déjà mentionné, lors de sa sortie (pour dénoncer la décision du ministre), que d'autres chirurgies pourraient aussi être remises en question comme le lymphome et le cancer de l'utérus.
Le député de Jonquière ne lâchera pas le morceau si l'étude de l'INESSS ne tient pas compte des risques de complications postopératoires. «Lorsqu'on retourne le patient à la maison, ça fait toute une différence s'il a été opéré à Québec ou à Chicoutimi. C'est un facteur important dont il faudra tenir compte.»
Sylvain Gaudreault espère que le mandat confié à l'INESSS n'est pas qu'une façon, pour le gouvernement Couillard, de gagner du temps et rappelle que c'est la forte mobilisation régionale d'organismes qui sont habituellement discrets, comme le CMDP et la Fondation de ma vie, qui ont donné ce répit. En attendant la décision finale, les chirurgies de l'oesophage continuent d'être pratiquées à Chicoutimi.