L'hôpital de Chicoutimi

Chirurgies de l'oesophage: l'hôpital de Chicoutimi bientôt fixé

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette n’a toujours pas décidé si les chirurgies du cancer de l’oesophage seront maintenues à l’hôpital de Chicoutimi. Selon les données d’une nouvelle étude de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS), le volume de chirurgies et les équipes en place auraient un impact sur les complications et le taux de mortalité des patients.

Dans cette étude, l’INESSS en arrive à la conclusion que le seuil à atteindre pour devenir un centre désigné se situe à 20 chirurgies par année pour un établissement avec une équipe de trois chirurgiens qui se répartissent plus ou moins sept interventions. L’hôpital de Chicoutimi, selon les chiffres de l’INESSS, pratique en moyenne six interventions de ce type par année.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux avait demandé aux chercheurs de l’INESSS de se pencher sur cette question pour calmer le jeu. La décision de la Direction générale de cancérologie du ministère de mettre un terme à ces chirurgies à Chicoutimi avait provoqué une levée de boucliers. Cette décision avait été basée sur une autre étude de l’INESSS dont les conclusions étaient moins évidentes quant à l’impact du volume de chirurgie sur les impacts pour les patients en termes de complication et de taux de mortalité.

D’entrée de jeu, le ministre assure que cette affaire n’a aucun lien avec la compétence des équipes médicales en place. Il y a va selon lui de la meilleure pratique à adopter pour offrir au patient les meilleurs soins. 

« Si je me fie aux données probantes de l’étude, le Québec comptera quatre centres (trois à Montréal et un à Québec) pour dispenser ce service qui ne touche qu’une infime partie de la population. Ma décision n’est pas prise. Est-ce que ça pourrait être six centres ? Dans le cas de Chicoutimi, il pourrait y avoir une solution mitoyenne. Je suis en réflexion », insiste Gaétan Barrette.

Le ministre comprend bien tout l’argumentaire développé autour de la lourdeur d’une telle chirurgie pour les patients et l’inconvénient du transport. Gaétan Barrette affirme être dans une situation où, d’un côté, les données démontrent que le volume d’interventions comporte des avantages irréfutables sur le plan clinique, alors que sur l’aspect plus humain, il y a l’inconvénient du transport sur une distance appréciable.

Le ministre a pris connaissance du volumineux rapport de recherche et a rencontré les auteurs. Il affirme que les conclusions verbales des chercheurs sont encore plus « affirmatives » que le texte. Ces derniers avaient de plus à l’esprit tout le débat sur la centralisation de ce service. M. Barrette affirme que cette rencontre avec les auteurs de l’étude permet de dire aujourd’hui que sur le plan clinique, l’avantage de la concentration des interventions n’est pas discutable.

Les auteurs ont également rendu visite à l’équipe médicale de Chicoutimi. Ils doivent composer avec le fait qu’un taux limité de cas sur une base annuelle ne permet pas de dégager rapidement un portrait fidèle sur les complications et le taux de mortalité.

« Est-ce que, comme ministre qui doit assurer les meilleures pratiques pour les Québécois, je dois attendre dix ans pour que l’on puisse tirer des conclusions quand, de l’autre côté, j’ai la certitude que l’effet de volume donne de meilleurs résultats ? », a conclu le ministre qui devra rendre une décision d’ici les prochains mois.