La mairesse de Chibougamau, Manon Cyr, estime que sa ville devra composer avec les impacts environnementaux du projet minier BlackRock sans en tirer les retombées économiques devant permettre de compenser.

Chibougamau questionne le projet minier BlackRock

Chibougamau a des inquiétudes quant à l’avenir du projet minier de la société privée BlackRock, alors que la région s’apprête à subir des impacts environnementaux importants et que les retombées économiques diminuent par rapport au projet initial.

« Qu’on ne se trompe pas. La ville de Chibougamau n’est pas contre le projet minier de BlackRock puisque nous sommes habitués de travailler avec les grandes sociétés minières. Nous avons des inquiétudes et nous allons participer avec beaucoup d’intérêt aux audiences sur le projet de fonderie au Saguenay », insiste sa mairesse Manon Cyr.

Au départ, BlackRock prévoyait extraire 3 millions de tonnes métriques de minerai à sa mine de Chibougamau. L’entreprise souhaitait l’exporter en Chine, transportant d’abord le minerai par train jusqu’aux installations de Grande-Anse. Les documents faisaient état de la création de 400 emplois pour la communauté de Chibougamau.

« Il s’agit du projet de 2015. Par la suite, il a été modifié et BlackRock a confirmé son intention de construire une fonderie à Saguenay. Nous avons accepté ce choix puisque le promoteur a décidé qu’il fallait une fonderie. Le projet a été diminué à 800 000 tonnes d’extraction de minerai et on ne parle plus que de la création de 170 emplois pour Chibougamau », insiste la mairesse.

Même si la population de Chibougamau a une bonne connaissance de l’industrie minière et peut vivre sans difficulté dans cet environnement, Mme Cyr croit que les retombées économiques et les impacts environnementaux devraient respecter une certaine logique.

La situation est encore plus inquiétante pour la municipalité depuis que le promoteur a confirmé qu’il analysait sérieusement la possibilité de transporter le minerai par la route jusqu’à la fonderie projetée dans la zone portuaire. Pour la mairesse, il est maintenant assuré que les citoyens de Chibougamau devront composer avec une augmentation du trafic lourd sur la route qui relie le Saguenay à sa ville.

Chibougamau a une autre carte dans sa manche pour tenter d’obtenir sa juste part des retombées économiques. Le promoteur, qui modifie son projet, devra se présenter devant le Comex. Il s’agit d’une structure similaire au Bureau des audiences publiques sur l’environnement. Son mandat est de procéder à l’évaluation des projets réalisés au nord du 55e parallèle.

« Le promoteur a obtenu son certificat environnemental. Comme il apporte des modifications au projet, il doit obtenir une modification et nous allons également participer activement au Comex qui aura lieu après les audiences publiques pour la fonderie. »

Les modifications importantes apportées au projet par le promoteur amènent la ville de Chibougamau à se questionner sur ses fondements économiques : est-ce que le projet est viable ? », interroge la mairesse.

« Nous savons que le gisement est de qualité, enchaîne Manon Cyr. Nous savons aussi qu’il y aura un jour une mine de vanadium qui va se développer avec le gisement. Ça doit être le bon projet . »