Robert Abraham, copropriétaire de chez Georges, Bruno Larouche, contremaître de chantier, Jean-François Abraham, copropriétaire de chez Georges, Carl Hovington, architecte et David Barrette, chargé de projet, ont fait le point sur la démolition du mur de maçonnerie mitoyen sur lequel est peinte une publicité de Winchester.

Chez Georges: une affiche, mais le mur sera détruit

La découverte, mardi dernier, de la fresque publicitaire des cigarettes Winchester durant la démolition d’une partie du restaurant Chez Georges de la rue Racine a suscité l’intérêt d’une partie du public, qui désirerait conserver l’œuvre de maçonnerie en mémoire d’une autre époque.

Au cours d’une rencontre de chantier tenue, jeudi, en compagnie de l’architecte Carl Hovington, du chargé de projet David Barrette et de Bruno Larouche, de Lapointe et Gagnon, Jean-François et Robert Abraham ont fait le point pour expliquer les multiples contraintes auxquelles ils sont confrontés.

« Lorsqu’on a fait la découverte de la fresque, ç’a enflammé tout le monde à l’effet que ça devait être conservé parce que ça fait partie du patrimoine de la ville. Le premier soir qu’on a vu ça, notre intention était de la conserver. Mais je ne pouvais quand même pas dire qu’on allait faire une cour intérieure pour la conserver, explique M. Abraham, fils.

M. Hovington renchérit en affirmant que l’affiche peinte possiblement dans les années 20 est de style “vintage”, une tendance qui plaît aux jeunes d’aujourd’hui. »

Toutefois, l’analyse de la situation a révélé qu’il est impossible de conserver le mur de maçonnerie en raison d’une multitude de contraintes techniques et juridiques. La première est que le mur est mitoyen entre le premier étage du restaurant et la vingtaine de condominiums situés à l’étage supérieur appartenant à un autre propriétaire.

Au plan technique, l’œuvre est fortement fissurée du côté gauche tout en ayant fait l’objet, au fil des décennies, de travaux de perforation sans installation de linteaux pour soutenir la maçonnerie. Il ne saurait résister à une exposition aux éléments extérieurs (pluie, gel et dégel) sans représenter un danger public. Un autre aspect est lié au fait que dans le cadre de la reconstruction, Chez Georges doit ériger un nouveau mur coupe-feu pour répondre aux normes du Code du bâtiment en vigueur. « Conserver ce mur est un projet en soi qui entraînerait des frais importants. Je suis un particulier qui opère un restaurant et qui veut le reconstruire. Je ne suis pas un historien. Personne n’est venu me voir pour me dire on va t’aider financièrement » ajoute M. Abraham, fils.

Dans le cadre de la reconstruction à neuf, M. Abraham souhaite réintégrer en façade l’enseigne restaurée aux couleurs de l’arc-en-ciel qui trône depuis les années 60. 

Winchester

La démolition de la fresque Winchester ne signifiera pas l’effacement de la mémoire collective puisque l’architecte Hovington compte intégrer à l’intérieur de la nouvelle partie du restaurant un tableau photographique de bonne dimension. « Nous allons embaucher un photographe qui prendra la fresque en haute définition et que l’on pourra reproduire. Ce sera l’élément qui rappellera la présence de la fresque », explique M. Hovington.

En ce qui a trait à la réglementation interdisant la promotion de la cigarette, M. Abraham n’avait pas été en mesure de vérifier comment le droit s’applique dans un pareil cas.

Chose certaine, le dévoilement de l’affiche Winchester aura joué un rôle dans le rappel de la petite histoire de la rue Racine. Selon Robert Abraham, il est probable que son père, Georges, ne l’ait jamais aperçue. Selon les renseignements qu’il a colligés depuis le début de la semaine, l’immeuble actuel de Chez Georges a été construit dans les années 20 après le grand feu de 1912 et a abrité le magasin Woolworth. Du côté droit, une ruelle était présente ainsi qu’un immeuble de type « shoe box » dans lequel opérait un chapelier, ce qui a permis de peindre la fresque commerciale.