Chefferie du Parti québécois: Sylvain Gaudreault se lance

C’est en misant sur la souveraineté, l’environnement, la langue française et les inégalités sociales que le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, s’est lancé officiellement dans la course à la chefferie du Parti québécois. Il en a fait l’annonce lundi matin, dans sa circonscription, devant une centaine de partisans.

Celui qui est élu sans interruption depuis 2007 était accompagné des députés péquistes Méganne Perry-Melançon (Gaspé) et Joël Arseneau (Îles-de-la-Madeleine). Les anciens députés Guy Chevrette, Francis Dufour, Marc-André Bédard, Jeanne Blackburn et le nouveau député bloquiste Mario Simard étaient également présents pour appuyer celui qui avait assumé l’intérim du Parti québécois après la démission de Pierre Karl Péladeau, en 2016, jusqu’à la nomination de Jean-François Lisée, quelques mois plus tard. Le poste de chef est vacant depuis la démission de ce dernier, le 1er octobre 2018.

« Ça m’a donné une idée de ce que ça représente. J’ai eu l’occasion, avec mes collègues, de constater l’état des lieux, de voir c’est quoi être chef de parti politique. De voir les moyens, les outils qu’on a devant nous. À ce moment, je ne pouvais pas tous les utiliser parce que j’étais chef intérimaire. Mais là, j’ai le goût d’aller dans l’ensemble de l’œuvre pour amener ce parti-là plus loin », a précisé Sylvain Gaudreault au sujet de son passage à l’intérim du parti.

Devant des partisans de Jonquière, de Montréal, de Québec, de l’Outaouais, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, le député a dit prendre une décision « mûrement réfléchie » et d’avoir l’appui de son conjoint. 

Il a réitéré son intention de faire du Québec un pays qui ferait son entrée à l’ONU avec l’acte fondateur suivant : « Voici un nouveau pays. Un pays qui a choisi sa liberté démocratiquement, pacifiquement, en français. Un pays qui, par son geste libérateur lui-même, pose un acte de confiance dans l’avenir de notre planète. Les solutions à la crise climatique existent. Le Québec les connaît. Le Québec a l’ambition d’être un pays exemplaire », a cité M. Gaudreault, sous les applaudissements de la foule.

Celui qui a sa carte de membre du Parti québécois depuis 1987 a poursuivi en se disant fier de l’environnement du Québec et de son énergie propre et renouvelable. Selon lui, le Québec peut être un modèle dans la « nécessaire lutte contre la crise climatique ». 

Sylvain Gaudreault s’engage également à défendre une autre de ses fiertés, soit la nation québécoise et sa langue française, « une des grandes langues universelles qui doit être protégée, valorisée, pérennisée, par une législation forte que nous devons remettre à jour sans délai ». 

« Je suis fier de notre peuple qui n’a pas encore de pays, mais qui a tellement sa place à lui, sa place à part dans le monde. Je suis fier de notre culture riche, unique, qui se renouvelle ici et partout dans le monde. Je suis fier de notre langue française, de nos accents régionaux », a déclaré M. Gaudreault, ajoutant que seul le PQ est le défenseur inconditionnel du français.

Sylvain Gaudreault entend aussi s’attaquer aux inégalités sociales, donnant comme exemple l’espérance de vie qui atteint 85 ans à Westmount, mais 74 ans dans Hochelaga-Maisonneuve, et du taux de décrochage plus élevé dans le quartier Saint-Paul, à Chicoutimi, le quartier de son enfance, versus le quartier Notre-Dame, dans la même ville. 

« Ce n’est pas normal. Imaginez la relation chez les Autochtones, où les inégalités sont encore plus criantes. »

« Le Parti québécois que je souhaite diriger avec le soutien d’un caucus fort et d’un militantisme engagé sera une formation politique qui va lutter tous les jours pour un Québec plus juste. Ce sera un parti qui agira sans compromis pour le développement de toutes les régions. »

D’autres anciens députés du Parti québécois appuient Sylvain Gaudreault, mais ils ne pouvaient être présents lundi matin, soit Lucie Papineau, Denis Trottier, Gilles Chapados et Daniel Breton, a précisé le candidat à la chefferie.

Sylvain Gaudreault est actuellement le seul dans la course. Paul Saint-Pierre-Plamondon et l’historien Frédéric Bastien pourraient faire le saut également.