Les nouvelles mesures imposées en zone rouge rendent l’école Charles-Gravel très froide, selon l’un de ses élèves de secondaire 5, Félix Castonguay.
Les nouvelles mesures imposées en zone rouge rendent l’école Charles-Gravel très froide, selon l’un de ses élèves de secondaire 5, Félix Castonguay.

Charles-Gravel: des mesures qui briment le moral, selon un élève

Myriam Arsenault
Myriam Arsenault
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le cinquième secondaire de Félix Castonguay ne se passe pas du tout comme il l’avait imaginé. Les mesures imposées en raison du passage du Saguenay-Lac-Saint-Jean en zone rouge font de son école secondaire, Charles-Gravel, un milieu froid, lourd, ce qui est vraiment démotivant pour les étudiants. Il a partagé ses états d’âme dans une publication Facebook qui a été partagée par plus de 1 900 personnes en quelques jours.

Depuis sa rentrée, l’école est bien différente de celle qu’il appréciait. Il faut savoir que depuis peu, les nombres de cas de COVID à Charles-Gravel se multiplient, avec 21 cas confirmés au moment d’écrire ses lignes.

Puisqu’il est en secondaire 5, le jeune de Saint-David-de-Falardeau se rend à l’école un jour sur deux. Il passe un jour en classe et un jour à la maison. « Ces jours-ci, les mesures ont été renforcées. Lorsque tu entres dans l’école, tu vas chercher tes affaires à ta case et tu te rends à ta classe, sans parler à personne. C’est le masque en tout temps, le deux mètres avec tout le monde et tu dois toujours rester avec les mêmes personnes de ton groupe », explique-t-il, dans un entretien par visioconférence avec Le Quotidien. Il souligne que l’école n’est plus chaleureuse comme elle l’était et que les contacts avec les élèves des autres groupes ne sont pas permis.

Au début de l’année, la situation de la COVID-19 était plutôt sous contrôle, ce qui fait que les mesures étaient allégées. Les étudiants portaient le masque dans les aires communes et devaient respecter la distanciation avec les autres. Dans la classe, les élèves n’avaient nul besoin de le porter et ne se souciaient pas de la distanciation entre eux, puisqu’ils gardaient le même groupe-classe. Ils pouvaient également changer d’air en se rendant à l’extérieur lors des pauses sans masque.

La montée des cas de COVID dans la région a obligé l’établissement scolaire à imposer des mesures plus sévères. Si la situation n’était déjà pas parfaite, depuis lundi, elle est empirée, froide et démoralisante.

Il note la chance qu’il a d’avoir quelques amis proches dans son groupe-classe. Certains n’en ont pas et subissent de l’intimidation et du harcèlement par le fait d’être toujours avec leur intimidateur.

Le jeune a pris cette photo pour montrer que l’école n’est plus un endroit chaleureux, comme elle l’était auparavant.

« C’est sûr que la motivation, elle prend un bon coup, elle descend. On n’a plus rien pour s’accrocher à l’école, sans tout ce qui touche le parascolaire, les activités sur l’heure du midi, les pauses entre amis. Ce n’est pas facile pour tout le monde », laisse-t-il tomber. Félix s’inquiète des conséquences sur le décrochage scolaire, sur les notes et sur la motivation des étudiants.

Une publication virale

Félix a réalisé la froideur de son école quand il a eu à enlever les décorations d’Halloween au cours d’une journée, plus tôt dans la semaine. Les corridors vides, les élèves enfermés dans leurs classes, tout cela lui a fait un choc. Il a remarqué à ce moment à quel point l’ambiance de son école a complètement changé.

L’année de secondaire 5 est censée être la plus belle de tout étudiant. « On voit toujours les secondaires 5, dans n’importe quelle école, qui sont tous ensemble, qui parlent à tout le monde, qui sont impliqués dans divers projets. Il n’y a plus vraiment de discrimination à notre âge, tout le monde se tient ensemble. Mais nous, cette année, nous sommes tous séparés », continue l’élève.

Il a mis ses états d’âme sur Facebook, accompagné d’un cliché de son école complètement vide, mardi. En seulement trois jours, la publication a recueilli plus de 1 900 partages, aux quatre coins du Québec. Des parents, des enseignants et d’autres élèves s’inquiètent également de la situation.

Solution proposée

Selon lui, si on veut améliorer la situation il faut laisser le choix à l’élève. Il admet que plusieurs préfèrent travailler de la maison, d’autres sont motivés par le moitié-moitié et que pour certains, la maison n’est pas un lieu adéquat pour y étudier calmement. Il croit que ça devrait être un choix de l’élève.

« Plusieurs préfèrent rester à la maison que dans une école où il n’y a pas de plaisir », continue-t-il. Cela aiderait à diminuer le nombre de personnes en classe et ainsi, peut-être, les mesures imposées.

Félix Castonguay, de Saint-David-de-Falardeau, a partagé ses états d’âmes sur les réseaux sociaux concernant la froideur de son école et a récolté plus de 1 900 partages en trois jours.

En plus, ces temps-ci, où les cas de COVID montent en flèche dans la région. Des jeunes craignent de plus en plus de l’attraper. Pour Félix, ce n’est pas stressant de l’attraper, mais plutôt de l’avoir sans le savoir et d’infecter d’autres personnes.

Jusqu’à ce que la situation revienne à la normale, Félix encourage les autres étudiants à tenir bon. « Il faut respecter ces consignes-là si on veut s’en sortir. C’est important de ne pas lâcher, ce n’est pas facile, mais il ne faut pas lâcher », complète-t-il.