Chantale Cyr

Chantale Cyr était «très directive»

Un troisième membre de la direction de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay est venu dénoncer le côté « très directif et peu ouvert aux opinions des autres » de l’ancienne directrice générale, Chantale Cyr.

Les audiences dans le dossier de Mme Cyr, qui accuse la présidente du conseil des commissaires, Liz Gagné, de l’avoir harcelée psychologiquement, et qui conteste son congédiement, se sont poursuivies jeudi sous la présidence du juge Guy Roy, du Tribunal administratif du travail du Québec.

Le témoignage de Josée Gaudreault, qui était directrice des services éducatifs à l’automne 2016, a ressemblé à ceux de Ginette Tremblay et de Christine Gagné, voulant que Chantale Cyr dirigeait à sa façon, sans nécessairement écouter les autres. « Lorsque je suis revenue à mon poste de directrice des services éducatifs (elle a assumé l’intérim de la direction générale adjointe à la fin de l’année scolaire de 2016), je l’ai trouvée assez directive. Ce n’était jamais évident pour moi. Elle n’était pas très ouverte à accueillir les opinions autres que les siennes », a lancé Mme Gaudreault.

« J’ai senti rapidement que le courant ne passait pas entre nous. Elle ne tenait pas compte des agendas du personnel et il fallait répondre immédiatement à ses demandes, même si nous avions besoin d’un peu de temps pour trouver des réponses », poursuit-elle.

Josée Gaudreault a abordé l’épisode où la directrice générale avait des choses à lui reprocher, même si les deux femmes ne travaillaient ensemble que depuis quelques semaines.

« Elle m’a convoquée pour une rencontre disciplinaire en septembre 2016. Elle me reprochait d’avoir fait des commentaires sur ses décisions, des propos qui lui avaient été rapportés, mais que je n’ai pas tenus. Elle a aussi dit que j’avais contesté ses décisions, ce qui n’était pas le cas, et que j’aurais commis un impair auprès d’un partenaire. Et elle me reprochait mon manque de coopération », a poursuivi Mme Gaudreault, en réponse aux questions Me Jean-Claude Girard, de la CS des Rives-du-Saguenay.

« J’étais sous le choc. J’ai gelé et je n’ai pas pu rien lui dire. Quelques jours après, j’ai tenté de m’expliquer, mais elle m’a dit que ça ne changerait rien au contenu de la lettre qu’elle me préparait. Elle m’a dit de prendre un congé à la maison pour réfléchir à notre collaboration future. Je n’en revenais pas », a commenté l’employée maintenant à la retraite.

La fin

La situation difficile entre Josée Gaudreault et Chantale Cyr a connu son apogée le 3 novembre lorsque la directrice générale l’a convoquée à une rencontre.

« Elle m’a dit qu’elle avait tout ce qu’il lui fallait pour imposer des mesures disciplinaires, mais qu’elle ne voulait pas m’écorcher. Elle m’a donc réaffectée comme directrice d’une école primaire. Je lui ai dit que je ne l’acceptais pas. Pour moi, c’était comme un congédiement. »

Quelques jours plus tard, Josée Gaudreault a entrepris, avec l’Association québécoise des cadres scolaires, les démarches pour quitter l’organisation.

Interrogée par Me Éric Lebel (pour Chantale Cyr) sur cette entente, Mme Gaudreault a confirmé avoir reçu une année de salaire (115 244 $) pour quitter l’organisation et ensuite se retrouver à la retraite.

« Il est vrai que j’ai demandé à négocier une entente pour partir, car il n’était pas question pour moi de travailler à nouveau avec Chantale Cyr. Il n’a jamais été question de congédiement, mais on ne pouvait me dire de quitter mes fonctions pour occuper une autre tâche. C’était l’équivalent d’un congédiement pour moi », a-t-elle ajouté.

Me Lebel a aussi tenté de mettre en doute la crédibilité du témoin en lui demandant si elle avait vraiment été directrice générale par intérim de mai à juin 2016 ou si c’était ce qu’elle pensait.

« J’étais seule à la direction générale. J’ai cru que j’occupais le poste. On avait augmenté mon salaire. Il est possible que cette hausse était due à un cumul des fonctions. »

Questionnée à savoir si son leadership avait été remis en question par les commissaires, Mme Gaudreault a plutôt mentionné ne pas être à l’aise avec la demande des élus.

« Les commissaires étaient insatisfaits du fait que je n’avais pas réglé le dossier de rétrogradation d’un cadre. Je ne voulais pas le faire, car je devais avoir un suivi avec elle. Je trouvais ça inapproprié », indique-t-elle.