Nathan Chagnon veut introduire de nouvelles essences dans les pratiques des entreprises forestières.

Changements climatiques: introduire des essences de bois nobles

Nathan Chagnon voit une opportunité dans les changements climatiques. Le fondateur de La Borinière et l’instigateur de La Forêt Nornoix désire modifier les habitudes des entreprises forestières en les incitant à planter des essences de bois nobles qui deviendront adaptées au climat du Saguenay dans les prochaines années.

L’horticulteur de formation croit que le rythme des changements climatiques est plus rapide que celui de la migration naturelle des arbres. Il veut introduire « artificiellement » d’autres essences, principalement celles qui produisent des noix, pour que les entreprises forestières régionales puissent se lancer dans de nouveaux créneaux.

Ici, la nature a besoin d’un petit coup de pouce, selon Nathan Chagnon. « Le Saguenay est entouré de montagnes. C’est une barrière naturelle. Ça nous protège des maladies, mais ça retarde aussi l’entrée de nouvelles essences, et ça peut même l’empêcher carrément. Ça peut nous empêcher de nous adapter », explique-t-il, rencontré sur les terres de la ferme agroforestière Les Vallons de Chambreule, où il fait pousser quelque 3000 arbres.

Parmi les essences que Nathan Chagnon rêve d’introduire dans la région, on note le noyer, le caryer et plusieurs variétés de chêne. Selon lui, les arbres à noix auront un brillant avenir.

Il voit un grand potentiel dans les terres du Saguenay. Leur prix est souvent moins élevé que dans le sud du Québec, et plusieurs des entreprises agricoles régionales possèdent une expertise dans le domaine forestier.

Bons résultats

Si son entreprise est encore en démarrage, Nathan Chagnon obtient déjà de bons résultats. « On a des exemples que ça fonctionne et on veut amener plus de gens à le faire, lance le Saguenéen d’adoption. Aujourd’hui, on plante des noyers, même si ce n’est pas le climat optimal, et ils survivent très bien. »

Les noyers japonais démontrent une bonne capacité d’adaptation au climat régional.

Il pointe un noyer japonais planté il y a 22 ans sur le chemin de la Batture, à La Baie, pour démontrer que son plan d’affaires peut fonctionner et que ces arbres peuvent arriver à maturité.

« Il a survécu à de grands froids, des moins 40 (degrés Celsius). Il est encore là, en santé. »

haut de gamme

Si les arbres qu’il cultive peuvent être achetés pour leur noix, Nathan Chagnon voit un grand potentiel dans le bois qui peut en être récolté.

« Ils sont tous très beaux. Ce sont des bois très durs. Le noyer noir porte très bien son nom. Il est magnifique. Les bois en général ont une bonne capacité de résistance. On peut en utiliser certains pour faire des instruments de musique, des guitares, par exemple. C’est un bois de très haute qualité, haut de gamme », précise-t-il, à propos des utilisations potentielles de ce produit de la forêt.

Les noix, elles, sont un moyen de se diversifier. « Une entreprise qui fait pousser mes arbres, ça peut prendre, 40, 50 ou 60 ans avant qu’ils deviennent matures. Les fruits sont une autre source de revenus », reconnaît-il.

S’il reçoit de bons commentaires des gens à qui il explique son projet, Nathan Chagnon a encore du pain sur la planche avant de changer les mentalités.

C’est la ferme Les Vallons de Chambreule, à La Baie, qui accueille l’entreprise de Nathan Chagnon.

« La plupart du temps, on va me demander s’il y a des subventions. La foresterie est faite comme ça. Dans ce cas-ci, le gouvernement n’est pas encore prêt à embarquer dans le projet. C’est à titre expérimental pour eux », explique-t-il, avant d’ajouter que cette idée nouvelle suscite la curiosité.

Nathan Chagnon est en discussion avec des partenaires pour mener son entreprise plus loin. Il espère pouvoir compter prochainement sur des entreprises avec qui collaborer.