Une vingtaine de chauffeurs d’autobus et d’usagers se sont déplacés à l’assemblée générale annuelle de la STS, tenue jeudi à La Pulperie de Chicoutimi.

Changements à la STS: «C'est un échec»

La refonte du réseau de transport en commun de Saguenay continue de susciter du mécontentement. Une vingtaine d’usagers et de chauffeurs d’autobus ont dénoncé les récents changements adoptés par la Société de transport du Saguenay (STS), jeudi, lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisation.

« Les bus sont vides. C’est un échec. Il y a des circuits qui sont bons, mais il y a clairement des choses qui ne marchent pas. On voit bien que l’achalandage a baissé dans nos bus. La clientèle n’y est pas et je les comprends. On s’en va dans un mur », a commenté un chauffeur d’autobus de la STS, qui tenait à s’adresser au conseil d’administration.

Ce dernier fait principalement référence au nouveau projet Accès libre, mis en place en avril. Une nouvelle ligne a été créée pour favoriser les déplacements sur le boulevard Talbot et à l’université. Le problème, selon les chauffeurs d’autobus présents, est que des circuits ont été délaissés au profit de cet axe. 

« Il y a quelque temps à peine, j’avais des autobus pleins entre Jonquière et Chicoutimi, mais maintenant, c’est souvent vide. C’est normal, car les arrêts sont plus loin. Les gens doivent plus marcher qu’avant. Mais en même temps, les autobus qui vont à l’université sont aussi vides. L’école est finie, je comprends. Mais c’était comme ça au début du projet », ajoute le chauffeur d’autobus, qui préférait que son identité ne soit pas divulguée dans le journal.

Une dizaine d’usagers ont aussi tenu à présenter leurs doléances au conseil d’administration.

« On voit des affiches disant que vous améliorez la société. Mais ma vie à moi n’a pas été améliorée avec vos changements. Je dois marcher plus longtemps. Heureusement, j’ai de bonnes jambes. Mais je pense aux autres qui n’ont pas cette chance », a exprimé la jeune femme. 

Une autre dame a déposé une pétition de quelques dizaines de noms pour encourager la STS à remettre les anciens circuits en place. Cette dernière, comme d’autres, a de la difficulté à s’adapter à ces changements. 

« Les usagers du transport en commun, ce sont souvent des gens qui ne peuvent pas conduire pour toute sorte de raison, soit des problèmes de santé physique, mais aussi de santé mentale. C’est donc difficile pour eux d’apprendre de nouveaux circuits ou de marcher davantage », a ajouté la jeune femme, venant à la défense d’une autre usager. 

Le conseil d’administration, composé des conseillers municipaux Marc Pettersen, Jean-Marc Crevier, Michel Tremblay, Carl Dufour et Martin Harvey et des représentantes des usagers, Martine Lafond et Lina Tremblay, ont assuré aux chauffeurs et aux clients qu’ils allaient considérer leurs plaintes. Des circuits améliorés, notamment dans le secteur du boulevard Barrette, seraient sur la planche à dessin, ont répondu les administrateurs. 

La direction générale a tenu à rappeler que plusieurs changements ont eu des effets positifs sur le réseau. 

« Quand il y a des changements, c’est très difficile. Les gens sont habitués, ils connaissent leur circuit. C’est pour ça qu’il y a eu beaucoup de critiques. Ça bouscule les choses. Dans notre organisation, on voit l’ensemble de l’oeuvre, on a parlé avec plusieurs clientèles. Il y a aussi des choses positives qui n’apparaissent pas sur les réseaux sociaux ou dans les journaux. Nous on les entend. En général, avec notre nouveau réseau, on pense qu’on a de bonnes choses », plaide Jean-Luc Roberge, directeur général de la STS.

Une vingtaine de chauffeurs d’autobus et d’usagers se sont déplacés à l’assemblée générale annuelle de la STS, tenue jeudi à La Pulperie de Chicoutimi.

Baisse de clients, hausse du budget

Le transport en commun régulier n’a jamais été si peu populaire à Saguenay. La Société de transport enregistre son plus bas taux d’achalandage avec 3 805 544 déplacements en 2017. La société a déjà compté un achalandage dépassant les 5 500 000 déplacements. Le budget a cependant augmenté pour atteindre un nouveau seuil de 25 millions $ en 2017, ce qui représente une hausse de près de 2 millions $ en un an.

Le conseil d’administration de la STS, sur lequel siège le tiers des conseillers municipaux de Saguenay, a présenté, jeudi en assemblée générale, les états financiers de la dernière année.

Malgré des résultats désastreux en matière d’achalandage, les dirigeants de l’organisation ont bon espoir d’une remontée en 2019. Plusieurs investissements effectués, dont la nouvelle carte à puce et le projet Accès libre pour les étudiants universitaires, devraient améliorer le taux d’occupation des autobus de la ville. 

« On a fait des changements, mais ça prend du temps avant de voir des résultats concrets. C’est normal. Mais on s’attend à une augmentation en 2019, notamment avec les étudiants », précise le directeur général, Jean-Luc Roberge. 

En effet, les étudiants auront droit à un accès illimité aux différents circuits dès cet automne, et ce, seulement pour 40 $ par session. « Ça représente 6000 usagers potentiels », illustre Luc Lalancette, directeur des Finances et ressources matérielles. 

Quant à la baisse constante de l’achalandage, la direction pointe notamment la fin du transport scolaire. En effet, la STS a perdu un contrat de transport qu’elle avait avec la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay au profit d’Intercar, mais ce changement ne peut expliquer seul cette baisse. 

Quant au transport adapté, l’achalandage est demeuré relativement stable, passant de 203 461 déplacements de personne à 199 827. Il s’agit d’un service qui a connu une constante augmentation au cours des 10 dernières années, contrairement au transport régulier. En 2007, on comptait 141 024 déplacements.