Les agricultrices africaines ont pu participer à la confection de fromage, mercredi.

Changement d'univers pour 14 agricultrices africaines

Une grande expérience. C'est ce que vivent 14 agricultrices africaines venues dans la région pour en apprendre davantage sur les manières de faire québécoises.
«C'est comme si on avait changé d'univers. On a la chance de voir des choses qui vont bien ici, de les ramener chez nous et de faire profiter les autres, affirme la Sénégalaise Khadija Malle, une productrice de volaille. On apprécie beaucoup. On est en train d'apprendre énormément.»
Mme Malle envisage même de changer sa production, une fois de retour au Sénégal. «On a visité une ferme où l'on se sert des poules pour les oeufs et non la viande. Ça demande moins d'employés et c'est plus rentable. Je vais retourner avec plein d'idées nouvelles. Après avoir visité ici, je pense que ce serait mieux pour moi de passer à la production d'oeufs.»
La délégation africaine est de passage grâce à l'UPA-Développement international. Le thème du stage cette année est «Femmes en agriculture, au sein de leurs organisations et de leurs entreprises». Les femmes originaires du Bénin, du Mali et du Sénégal sont arrivées le 9 novembre. Elles passeront les deux premières semaines au Saguenay-Lac-Saint-Jean. La semaine prochaine, elles seront d'ailleurs toutes jumelées à une agricultrice d'ici qui leur expliquera, pendant sept jours, la vie à la ferme saguenéenne ou jeannoise. Durant la troisième semaine, elles participeront au congrès de l'UPA.
«On vit vraiment une grande expérience! On gagne beaucoup: la complémentarité, l'entraide et le partage sont des valeurs qui sont très présentes ici. Je repartirai avec plein de nouvelles connaissances: le pouvoir, le savoir et le vouloir», affirme Annie Atome Lambal, productrice maraîchère au Sénégal.
La délégation visite surtout des endroits où des femmes sont propriétaires ou copropriétaires. Par exemple, lors du passage du Quotidien, mercredi, à Normandin, elles étaient à la Bergerie du Nord, propriété de Julie Trottier. Plus tôt, elles avaient visité la Ferme 3J et le Musée du cheddar.
«Ce que je trouve le plus magnifique dans les endroits que l'on visite, c'est que l'agriculture est vraiment familiale. L'homme et la femme sont souvent impliqués. Cette synergie m'impressionne. C'est certain que je vais avoir plein de choses à raconter à mon retour», affirme Sibylle Lanlokou, du Bénin.
Des agriculteurs et agricultrices de la région se rendront en Afrique dans les prochains mois pour partager leurs connaissances et aider à la progression du syndicalisme agricole au Bénin, au Sénégal et au Mali.