Le budget du ministre des Finances Carlos Leitão prévoit près de 4 milliards $ en nouvelles dépenses.

Certains souhaits n'ont pas été exaucés

(Laura Lévesque) – Malgré l’ambitieux Plan des infrastructures, « le plus important dans l’histoire du Québec », les souhaits des élus du Saguenay-Lac-Saint-Jean ne sont pas tous exaucés.

Seulement deux des quatre priorités ciblées par les préfets et la mairesse de Saguenay font partie du budget 2018.

Attendu depuis plusieurs années, l’achèvement de l’autoroute Alma–La Baie figure au tableau des projets à l’étude. Mais le projet, qui se trouvait aussi dans le budget 2017, n’a pas franchi de nouvelles étapes.

La demande de prolongation du réseau de gaz naturel de Saguenay à Dolbeau-Mistassini a trouvé écho à Québec. Le gouvernement a confirmé une enveloppe de 2,2 millions $ pour la réalisation d’une étude concernant le potentiel du réseau gazier au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

En ce qui concerne l’implantation d’une voie ferroviaire reliant Chibougamau à Port-Saguenay, également réclamée par les élus et le milieu, aucune somme n’a été réservée en ce sens. Le projet n’est même pas l’étude, que ce soit dans le Plan Nord ou dans le Plan des infrastructures.

Exigés par les préfets et la mairesse Josée Néron, les programmes pour faciliter l’accès à la téléphonie cellulaire et à Internet haute vitesse font toujours partie des plans du gouvernement libéral.

En rencontre avec le premier ministre Philippe Couillard, les préfets André Paradis, Gérald Savard, Luc Simard, Lucien Boivin et la mairesse Josée Néron avaient ciblé ces quatre priorités pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le gouvernement Couillard déploiera pour 3,7 milliards $ de nouvelles mesures en cette année électorale.

+ Ce qu’ils ont dit...

(Propos recueillis par Denis Villeneuve)

« Il s’agit d’un budget électoraliste qui pousse le cynisme à un niveau inégalé. Le cycle électoral libéral passe par trois ou quatre années d’austérité, une année de bonbons et trois années de déficits qui seront annoncés après l’élection. Le gouvernement se pète les bretelles avec des mesures pour réduire les coûts du billet dans le transport aérien. Ils proposent une aide de 30 % sur le coût des billets jusqu’à un maximum de 500 $ par année. Pour les gens d’affaires qui déboursent 1000 $ pour un billet, ça signifie 300 $. Il ne reste plus que 200 $ pour un autre billet. Il s’agit en réalité d’une subvention pour Air Canada. Ça ne règle rien pour les besoins des régions. »

« Le gouvernement a annoncé une enveloppe de 36,5 M$ pour la réalisation de projets de distribution du gaz naturel en Montérégie, en Estrie et en Chaudières-Apalaches, mais pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, on doit se contenter d’une étude. »

– Sylvain Gaudreault, député de Jonquière

« Saguenay entend profiter des sommes annoncés dans le cadre du programme d’aide pour les dessertes aériennes régionales. Promotion Saguenay dispose de 3 M$ dans ses coffres provenant de la taxe sur les départs et atterrissages à Bagotville. On espère appliquer ce programme dès mardi prochain. On est satisfaits que Québec ajoute 250 M$ pour l’entretien des réseaux routiers locaux qui semblent être de l’argent frais. Pour ce qui est du 250 M$ offert pour l’acquisition d’une première propriété, à l’ERD, ont avait promis une telle mesure pour l’achat dans un quartier existant. On va tenter de jumeler ça avec le programme qu’on veut mettre de l’avant. On espère bénéficier des 13 M$ offerts pour des études dans les zones industrialo-portuaires puisqu’il manque l’eau, l’électricité et le gaz à Grande-Anse. Pour nous, ça va faire un gros fardeau. »

– Michel Potvin, conseiller municipal à Saguenay

« Le budget présenté par Carlos Leitao était assez prévisible. Il est intrigant de voir que pendant quatre ans, le gouvernement a fait des surplus sur le dos du monde et des travailleurs de l’État. Quand on voit le nombre de burn-out et de cas d’épuisement professionnel dans le réseau de la santé, il s’est ramassé un gros butin électoral. Les gens ne sont pas dupes de ce qui s’est passé. Il y a eu des impacts, au niveau des services sociaux et à la santé, dus à la centralisation à la méthode Barrette. Les gens vont s’en rappeler. »

– Manon Massé, co-porte-parole de Québec Solidaire

« Pour moi, il s’agit d’un budget mi-figue, mi-raisin. À part ce qui avait été annoncé en décembre dernier dans le plan de lutte à la pauvreté, il n’y a pas grand-chose. Il y aura de l’aide pour le répit de parents ayant des enfants handicapés jusqu’à 900 $ par année, mais ce n’est pas grand-chose. Quand on regarde les hausses de cotisations de toutes sortes, on se dit que ça va bien paraître, mais dans le concret, il n’y a rien. On considère intéressantes les réductions fiscales accordées aux entreprises pour compenser la hausse du salaire minimum. » 

– Sylvain Bergeron, coordonnateur de l’A.S.T.U.S.E.

«On apprécie que les investissements consacrés à la réalisation de ces 3000 logements passent de 255 à 273 millions $, mais on craint que cela ne suffise pas pour répondre aux besoins en la matière. Le programme AccèsLogis n’est plus adapté à la réalité. Le gouvernement a ajouté 38,8 millions $ en décembre 2017 pour assurer la livraison de milliers de logements sociaux déjà programmés et dans ce présent budget, il ajoute 31 millions $ additionnels. C’est tout dire, n’est-ce pas ? »

– Sonia Côté, coordonnatrice de Loge m'entraide