Centre multisport: l'ancien architecte veut contester la compensation qu’il a reçue

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Le changement de stratégie quant à l’élaboration du projet du centre multisport de Jonquière pourrait causer des ennuis à Saguenay, alors que l’architecte qui avait été initialement embauché n’est pas satisfait de la compensation reçue et veut présenter la cause devant les tribunaux.

Après la résiliation du contrat, Saguenay a payé la somme de 51 000 $ à la firme St-Gelais Montminy en compensation. De son côté, le bureau d’architecte réclame une compensation de 269 000 $ pour les travaux qui avaient été faits avant la résiliation du contrat.

Le conflit a débuté l’année dernière, quand Saguenay a changé ses plans relatifs à la construction du centre multisport de Jonquière. « L’année dernière, quand le projet a débuté, la Ville voulait faire ça de façon traditionnelle, donc en embauchant un architecte et un ingénieur pour préparer des plans et ensuite faire l’appel d’offres pour recevoir des soumissions, mais les élus ont finalement décidé d’y aller avec un projet clé en main. De cette façon, il va y avoir des paramètres établis et la Ville va faire l’appel d’offres et ceux qui vont miser vont présenter leur projet », a expliqué le conseiller aux communications et aux relations médias du cabinet de la mairesse, Stéphane Bégin.

La Ville, selon la Loi des cités et villes, peut résilier les contrats en cours de route. La condition, c’est de compenser l’ingénieur et l’architecte pour les travaux faits jusque là. « C’est ce qui a été fait dans les deux cas, mais l’architecte n’est pas d’accord. Il conteste le montant octroyé et veut aller en cours. Jeudi matin, lors du conseil exécutif, les membres ont voté pour octroyer le contrat à un avocat pour représenter la Ville dans ce dossier », a précisé M. Bégin, tout en assurant que « ça ne remet pas en question la construction du centre multisport ».

Le contrat a été octroyé au bâtonnier de la région, l’avocat Marcel-Olivier Nadeau, qui est également l’ancien président de l’Équipe du renouveau démocratique (ERD), parti politique de la mairesse Josée Néron. La Ville a cependant assuré qu’il n’y avait pas de conflit d’intérêt ni de favoritisme dans la sélection.

« Il n’est plus dans le conseil d’administration de l’ERD. De plus, quand la Ville accorde des contrats à des firmes d’avocats, c’est à tour de rôle et c’était maintenant celui de la firme Robinson Sheppard Shapiro, pour laquelle travaille M. Nadeau », a assuré M. Bégin.