Malgré la possibilité de pouvoir toucher les deux subventions, la mairesse Josée Néron préfère y aller de prudence pour ne pas perdre la subvention déjà annoncée de 7,5 millions $ pour le centre multisport.
Malgré la possibilité de pouvoir toucher les deux subventions, la mairesse Josée Néron préfère y aller de prudence pour ne pas perdre la subvention déjà annoncée de 7,5 millions $ pour le centre multisport.

Centre multisport et amphithéâtre: jusqu’à 40 M $ accessibles, mais des bémols

Mélanie Côté
Mélanie Côté
Le Quotidien
Saguenay pourrait avoir accès à des subventions atteignant jusqu’à 40 millions $ pour ses deux projets d’envergure, soit le centre multisport de Jonquière et l’amphithéâtre de Chicoutimi. Cependant, à la lumière des informations colligées par Le Progrès, deux bémols viennent compliquer les choses. La Ville a déjà obtenu 7,5 millions $ de la part de Québec pour le centre multisport et une clause touchant les Saguenéens de Chicoutimi pourrait empêcher l’obtention de la subvention dans le dossier du nouvel aréna.

Le Programme d’aide financière aux infrastructures récréatives et sportives (PAFIRS) s’inscrit dans le cadre du Programme d’infrastructure Investir dans le Canada, mis sur pied par Ottawa, et pour lequel une entente bilatérale a été créée avec le gouvernement du Québec. L’aide financière octroyée ne peut excéder 66 % du coût maximal admissible, jusqu’à un maximum de 20 millions $ par projet. Au Québec, le programme est mené par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur.

Dans le cas de l’amphithéâtre, selon la clause 9.4 du programme, « une infrastructure sportive professionnelle ou semi-professionnelle qui est principalement une opération commerciale (ex. : ligues de hockey junior majeur) » est non admissible, peut-on lire dans le programme. Comme les Saguenéens de Chicoutimi évolueraient dans le nouvel amphithéâtre, Saguenay ne répond donc pas à tous les critères, mais la Ville a l’appui de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) dans ce dossier. C’est pourquoi elle a tout de même décidé d’aller de l’avant avec ce programme. La mairesse de Saguenay, Josée Néron, croit que les choses vont se régler à l’avantage de la Ville.

« Les dirigeants de la LHJMQ travaillent actuellement à faire modifier la règle étant donné qu’il s’agit plutôt d’un circuit de hockey étudiants-athlètes dont il est question dans notre projet. Le gouvernement du Québec, par le biais du ministère du Travail, a d’ailleurs reconnu ce statut d’étudiants athlètes. Nous demeurons en contact avec le bureau de la ministre Andrée Laforest pour le suivi du dossier », a-t-elle déclaré au Progrès.

Le directeur des communications de la LHJMQ, Maxime Blouin, confirme que la ligue fait des représentations auprès du gouvernement pour faire changer cette clause, prétendant, comme la mairesse, que les joueurs sont considérés comme des athlètes étudiants.

« On fait des démarches de ce côté-là pour que le programme d’infrastructures soit en lien avec la loi 176 qui considère nos joueurs comme des athlètes-étudiants et non comme des professionnels, comme c’est écrit dans le programme. On pense qu’il est peut-être mal défini comme il est écrit en ce moment. Ce n’est pas au niveau du provincial, c’est au niveau du fédéral », explique M. Blouin, confirmant qu’il s’agit d’une priorité de la ligue d’avoir des arénas répondant à de nouveaux critères. Parmi ceux-ci, notons les bandes Flex, les bancs des joueurs du même côté de la glace et une mise aux normes de l’éclairage.

La LHJMQ fait des représentations auprès du gouvernement pour que le projet d’amphithéâtre soit accessible à une subvention dans le cadre du PAFIRS.

Centre multisport

Mercredi, lors d’une rencontre entre la Commission des sports et les représentants du club de soccer Le Venturi, l’idée de soumettre une demande pour le programme a été soulevée. Cependant, le fait que la Ville ait déjà une promesse de 7,5 millions $ de la part de Québec a fait craindre à certains élus que Saguenay puisse perdre les deux montants.

Selon différentes sources, il a été déterminé que la Ville préférait pousser pour l’amphithéâtre, malgré la clause. Cette décision ne ferait pas l’unanimité autour de la table du conseil.

Questionné à ce sujet, Jérémie Couture, analyste pour les programmes de subventions au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (direction des infrastructures, des événements et de la gestion financière du loisir et du sport), a confirmé que la Ville peut déposer plus d’une demande pour un même programme et que deux projets pourraient être retenus.

« C’est sûr qu’on s’attend à avoir beaucoup de demandes, beaucoup plus que l’enveloppe disponible. Il y a aussi une certaine répartition régionale qui se fait, mais rien n’empêche deux projets d’une même ville d’être retenus. Ça dépend de l’ampleur des projets, mais techniquement, rien ne l’empêche », a répondu M. Couture au Progrès.

Malgré la possibilité de pouvoir toucher les deux subventions, Mme Néron préfère y aller de prudence pour ne pas perdre la subvention déjà annoncée de 7,5 millions $.

« Dans le cas du centre multisport, nous avons déjà obtenu une subvention en 2018. De prendre la chance de laisser aller cette subvention pour s’inscrire à un autre programme entraînera des délais importants et supplémentaires. En outre, rien ne garantit que le projet se qualifiera pour la nouvelle demande de subvention, surtout après avoir rejeté la subvention octroyée de 7,5 millions $.

« Ce que j’entends autour de la table, c’est la volonté de Jean-Marc Crevier, de Michel Thiffault (président de la Commission des sports) et la mienne de voir cette infrastructure commencer à se construire d’ici 2021. Il faut travailler avec ce que nous avons déjà en main. Relevons-nous les manches et assurons un montage financier afin de permettre aux citoyens de Saguenay d’offrir un endroit adéquat pour que nos jeunes et nos moins jeunes puissent pratiquer leur sport, tel que le soccer, le baseball et le football. Je crois que nous devons suivre notre projet actuel et le montage financier qui a été préparé. Il faut être conséquents et aller de l’avant. Ce dossier a déjà assez traîné », conclut Mme Néron.