Joan Simard a plusieurs documents pour appuyer ses propos et elle travaille sur ce projet depuis plusieurs semaines.

Centre Georges-Vézina et zone ferroviaire: deux scénarios analysés

Un projet d’aménagement sans grands artifices de la zone ferroviaire de Chicoutimi jumelé à la rénovation des deux autogares et de l’actuel Centre Georges-Vézina coûterait 61,5 millions en argent sonnant aux contribuables de Saguenay. Si la Ville opte pour un scénario moins dispendieux, comme la mise aux normes obligatoire du Centre Georges-Vézina et l’aménagement d’un stationnement sur la zone ferroviaire, la facture s’élèverait à 46,6 millions.

Ces montants ont été calculés par la citoyenne, ex-conseillère municipale et ancienne attachée politique du ministre Jean-Pierre Blackburn, Joan Simard. La dame a tenu compte des subventions auxquelles la Ville aurait droit et s’est chargée de discuter avec la majorité des acteurs impliqués dans le projet afin de cibler leurs besoins. Un travail qui lui a demandé énormément d’heures de recherche et de travail et qu’elle dévoilera bientôt publiquement, accompagnée de partenaires.

Joan Simard a été interpellée par la consultation publique lancée en ligne par Saguenay sur l’avenir de la zone ferroviaire de l’arrondissement de Chicoutimi. Elle avait aussi été intéressée par le projet de construction d’un nouvel amphithéâtre à cet endroit et annoncé par la mairesse Josée Néron. Le projet a toutefois été mis sur la glace ensuite, Saguenay préférant consulter ses citoyens.

Estimant que les informations relatives aux différentes options envisageables étaient plutôt nébuleuses, Joan Simard a commencé à travailler sur le portrait de la situation, à temps perdu. Un temps perdu qui s’est rapidement transformé en tâche presque à temps plein.

Détentrice d’une maîtrise en administration publique, d’un baccalauréat en développement régional et ayant une expérience en politique municipale et fédérale (en tant qu’attachée de l’ex-ministre Jean-Pierre Blackburn), Joan Simard s’y connaît en projets de développement, en subventions et en infrastructures. «Je me posais des questions devant ce projet et je n’avais pas toutes les réponses. J’ai joué le rôle de citoyenne partenaire, je n’avais aucun autre intérêt que de répondre aux questions que les gens se posent», a expliqué Joan Simard.

Une consultation publique a été lancée en ligne par Saguenay sur l’avenir de la zone ferroviaire de l’arrondissement de Chicoutimi.

Deux scénarios

La dame a étudié deux scénarios. Le premier englobe la rénovation du Centre Georges-Vézina et des deux autogares (rues du Havre et de l’Hôtel-Dieu), ainsi que l’aménagement de la zone ferroviaire de Chicoutimi sans grande infrastructure (stationnement, aménagements verts, toilettes). Le deuxième scénario est le strict minimum que la Ville doit faire pour respecter les mises aux normes, soit la rénovation du Centre Georges-Vézina et le développement minimal de la zone ferroviaire (500 espaces de stationnements).

Joan Simard ne s’est pas attaquée au scénario qui impliquerait une construction neuve. «Pas pour le moment. On doit regarder ce qu’on peut faire avec ce qu’on a, en tenant compte de tous les besoins», a souligné Mme Simard, qui a eu des rencontres autant avec les acteurs du domaine culturel, tels que Diffusion Saguenay et Robert Hakim, que ceux du sport, comme la Ligue de hockey junior majeure du Québec, le hockey mineur et les clubs de patinage de vitesse, pour ne nommer que ceux-là. Mme Simard s’est également entretenue avec les conseillers municipaux de Saguenay.

«J’ai une bonne notion de la mécanique politique, je connais le système des subventions auxquelles une municipalité a droit. C’est donc avec mes informations et avec l’aide de personnes que j’ai fait mes calculs. Par exemple, pour rénover les deux autogares, les coûts estimés sont de 28 millions $ et aucun gouvernement ne subventionne ce genre de choses, puisqu’il s’agit de maintenance. Mais en discutant avec les commerçants, on apprend que ces stationnements en étages sont nécessaires et primordiaux. Si on décide d’aménager seulement un stationnement de 500 espaces sur la zone ferroviaire, on parle d’un montant de 20 millions $. Encore une fois, les gouvernements ne subventionneront pas des stationnements», note-t-elle.

Du côté du Centre Georges-Vézina, les coûts estimés pour la mise aux normes et la rénovation par le Service des immeubles sont de 28 millions $, avec possibilité de subventions de 14 millions $. Il faut aussi calculer la relocalisation des équipes sportives durant les travaux. «J’ai fait mes devoirs et j’ai discuté avec toutes les personnes impliquées. Si la relocalisation est d’une durée d’un an, on parle d’un montant minimal d’un million», a expliqué Mme Simard.

Elle s’est aussi penchée sur le sort du pavillon de l’Agriculture, qui nécessite des travaux de réfection. La somme nécessaire s’élève à 4,3 millions $ et le gouvernement du Québec a déjà confirmé une subvention d’un million.

Joan Simard a laissé une copie de la liste de ses calculs et des subventions auxquelles Saguenay aurait droit pour les différents aspects des projets au Progrès. Elle arrive à un montant de 61,5 millions pour la première option et de 46,6 millions pour la seconde, en soustrayant les subventions. «Ce sont donc ces montants-là que les citoyens auront à payer, tout dépendant de l’option choisie. En recevant mon compte de taxes avec une augmentation de 12%, j’ai voulu savoir à quoi cet argent servirait et je veux que mon argent serve à quelque chose. Je me suis donc penchée sur la question. Je n’ai aucune raison de le faire, mis à part que je désirais jouer le rôle de citoyenne partenaire. Je ne désire pas me lancer en politique, je me disais simplement que la consultation s’adresse à tout le monde de la ville et que les gens n’avaient pas toutes les informations», a souligné Joan Simard.

Cette dernière prévoit une sortie publique, afin d’expliquer plus en profondeur sa démarche et ses conclusions. «Je dois encore parler à des gens, mais j’espère pouvoir organiser quelque chose la semaine prochaine, en compagnie de personnes d’influence», a ajouté Joan Simard.

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QUELQUES COMPARAISONS

Bien que Joan Simard ne se soit pas penchée sur le scénario de la construction d’un nouvel amphithéâtre, elle a toutefois comparé ce qui s’était fait ailleurs au Québec. Voici quelques-unes de ses comparaisons. 

Complexe sportif Desjardins de Rimouski

Deux glaces, deux piscines

Coût: 43 millions$

25,6 millions en subventions

Colisée de Moncton

Capacité de 10 000 spectateurs

Coût: 110 millions $

50 millions $ en subventions

Amphithéâtre Cogeco  de Trois-Rivières

Coût: 62,5 millions$

27 millions$ en subventions

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RÉPONSE TIMIDE À L'APPEL DE LA CONSULTATION

(LOUIS TREMBLAY) Les citoyens de Saguenay répondent timidement à l’appel de la Ville pour la consultation publique sur le projet de la zone ferroviaire et pour l’adoption d’un nouveau schéma d’aménagement qui encadrera le développement de la ville pour les 15 prochaines années.

Selon les chiffres transmis au Progrès par le conseiller municipal Simon-Olivier Côté, un peu plus de 45 000 personnes ont visité le site batissons.saguenay.ca depuis sa mise en ligne. Les citoyens sont invités à répondre à un sondage qui permettra d’établir la recevabilité des projets d’amélioration de la vaste zone ferroviaire située en bordure du boulevard du Saguenay.

De ce nombre, 1000 personnes ont franchi l’étape du sondage. Les conseillers municipaux Michel Tremblay et Simon-Olivier Côté avaient déclaré lors de l’annonce qu’ils souhaitaient obtenir au moins 3000 réponses au sondage pour avoir un éventail intéressant de critères.

La consultation Internet se poursuit jusqu’à vendredi. La Ville a aussi établi un calendrier de rencontres avec différents organismes ou groupes intéressés par le projet du centre-ville afin de mener une consultation de type focus group.

Toute la démarche aboutira en juin avec un appel général de projets.

Pour ce qui est du schéma d’aménagement, 350 personnes ont visité le site. Simon-Olivier Côté rappelle que l’adoption d’un schéma d’aménagement constitue une démarche très importante pour la municipalité.