Centre de vélo de montagne de Saint-Félicien: des bâtisseurs de sentiers

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Assis au volant de sa petite pelle mécanique, Damien Harvey gratte le sol pour enlever les branches, roches et autres obstacles. Un peu plus loin, d’autres employés sont à l’oeuvre avec des pics et des pelles pour effectuer le travail. « On travaille sur une piste d’initiation de 8 km, avec environ 3 km de nouveau sentier », dit-il. Cette piste a été financée en partie par Desjardins, à raison de 5000 $, pour développer et améliorer l’offre pour les débutants.

Outre ce sentier, près de 40 000 $ seront dépensés cet automne au Centre de vélo de montagne de Saint-Félicien pour entretenir et bonifier les pistes existantes et pour favoriser l’écoulement de l’eau, afin de réduire l’érosion.

Au fil du temps, l’aménagement de sentiers de vélo de montagne a bien changé, car les adeptes recherchent désormais des pistes « roulantes », plus larges, avec peu de roches ou de racines. Les pistes sont aussi agrémentées de plusieurs sauts et de virages brusques, appelés des burns dans le jargon. « Les constructeurs de sentiers ont acquis de nouvelles connaissances et on développe maintenant des pistes différentes que par le passé », note Martin Demers, président du Club Vélo2Max, qui gère le site en été depuis quelques années.

Martin Demers fait partie des pionniers qui ont développé le réseau de sentiers du Centre de vélo de montagne de Saint-Félicien, lequel compte aujourd’hui plus de 60 kilomètres de sentiers.

L’argent est le nerf de la guerre pour adapter, restaurer ou développer de nouveaux sentiers. Alors que plusieurs gros centres, à Québec notamment, profitent de subventions atteignant parfois le million de dollars, le Centre de vélo de montagne de Saint-Félicien doit travailler avec les sommes qu’elle dégage chaque année, avec la vente de billets et les événements, en plus de profiter de l’aide financière de la Ville, laquelle s’élève à 10 000 $ par an. « Dans la région, l’aide gouvernementale traîne un peu de la patte », estime Martin Demers.

Éric Maltais a laissé sa trace en tant que développeur de sentiers à Saint-Félicien.

Heureusement, l’achalandage a presque doublé, depuis deux ans, ce qui fait augmenter les sommes disponibles pour réinvestir dans les sentiers. « Le nombre de membres est passé de 150 en 2018 à 300 en 2020, et les revenus tirés des billets journaliers ont presque doublé aussi », soutient Martin Demers, qui estime l’augmentation des revenus à 30 000 $ cette année.

Malgré les sommes investies, le travail bénévole demeure important pour entretenir le réseau, alors que deux soirées de travail ont attiré une trentaine de bénévoles, cet été. D’autres journées de bénévolat seront à l’horaire cet automne.

Le début d’un réseau de 60 km

La construction de sentiers de vélo de montagne a commencé en 1993, se rappelle Martin Demers, qui a créé le Club Vélo2Max à la même époque. Les adeptes roulaient alors dans les pistes de ski de fond, mais ils voulaient créer de nouvelles pistes dédiées au vélo de montagne. Après avoir aménagé quelques petites sections, le groupe de bénévoles a fait une demande de financement au Programme de mise en valeur de la forêt de la MRC du Domaine-du-Roy, lequel permettait d’investir dans des projets grâce aux redevances forestières, rappelle Martin Demers. La Basse Amazone et le Sentier de la rivière ont alors été les deux premières pistes à voir le jour.

À partir de ce moment, le club a reçu des subventions presque chaque année, à raison de 20 000 à 30 000 $, pour lui permettre de développer le réseau de sentiers. « À l’époque, on développait des sentiers plus étroits, parce que c’était la tendance », soutient le pionnier.

Ce pont est le premier à avoir traversé la rivière à l’Ours.

Ces sommes ont permis d’embaucher des travailleurs efficaces, comme Éric Maltais et Jocelyn Lebel, qui ont laissé leur marque en tant que développeurs de sentiers à Saint-Félicien, notamment avec la construction de plusieurs sentiers singletrack qui font la renommée du centre.

Au fil du temps, le réseau de vélo de montagne est devenu un des plus importants au Québec, avec plus de 60 km de sentiers. Avec une main-d’oeuvre vieillissante pour construire et entretenir les sentiers, le Club Vélo2Max souhaite mettre sur pied un programme de découverte du travail d’aménagiste de sentiers afin de former la relève, et ce, dès l’an prochain.