Stantec met la main sur le fleuron régional Cegertec. La clôture de la transaction est prévue le 25 mai 2018.

Cegertec vendue à Stantec

La firme mondiale de conception Stantec, dont le siège social est situé à Edmonton, met la main sur le fleuron régional Cegertec. Une lettre d’intention a été signée alors que la clôture de la transaction est prévue le 25 mai 2018. Le président et fondateur de l’entreprise, Jeannot Harvey, qui travaille à ce dossier depuis plusieurs mois, assure qu’il s’agit d’une bonne nouvelle pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le bâtisseur du Groupe Ceger, créé en 1977, est convaincu qu’il s’agit d’un gain pour la firme de génie-conseil qui compte plus de 250 employés, dont la majorité au bureau de Chicoutimi, et pour l’ensemble de la région. 

Les dernières années ont été difficiles pour des entreprises d’ici. À l’instar de plusieurs autres, l’entreprise d’ingénierie établie au Saguenay depuis plus de 60 ans s’est retrouvée devant deux options, rester et mourir ou sortir de la région. « Je travaille pour la pérennité de l’entreprise. On devait trouver quelqu’un qui serait capable de nous amener en dehors de la région. Nous étions isolés. Depuis cinq ans, l’économie est loin d’être jolie. Rio Tinto, les minières et Résolu sont à terre. Tout le monde est à terre. On pourra aller plus loin que ce que j’étais capable de faire », précise-t-il. L’entreprise ne se retrouvait pas en difficulté financière. Toutefois, la croissance n’était plus au rendez-vous. C’est ce qui a motivé la vente.

Création d’emplois

Questionné quant à la disparition d’une autre institution régionale, Jeannot Harvey est catégorique : c’est tout le contraire. La vente à Stantec permettra d’amener l’expertise de Cegertec en dehors de la province et même aux États-Unis. M. Harvey s’attend à ce que des emplois soient créés au Saguenay-Lac-Saint-Jean à la suite de la transaction majeure. En entrevue au Quotidien, il a témoigné de l’excellence de la nouvelle. « Les ingénieurs d’ici seront en mesure de profiter de contrats à l’extérieur de la région et de la province, là où le travail est. Les gens de Québec et de Montréal souhaiteront venir travailler dans la région. Plusieurs en profiteront pour revenir trouver leur famille », ajoute-t-il.

À travers cette transaction qui fera progresser l’entreprise qu’il a fondée, Jeannot Harvey dénonce que les politiciens ne s’occupent pas des régions.

Gouvernements absents 

À travers cette transaction qui fera progresser l’entreprise qu’il a fondée, Jeannot Harvey dénonce l’inaction des gouvernements tant aux paliers provincial que fédéral. La situation est bien désolante pour celui qui est d’avis que les politiciens ne s’occupent pas des régions. « Je pense que les gouvernements carburent aux grandes villes. Nos régions ne sont pas glamour. On ne nous annonce pas de bonnes nouvelles dans la région. Ce n’est pas comme faire un tunnel à Québec, un échangeur Turcot ou le pont Champlain », ajoute-t-il. 

Les autres entreprises du Groupe Ceger se retrouvent dans le même bateau. La décroissance est également au rendez-vous chez l’entreprise sœur, Cegerco. L’entrepreneur général en construction du Groupe Ceger opère dorénavant dans la grande région de Montréal vu l’absence d’occasion dans la région. M. Harvey a confirmé ne pas être à la recherche d’un acheteur pour cette branche du Groupe Ceger. Toutefois, il assure avoir un plan de match dont seuls lui et ses associés connaissent la teneur.

Rappelons qu’en février 2017, Cegertec a racheté ses parts de Cegertec/WorleyParsons. Cette transaction a rapatrié le pouvoir décisionnel dans la région. En février dernier, la compagnie SeaFort Capital d’Halifax a fait l’acquisition de Mecfor. Lors de cette transaction, Mecfor est devenue une entreprise indépendante du Groupe Ceger. Malgré cela, Éloïse Harvey, fille du fondateur de Ceger, devait demeurer une actionnaire importante.