Caroline Gauthier n’avait qu’un rêve quand elle était plus jeune : enseigner à la maternelle. Un groupe d’élèves de l’école De la Pulperie a beaucoup de chance de la côtoyer chaque jour.

Caroline Gauthier, une enseignante d’exception

Caroline Gauthier n’a toujours caressé qu’un rêve : être professeure de maternelle. Pour une 19e année consécutive, celle qui cumule 26 ans d’expérience dans le domaine de l’enseignement a la chance de le vivre pleinement. C’est à l’école De La Pulperie, à Chicoutimi, que la récipiendaire du Prix Jeannette-Dalpé saupoudre chaque jour un peu de sa magie.

« Il y a maintenant cinq ans que ce rayon de soleil illumine le quotidien des enfants ainsi que celui de la communauté de l’école De La Pulperie. Comment s’y prend-elle ? Tout d’abord, il y a ce regard. Ce regard qui reconnaît à chaque enfant son authenticité et son unicité. Ce regard qui, empreint de respect et de bienveillance, fait en sorte que chaque enfant se sent respecté, et ce, malgré ses différences », écrit la directrice de l’établissement, Patricia Aubut, dans la lettre d’appui qu’elle a signée en soutien à la candidature de Caroline Gauthier au Prix Jeannette-Dalpé.

L’enseignante a remporté cette précieuse reconnaissance le 5 octobre dernier, lors du congrès de l’Association d’éducation préscolaire du Québec (AEPQ). Deux conseillères pédagogiques ont eu l’idée de mettre le parcours d’exception de Caroline Gauthier en relief. Son dossier s’est démarqué du lot et le jury l’a choisie pour la mouture 2018 de cette reconnaissance provinciale.

« J’aime profondément ce que je fais dans la vie. Je ne changerais de travail pour rien au monde. Je réalise un rêve. C’est vraiment ce que je voulais faire. Je suis tellement passionnée et je suis tellement bien dans ma classe », dit-elle d’emblée, lorsqu’interrogée par Le Quotidien.

L’étincelle qui brille dans les yeux de Caroline Gauthier quand elle parle de son travail est perceptible par quiconque la regarde, peu importe la hauteur de l’interlocuteur. À une époque où les enseignants sont nombreux à dénoncer le manque de ressources dans les écoles du Québec et les conditions difficiles dans lesquelles les professionnels de l’enseignement sont forcés d’évoluer, Caroline Gauthier s’avoue heureuse comme un poisson dans l’eau. Son regard, considéré sécurisant par les enfants qu’elle a sous son aile, les aide à forger leur estime de soi.

« C’est avec passion que Caroline Gauthier place le développement global de chaque enfant au cœur de ses interventions. Elle a le souci de développer les compétences de chacun de ses élèves selon son développement et son rythme, peu importe le contexte », poursuit Patricia Aubut.

L’enseignante aime utiliser les vrais mots quand elle s’adresse aux écoliers et considère important de leur expliquer, par l’entremise de divers apprentissages, la signification des compétences qu’ils acquièrent chaque jour dans leur environnement scolaire. Calme, elle s’exprime doucement, de façon rassurante. L’ex-patineuse artistique, qui a longtemps enseigné en francisation dans un milieu anglophone, pratique le yoga avec ses élèves. Elle est aimée de la communauté avoisinant l’école De La Pulperie. Tout le monde, incluant les chercheurs en éducation de l’UQAC avec qui la prof collabore, lui reconnaît ses qualités humaines et professionnelles exceptionnelles.

« Les enfants me font du bien. J’aime saisir chaque occasion de les faire évoluer et cheminer. Pour moi, c’est très important de respecter le jeu de l’enfant. Leur travail, c’est de jouer. C’est là qu’ils apprennent », pointe l’enseignante primée.

La directrice Patricia Aubut note qu’à l’instar des grands athlètes, il y a de grands enseignants et Caroline Gauthier fait partie de ce groupe.

« C’est une Wayne Gretzky ! Parfois, je retrouve les enfants suspendus aux paroles de madame Caroline, hypnotisés par la magie d’un livre, à vivre une pratique de lecture enrichie. À d’autres moments, je découvre des petits médecins, des vétérinaires, des mamans qui réinventent l’histoire à travers leurs jeux symboliques », signale la directrice, qui croit que Caroline Gauthier contamine positivement ses collègues de travail.