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Le directeur général de l’Administration portuaire de Saguenay, Carl Laberge, affirme que la pandémie n’a pas ralenti les activités de transbordement pendant la dernière année. La baisse des activités est attribuable à l’arrêt des bateaux de croisière.
Le directeur général de l’Administration portuaire de Saguenay, Carl Laberge, affirme que la pandémie n’a pas ralenti les activités de transbordement pendant la dernière année. La baisse des activités est attribuable à l’arrêt des bateaux de croisière.

Carl Laberge dresse un bilan positif de 2020

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
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L’Administration portuaire de Saguenay a vu ses revenus baisser de 500 000 $ en 2020 en raison de la pandémie et de ses effets sur les bateaux de croisière pendant que le secteur du transport des marchandises a connu une excellente année.

Le directeur général de l’Administration portuaire de Saguenay, Carl Laberge, considère qu’il s’agit de l’une des très bonnes années pour tout ce qui touche les expéditions et la réception de marchandises pour le terminal de Grande-Anse. Il s’agit d’une performance très intéressante alors que les ports spécialisés (conteneurs) constataient une baisse d’activité.

« La baisse pour les bateaux de croisière est hors de notre contrôle en raison de la pandémie. Ça ne nous place pas dans une mauvaise situation, puisque les activités pour le transport de marchandises ont été très bonnes. Nous avons enregistré une légère diminution par rapport à 2019, mais 2020 a été une très bonne année », insiste le directeur du port.

En 2019, pas moins de 630 000 tonnes métriques de marchandises ont transité par le terminal de Grande-Anse. La baisse a été de 15 % en 2020 et dans un contexte de pandémie qui a eu des effets sur l’ensemble de l’économie mondiale, Carl Laberge juge qu’il s’agit d’une très bonne performance.

La pandémie a eu un effet sur la circulation des marchandises destinées au commerce en provenance de toute la région de l’Asie. C’est ce qui explique le ralentissement pour les ports qui reçoivent principalement les conteneurs. Le terminal de Grande-Anse, suivant les explications de Carl Laberge, est un port « général » qui est en mesure de réaliser plusieurs types de transbordement.

Les activités portuaires constituent en général un bon indicateur des fluctuations économiques dans une région. Les caractéristiques de la dernière année de transbordement de Grande-Anse confirment que le secteur industriel se porte bien dans la région.

« Nous avons débuté les expéditions de granules vers l’Angleterre. L’entreprise Barrette-Chapais a investi 18 M $ dans son complexe d’entreposage. Nous avons donc expédié 100 000 tonnes de granules. Ces expéditions vont augmenter à 200 000 tonnes, et ce, à long terme à partir de cette année », précise le directeur des installations.

L’administration est évidemment fière d’être associée à ce projet spécifique. Les granules expédiées par Granule 777 en Angleterre permettent de remplacer le charbon dans la production d’électricité. Il s’agit d’un projet qui permet de diminuer globalement les gaz à effets de serre dans le monde.

« C’est un plus petit projet en investissements que les projets miniers comme ceux qui sont en ce moment en développement. Mais c’est un projet intéressant, puisqu’il s’agit de contrats à long terme. »

Le terminal peut également être utilisé pour des expéditions moins importantes en termes de volume, mais qui permettent à des entreprises régionales de vendre à l’international. « Nous avons également expédié un chargement de 10 000 tonnes de granules en Italie pour Granules LG de Saint-Félicien », ajoute Carl Laberge.

Les activités de Rio Tinto ne sont pas négligeables dans les résultats de l’année 2020 pour le terminal de Grande-Anse. L’entreprise a ainsi importé via le terminal une quantité importante d’anodes puisqu’elle procédait à la réfection de ses fours à l’usine d’Alma. Grande-Anse a également procédé à des expéditions d’aluminium provenant des usines de la région.

« Les expéditions et réceptions de marchandises avec Rio Tinto ont généré le mouvement de 1000 wagons par la desserte ferroviaire. Rio Tinto a une infrastructure ferroviaire dans la région et peut transporter la marchandise jusqu’à nos installations. »

Carl Laberge insiste sur les relations entre Rio Tinto et l’Administration portuaire de Saguenay. La multinationale exploite des installations portuaires à La Baie pour le transbordement de produits en vrac. Elle a recours au terminal de Grande-Anse pour certaines expéditions ou réceptions de marchandises plus spécifiques dans le cadre de ses opérations. Il s’agit tout de même d’un apport important pour le volume de transbordement de Grande-Anse, lequel peut cependant varier d’une année à l’autre.

« Le terminal de Grande-Anse est une infrastructure importante pour l’économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean. On le constate avec des projets comme celui de Barrette-Chapais. On est en mesure de faire des chargements de marchandises au Saguenay et de les expédier partout dans le monde sans aucune restriction et sans passer par un autre endroit », a conclu le directeur général de l’administration portuaire.

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LE PROTECTIONNISME, UNE RÉACTION DIFFICILE À CRITIQUER

Les velléités protectionnistes de la nouvelle administration démocrate aux États-Unis avec le renforcement du «Buy American Act» dans un décret présidentiel ne font pas craindre le pire au président de la Chambre de commerce du Saguenay et directeur général de l’Administration portuaire Carl Laberge.

Tour le secteur du bois d’oeuvre est en litige avec les Américains depuis le début des années 1980. La situation actuelle n’est pas vraiment différente et l’administration Biden n’aura pas vraiment d’influence sur ce conflit. Le nouveau décret de l’administration concerne spécifiquement les contrats accordés par le gouvernement fédéral aux États-Unis.

«Il s’agit d’un marché qui représente des contrats de l’ordre de 600 G$ par année. C’est énorme comme marché. Il n’y a pas encore eu d’entreprise pénalisée dans la région et ça serait surprenant que ça se produise rapidement. Il est cependant possible que certaines entreprises qui réalisent des contrats en sous-traitance dans certains domaines soient touchées par les impacts de cette politique protectionniste», insiste Carl Laberge.

Le président de la Chambre de commerce ne condamne pas cette attitude de la nouvelle administration. Il rappelle que plusieurs pays ont en ce moment ce réflexe des achats locaux pour relancer leur économie.

«On le fait ici aussi. Il est de plus en plus question de faire des achats chez nous. On ne peut pas reprocher aux Américains de faire exactement la même chose que nous voulons faire ici.