La ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, affirme qu’il faut démontrer une amélioration de la situation des hardes de caribou forestier pour éviter l’imposition de mesures par le gouvernement ou que les tribunaux forcent le gouvernement à décréter des mesures de protection.

Caribous forestiers: la ministre veut des preuves

La démonstration devra être faite qu’il y a une amélioration dans la situation des hardes de caribous forestiers de la forêt boréale canadienne pour éviter d’éventuelles interventions législatives du gouvernement canadien en vertu de la Loi fédérale sur les espèces en péril.

De passage aux Escoumins, pour l’annonce d’investissements pour le 20e anniversaire du Parc marin Saguenay-Saint-Laurent, la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, a accordé une entrevue exclusive au Quotidien, en présence du député de Lac-Saint-Jean, Richard Hébert.

Dès le départ, elle avise qu’il n’est pas dans son intention d’imposer des mesures unilatérales à la grandeur du Canada pour protéger le caribou forestier. Ce commentaire risque de calmer le jeu alors que plusieurs élus locaux et représentants syndicaux craignaient que la ministre cède devant le lobby des environnementalistes qui réclament pratiquement la fin des opérations forestière dans la forêt boréale sous aménagement.

« Je ne veux pas plus me retrouver dans une situation comme nous avons vécue en Colombie-Britannique alors qu’une Cour de justice a imposé des mesures pour protéger le caribou », a immédiatement repris la ministre pour bien démontrer qu’elle était déterminée à agir pour en arriver à la mise en place de mesures de protection des hardes en collaboration avec les provinces ou autres intervenants.

La logique de base qui gouverne l’action de la députée d’Ottawa est celle du déclin général de la biodiversité au Canada. Ce constat est incontournable aux yeux de la ministre et le gouvernement est engagé dans une politique globale de protection de cette biodiversité. Il vise de plus à l’améliorer comme c’est le cas avec des espèces comme le caribou ou le béluga.

« Il y a des enjeux différents à la grandeur du pays. Mais il y a un constat de diminution de la biodiversité », soutient la ministre McKenna.

Il n’est également pas question, dans son esprit, que l’on pousse la logique à l’extrême pour en arriver à une situation comme celle de la petite grenouille verte (la rainette), dans la région de Montréal. Ottawa a alors décrété des mesures de protection pour l’espèce.

espèce menacée
En 2012, le gouvernement fédéral avait pris la décision de décréter que le caribou forestier devenait une « espèce menacée ». Cette désignation, selon le Programme de rétablissement au Canada publié en 2012, était basée sur des « observations, les estimations, les déductions ou les soupçons ».

La ministre précise qu’elle n’était pas titulaire du ministère de l’Environnement en 2012 et qu’elle entend travailler sur des bases scientifiques. Elle assure que les décisions seront prises en fonction de la science, mais en collaboration avec les nombreux intervenants concernés par la problématique.

« Lors de notre dernière rencontre avec les ministres des provinces, nous avons convenu de travailler ensemble pour trouver des solutions. Il faut que nous puissions identifier ces solutions pour protéger la nature tout en soutenant le développement économique. »

La ministre fédérale de l’Environnement est consciente des enjeux économiques qui mobilisent en ce moment de nombreux maires des communautés forestières de l’Ontario et du Québec. Sa mère est originaire de l’Abitibi et elle sait ce que représentent les ressources naturelles pour le maintien de l’activité économique dans les régions.

Elle démontre une certaine ouverture quand il est question des mesures à mettre en place au pays. Dans son esprit, la situation peut différer d’une région à l’autre, ou d’une harde à l’autre, puisque les fonctionnaires fédéraux travaillent sur la base des hardes.

Malgré cette ouverture, elle reste prudente quand on lui demande si le Québec pourrait bénéficier de mesures particulières en fonction de certains constats qui se dégagent de la situation des caribous forestiers. Elle n’a pas commenté le fait que toutes les opérations de survol réalisées sur le territoire québécois depuis 2012, et dont l’existence est connue par le gouvernement du Québec, confirment une croissance des troupeaux.

« On doit démontrer qu’il y a une amélioration de la situation », a répété la ministre en réponse à cette question. Elle est revenue à quelques reprises sur ce concept de « démonstration de l’amélioration de » la situation des hardes pour éviter l’intervention gouvernementale et également celle des tribunaux.

Catherine Mckenna souhaite que l’on prenne bonne note dans ce débat qu’elle est la ministre de l’Environnement de tous les Canadiens. Elle veut donc que les entreprises, les travailleurs, les communautés autochtones, les élus locaux et les groupes travaillent conjointement dans une perspective de biodiversité tout en soutenant le développement économique.

Elle croit que l’exemple de la protection du béluga, un animal emblématique qui attire des milliers de touristes, illustre bien la possibilité de jumeler environnement et développement économique.

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ESPÈCE MENACÉE

En 2012, le gouvernement fédéral avait pris la décision de décréter que le caribou forestier devenait une «espèce menacée». Cette désignation, selon le Programme de rétablissement au Canada publié en 2012, était basée sur des «observations, les estimations, les déductions ou les soupçons».

La ministre précise qu’elle n’était pas titulaire du ministère de l’Environnement en 2012 et qu’elle entend travailler sur des bases scientifiques. Elle assure que les décisions seront prises en fonction de la science, mais en collaboration avec les nombreux intervenants concernés par la problématique. «Lors de notre dernière rencontre avec les ministres des provinces, nous avons convenu de travailler ensemble pour trouver des solutions. Il faut que nous puissions identifier ces solutions pour protéger la nature tout en soutenant le développement économique.»

La ministre fédérale de l’Environnement est consciente des enjeux économiques qui mobilisent en ce moment de nombreux maires des communautés forestières de l’Ontario et du Québec. Sa mère est originaire de l’Abitibi et elle sait ce que représentent les ressources naturelles pour le maintien de l’activité économique dans les régions.

Elle démontre une certaine ouverture quand il est question des mesures à mettre en place au pays. Dans son esprit, la situation peut différer d’une région à l’autre, ou d’une harde à l’autre, puisque les fonctionnaires fédéraux travaillent sur la base des hardes.

Malgré cette ouverture, elle reste prudente quand on lui demande si le Québec pourrait bénéficier de mesures particulières en fonction de certains constats qui se dégagent de la situation des caribous forestiers. Elle n’a pas commenté le fait que toutes les opérations de survol réalisées sur le territoire québécois depuis 2012, et dont l’existence est connue par le gouvernement du Québec, confirment une croissance des troupeaux.

«On doit démontrer qu’il y a une amélioration de la situation», a répété la ministre en réponse à cette question. Elle est revenue à quelques reprises sur ce concept de «démonstration de l’amélioration de» la situation des hardes pour éviter l’intervention gouvernementale et également celle des tribunaux.

Catherine McKenna souhaite que l’on prenne bonne note dans ce débat qu’elle est la ministre de l’Environnement de tous les Canadiens. Elle veut donc que les entreprises, les travailleurs, les communautés autochtones, les élus locaux et les groupes travaillent conjointement dans une perspective de biodiversité tout en soutenant le développement économique.

Elle croit que l’exemple de la protection du béluga, un animal emblématique qui attire des milliers de touristes, illustre bien la possibilité de jumeler environnement et développement économique.