Québec doit obligatoirement déposer auprès du ministère fédéral de l'Environnement un plan de rétablissement du caribou forestier afin d'éviter de se faire imposer les mesures que les spécialistes d'Environnement Canada jugent nécessaires pour sauver cet écotype d'ongulé.

Caribou forestier: le ministre Blanchette cherche un consensus

Le ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs espère dégager des consensus positifs qui vont permettre de rallier les différents intérêts grâce à la nouvelle Table des partenaires pour la mise en oeuvre du Plan d'action pour l'aménagement de l'habitat du caribou forestier.
Au cours d'une entrevue accordée au Quotidien, Luc Blanchette est revenu sur l'importance d'atteindre ce but alors que le premier ministre Philippe Couillard a toujours soutenu qu'il n'y aura pas un seul emploi sacrifié au Québec pour un caribou.
La nouvelle structure consultative a regroupé pas moins d'une trentaine de représentants de groupes environnementaux, des entreprises, du monde municipal et des nations indiennes ainsi que des syndicats (Unifor, CSN). Le ministre Blanchette a assisté à une portion de la première rencontre tenue mercredi et s'est dit satisfait de ce qu'il y a entendu.
Québec, il faut le rappeler, doit obligatoirement déposer auprès du ministère fédéral de l'Environnement un plan de rétablissement du caribou forestier afin d'éviter de se faire imposer les mesures que les spécialistes d'Environnement Canada jugent nécessaires pour sauver cet écotype d'ongulé qui a été placé sur la liste des espèces menacées au fédéral et vulnérables au Québec.
La constitution de cette table met en présence pour la première fois les principaux adversaires dans ce débat qui dure depuis 2013. Les élus municipaux, les syndicats Unifor et l'industrie d'un côté, la SNAP et Nature Québec de l'autre. Ces groupes écologistes ont milité activement au sein de l'Équipe de rétablissement du caribou forestier pour faire accepter un plan qui aurait des impacts dévastateurs pour l'économie des régions alors que les syndicats, le milieu municipal, ainsi que l'industrie ont contré la mise en place de ce plan basé sur le principe du 35 % maximal de perturbation forestière. Les syndicats Unifor ont même demandé à Québec de convaincre le fédéral que le caribou forestier doit être retiré de la liste des espèces menacées en raison des résultats des inventaires forestiers aériens réalisés depuis 2012.
Selon Luc Blanchette et le haut fonctionnaire François Forcier, la Table des partenaires va justement offrir la possibilité aux différents groupes de faire valoir leurs positions dans un contexte de discussion. Le ministre est resté prudent sur la question des choix que le gouvernement devra faire et surtout sur la demande officielle de certains syndicats forestiers d'Unifor qui lui demandent d'adopter l'argumentation selon laquelle le caribou forestier n'est plus menacé au Québec.
Au cours de l'entrevue, le ministre a confirmé que la mise en place de la nouvelle structure ne signifiait pas le démantèlement de l'Équipe de rétablissement du caribou forestier qui regroupe une quarantaine de personnes. «La Table des partenaires pourra demander des avis à l'Équipe de rétablissement», a enchaîné le ministre Blanchette.
Deux comités aux rôles différents
Ce dernier ne donne pas plus d'importance à l'un ou l'autre de ces deux comités qui auront à conseiller le gouvernement pour la mie en oeuvre de mesures découlant de ce qui a été annoncé en avril 2016. Pour le ministre, l'Équipe de rétablissement à un rôle plus scientifique alors que la table permet de discuter de la problématique.
Les décisions finales, quant à elle, relèveront du gouvernement. Il s'agira de décisions de nature politique basées sur les objectifs gouvernementaux.
Avant de quitter le ministère des Forêts, Laurent Lessard avait confirmé l'intention du gouvernement de réaliser rapidement un inventaire complet des zones propices au caribou forestier afin de lever l'ambiguïté sur l'état réel des populations. Le ministre Luc Blanchette réitère qu'il est toujours à l'ordre du jour de procéder à des inventaires aériens pour obtenir un portrait complet et le plus précis possible de l'état des hardes. La réalisation de ces inventaires pour couvrir toutes les zones représente un investissement de l'ordre de 2 M$ pour le ministère.