Carboneutralité de l'usine de GNL Québec: Claude Villeneuve défend son rapport

La diffusion d’un document vidéo réalisé par les opposants au projet de GNL Québec et de Gazoduq pour la construction d’une usine de liquéfaction de gaz naturel à Grande-Anse incite le titulaire de la Chaire de recherche en éco-conseil de l’UQAC, Claude Villeneuve, à apporter des précisions et réagir à certains propos tenus par diverses personnalités.

En entrevue, il dit trouver « admirable » le travail de communication qui a été réalisé, notamment par Dominic Champagne, mais à la lumière des propos tenus par ce dernier, il est évident, selon M. Villeneuve, qu’il n’a pas lu le rapport scientifique préparé par son équipe pour GNL Québec et intitulé « Identification de moyens crédibles pour un grand émetteur final canadien de s’affirmer carboneutre au Québec », dévoilé le 4 septembre dernier. « Si M. Champagne avait lu le rapport, il aurait des arguments moins émotifs. Je crois que vous n’avez pas à rejeter un rapport que vous n’avez pas lu », affirme d’entrée de jeu M. Villeneuve.

Ce dernier ajoute que depuis sa publication sur la place publique, le contenu du rapport n’a fait l’objet d’aucune contradiction scientifique, ce qui ne signifie pas que quelqu’un puisse le faire un jour. Il devra cependant apporter des arguments sérieux et fondés scientifiquement. « Ce même rapport fera l’objet d’une publication par une revue scientifique internationale en novembre ou en décembre prochain et sera exposé à la critique de chercheurs du monde entier », ajoute M. Villeneuve.

Attaque à la crédibilité

M. Villeneuve n’accepte pas qu’on s’attaque à la crédibilité de la chaire de recherche en laissant entendre qu’elle a été achetée par GNL Québec, ce qui démontre chez ceux qui le prétendent une « ignorance ridicule » du fonctionnement de ces institutions. Le directeur mentionne que la chaire dispose actuellement d’un million $ en fonds capitalisés, une somme accumulée à coups de conférences, de contributions et de subventions données à l’UQAC pour la poursuite des travaux de la chaire. « Toutes les heures que j’ai consacrées sont données à l’UQAC, mais M. Champagne ne connaît pas le mode de fonctionnement d’une chaire de recherche. On a au moins 2 millions $ d’avance. On ne s’est pas laissé influencer pour avoir un contrat de 49 970 $ de GNL. »

L’étude préparée pour GNL a fait l’objet d’une consultation dès les débuts avec la publication de la table des matières qui a été soumise à des commentaires et des critiques afin d’en améliorer le contenu scientifique.

Celui qui a consacré sa vie professionnelle depuis 1974 à des travaux de recherche liés à l’environnement trouve « ridicule et même méprisant » qu’on écarte ainsi du revers de la main des travaux scientifiques réalisés par des équipes sérieuses en ne se basant que sur des impressions. « La science doit être transparente. Si vous achetez mon âme, je vous conseille de vous prendre de bonne heure parce que je n’en ai pas. »

Ceci dit, M. Villeneuve conclut qu’il n’est pas contre le fait que Dominic Champagne veuille bouger et faire connaître ses convictions sur la place publique, mais il faut comprendre que son action n’a rien à voir avec la science. « La science reconnaît les limites de ses affirmations, donne ses sources, révise les calculs effectués et tempère ses conclusions. »