Stéphane Bergeron, directeur régional de Développement économique Canada, Gilbert Dominique, chef de bande de Mashteuiatsh, Ghislaine Hudon, préfète de la MRC Domaine-du-Roy, Philippe Couillard, premier ministre du Québec, Patrick Girard, directeur général d'Agrinova, Serge Simard, député de Dubuc, et Geoffrey Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones, ont annoncé officiellement le financement du projet de laboratoire de production de charbon biosourcé.

Carbon biosourcé: Québec et Ottawa embarquent

Le projet de centre de recherche de fabrication de charbon biosourcé de 7,6 millions $, à Mashteuiatsh, va se concrétiser maintenant que son financement est attaché.
Ce laboratoire sera installé dans une bâtisse de 1,5 M $ qui sera construite dans le nouveau parc industriel. Les premières expérimentations devraient se faire à l'hiver 2018.
À partir de biomasse forestière, principalement des rejets de scieries, un procédé de conversion thermochimique va permettre de fabriquer du charbon biosourcé (biochar). Ce produit sera utilisé pour la fertilisation et l'amendement des sols. 
« Concrètement, nous allons faire des expertises dans la science des sols pour l'agroforesterie, les mines et l'agriculture. Le biochar a un rôle agradant qui permet d'enrichir les sols et de capter les nutriments. C'est un secteur en émergence qui va pouvoir bénéficier à nos entreprises et à d'autres en province », a mentionné Patrick Girard, directeur général d'Agrinova, l'entreprise retenue pour réaliser les recherches et développer ce laboratoire. 
Au fond, le laboratoire va réaliser de la recherche appliquée pour des entreprises. Des entreprises minières ont déjà démontré de l'intérêt pour la végétalisation de sites. 
Par ailleurs, lors du procédé de conversion chimique, une huile se dégage. Cette huile pourrait être utilisée à d'autres fins.
Projet mûrement réfléchi
Ça fait au moins cinq ans que la communauté amérindienne et la MRC Domaine-du-Roy travaillent à ce projet de valoriser la biomasse forestière pour en faire un produit à fort potentiel. Au début, les besoins seront de l'ordre de 1800 tonnes par année et pourraient atteindre 50 000 tonnes à moyen terme. Pour fabriquer une tonne de charbon biosourcé, il faut quatre tonnes de biomasses.
Le fédéral a donné le ton en acceptant de verser 5,9 M $. Il ne manquait que la part de Québec. Le député de Roberval l'a annoncé lundi en conférence de presse. Il a souligné qu'il s'agissait d'un des projets qui a été identifié lors du sommet économique. 
« C'est un projet issu du milieu et de voir tous les partenaires impliqués représente la plus belle partie de l'annonce. C'est le travail d'équipe des différents paliers et des Premières Nations. Plus souvent on est ensemble autour de la table pour parler de développement économique commun et créer des emplois pour nos communautés, le mieux ça va aller entre les Premières Nations et les communautés québécoises », a-t-il mentionné.
Gilbert Dominique heureux
Le chef Gilbert Dominique fonde beaucoup d'espoir dans le projet. « Il s'agit d'un projet porteur d'avenir pour notre développement économique et il offre des perspectives d'emplois intéressantes », a-t-il affirmé. 
Par contre, pour les 12 emplois spécialisés qui seront créés à court terme, aucun n'est réservé pour les Autochtones. Le conseil de bande de Mashteuiatsh a investi plus de 1 M $ dans le projet, dont 750 000 $ pour la construction de la bâtisse qui va accueillir le laboratoire.
C'est dans le futur que des emplois pour des gens de la communauté pourraient être créés, notamment avec le développement de l'entreprise BioChar Borealis qui naît en même temps que le centre de recherche. Cette entreprise pourrait développer des unités de production industrielle dans la région et structurer une nouvelle filière de valorisation de biomasse génératrice d'emplois.