Mgr René Guay invite la population à faire preuve de générosité, à l’occasion de la capitation, qui débute le 21 septembre.
Mgr René Guay invite la population à faire preuve de générosité, à l’occasion de la capitation, qui débute le 21 septembre.

Capitation: le diocèse de Chicoutimi espère un « petit miracle »

Stéphane Bouchard
Stéphane Bouchard
Le Quotidien
Le diocèse de Chicoutimi lance sa traditionnelle campagne régionale de la capitation, repoussée à l’automne en raison de la crise sanitaire, et espère un « miracle ». L’importance des dons des paroissiens est encore plus cruciale en cette année marquée par une pandémie.

Ce n’est un secret pour personne, les finances de l’Église catholique se sont déjà mieux portées. Les églises, fermées de la mi-mars au mois de juin et privées de l’argent de la quête, ont perdu trois mois de revenus. La capitation, qui a habituellement lieu en mai, est attendue avec espoir. Elle débutera le lundi 21 septembre.

La prochaine semaine revêt donc une « importance extrême », pour reprendre les mots de Mgr René Guay.

« On comprend la situation que les gens vivent. Plusieurs se retrouvent devant de l’insécurité financière. Par contre, [l’enjeu n’est pas seulement] de garder nos bâtiments, mais aussi de continuer à offrir des services pastoraux. Dans les églises, il y a des messes, des mariages, des funérailles, mais nos sous-sols servent aussi à des oeuvres sociales. Chaque fois qu’on est obligés de fermer une église ou d’essayer de la vendre, ce sont des oeuvres sociales qui écopent. Ça me fait vraiment mal au coeur », rappelle-t-il, ajoutant que la mission de l’institution qu’il représente est « d’aimer et de rendre service aux plus fragiles et aux blessés de la vie ».

La capitation est une contribution volontaire demandée à chaque baptisé de 18 ans et plus qui a une rémunération. Elle représente un gros morceau des finances de l’Église. Les dons, récoltés par la poste ou par le porte-à-porte, permettent aux paroisses « de vivre ou de survivre ».

Des prévisions réalistes

Normalement, l’automne qui arrive serait le temps de faire les prévisions budgétaires pour la prochaine année. Le report de la capitation a un effet domino. Aucune fabrique ne sait précisément de combien d’argent elle dispose.

Avant que n’éclate la crise de la COVID-19, déjà 60 % des 65 fabriques du Saguenay–Lac-Saint-Jean prévoyaient faire un déficit en 2020, selon ce qu’a dit au Progrès l’économe du diocèse de Chicoutimi, Richard Perron, en juillet.

Même si le report de la capitation crée un stress financier supplémentaire dans les paroisses, cette décision a été prise parce qu’il aurait été inapproprié de demander de l’argent dans un contexte où plusieurs avaient perdu leur emploi et avaient de la difficulté à joindre les deux bouts.

« On a fait ça par respect. Respect pour les personnes. Respect pour les bénévoles. On ne voulait pas les mettre dans des situations où elles auraient été obligées de faire des démarches, d’avoir des contacts, pendant que ce n’était pas possible physiquement », souligne l’abbé René Guay, qui précise que de nombreux paroissiens ont pris la peine de faire des dons à l’Église en cette période difficile, malgré l’absence d’une campagne officielle.

Les fidèles ont été heureux de retrouver les églises, constate Mgr Guay.

Les quêtes et la capitation représentent environ les deux tiers des revenus des paroisses. Cet argent sert à payer le salaire des employés, mais aussi à défrayer les coûts de chauffage et d’éclairage des églises, leur entretien et des services pastoraux. La tendance est à l’augmentation des coûts et à la baisse des revenus, et plusieurs paroisses se retrouvent devant des choix difficiles. Le Progrès a d’ailleurs publié un dossier sur le sujet il y a quelques semaines.

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Retour des fidèles dans les églises

La campagne de la capitation arrive trois mois après la réouverture des églises. Mgr Guay constate que les fidèles étaient heureux de se retrouver, dans le respect des consignes sanitaires. « Pour plusieurs, de se retrouver ensemble, de prier, c’était un grand besoin auquel on répondait enfin. »

La pandémie et le confinement ont été difficiles pour tous. « Les gens ont besoin de paix. Tu arrives dans une église, en quelques minutes, dans le silence ou avec un petit fond musical, on la retrouve. [...] Les gens ont vécu une forme de traumatisme. Ils ont besoin d’être accueillis, soutenus, accompagnés, de se confier », poursuit l’homme d’Église.