Ce jeune lynx de neuf mois fait l'objet d'un processus d'imprégnation. Il s'amuse ici avec Marie-Hélène Godin.

Cap sur le professionnalisme au Zoo de Falardeau

Consciente de certains propos condamnant les contacts directs du grand public avec ses animaux, la direction du Zoo de Saint-David-de-Falardeau entend consacrer l'année 2017 à développer une structure visant à rendre un peu plus professionnel son travail effectué en tant que refuge pour animaux.
La conférence de presse du Zoo de Saint-David-de-Falardeau a été l'occasion pour les propriétaires de relâcher un grand duc capturé dans un pigeonnier dans le secteur de Chicoutimi-Nord.
Ces propos ont été tenus mercredi par le propriétaire du zoo, Daniel Gagnon, à l'occasion d'une conférence de presse tenue à la nouvelle pouponnière pour petits animaux construite au coût de 800 000 $. M. Gagnon était accompagné de son épouse Suzie Girard, de son fils Marc, responsable du développement de l'entreprise, Myriam Gagnon, responsable de l'imprégnation des animaux, de la mairesse de Falardeau, Catherine Morissette et du conseiller municipal Germain Grenon.
Traçant un bilan des investissements réalisés, M. Gagnon a mentionné qu'un million $ a été injecté en 2015 pour l'aménagement d'une savane africaine avec de vastes enclos pour l'accueil de girafes, élans, zèbres, gnous. «Cette année, on rénove le parc à orignaux avec l'aménagement d'un lac. On construira une cabane de chasseurs où on ne chassera pas les animaux ainsi qu'un nouveau pavillon d'accueil. Le bâtiment actuel deviendra la billetterie ». En ce qui a trait à la nouvelle pouponnière, elle est répartie sur deux étages de 1500 pieds carrés.
M. Gagnon avoue qu'en 2002 lors de l'ouverture des portes du refuge au grand public avec l'accueil de 100 personnes, il ne pensait jamais atteindre le cap des 2300 visiteurs comme ce fut le cas certains jours l'été dernier.
La direction s'est posé la question afin de déterminer si l'entreprise devait continuer à se développer en tant que zoo ou poursuivre sa mission comme refuge pour animaux. C'est cette dernière option qui a été décidée avec comme objectif de rendre les animaux accueillis heureux.
Il a dressé l'inventaire des animaux aidés en précisant que les animaux de la boréalie, comme les ratons-laveurs, des animaux nouveaux venus dans la région, méritent de faire l'objet d'une campagne d'information afin d'éviter qu'ils ne soient domestiqués par l'Homme. L'an dernier le refuge a remis 28 ratons dans la nature ainsi qu'un grand héron bleu.
Les animaux domestiques en détresse comme les serpents, tortues , canards, lapins constituent une seconde catégorie reçue au refuge. L'an dernier, 300 de ces animaux ont été accueillis et remis au public.
Enfin, les animaux exotiques comme les tigres et léopards de l'Amour, font l'objet de transactions avec des jardins zoologiques d'un peu partout dans le monde. L'an dernier, deux tigres ont été vendus à des jardins zoologiques en Thaïlande et en Ontario.
Suzie Girard et Daniel Gagnon, propriétaires du Zoo de Saint-David-de-Falardeau, accompagnés de la mairesse, Catherine Morissette et de Germain Grenon, conseiller municipal ont fait le point sur le développement de l'établissement.
Protocole de contacts
La direction a conçu un protocole afin de dicter le comportement à adopter envers les animaux, l'exposition au grand public, la période de retrait des mères, etc.
La direction du zoo a entretenu les médias du concept d'imprégnation des animaux. Le concept découvert par le docteur Konrad Lorens, dans les années 30, est le processus par lequel l'Homme, s'il intervient avant le sevrage d'un animal en lieu et place des parents, sera considéré comme un congénère par le sujet, faussant les repères de celui-ci. Le jeune animal s'identifiera alors davantage à l'espèce humaine, dont il se sentira plus proche. Une préposée aux animaux ayant reçu une formation de 900 heures est affectée à cette tâche. Ces animaux sont destinés à la captivité, a expliqué M. Gagnon.
Le Zoo de Falardeau s'attend cette année à une nouvelle hausse de fréquentation.
M. Gagnon évalue que 100 000 visiteurs se sont rendus sur place en 2016. Il affirme que la progression est constante.
Selon les données fournies, l'achalandage est constitué de 20 % de citoyens de la région et de 80 % de visiteurs extrarégionaux. La direction assure que tout l'argent récolté auprès du public est réinvesti dans l'entreprise, mis à part le salaire payé à certains employés. En ce qui a trait à la structure de l'entreprise, M. Gagnon n'était pas en mesure de dire si un jour l'entreprise serait transformée en organisme sans but lucratif.
Le conseiller Grenon a souligné les efforts de M. Gagnon destinés à faire passer le site de centre d'observation à celui de refuge pour animaux de toutes sortes.