ulien Boulianne, David Asselin, Jérémie Boivin et Charles Cantin (à l’avant) ont grimpé durant 6h30 pour atteindre le sommet et ont pris 3h30 de plus pour revenir au camp de base.

Cantin et Boulianne au sommet de l'Elbrouz

Les avocats Charles Cantin et Julien Boulianne et leurs compagnons de voyage, Jérémie Boivin et David Asselin, ont atteint le sommet du mont Elbrouz, en Russie, sur le coup de 9 h 30 samedi matin (heure de Russie) après plus de dix heures d’ascension et de descente.

Les quatre hommes s’étaient donné le défi de gravir l’un des sept plus hauts sommets d’Europe, à 5642 mètres, afin de récolter des fonds pour la Fondation pour l’enfance et la jeunesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Pour les deux avocats de la défense, il s’agissait d’une seconde ascension en deux ans dans le cadre du défi « Au sommet pour la jeunesse ». Ils avaient grimpé le Kilimandjaro, plus haut sommet de l’Afrique, en janvier 2017.

« Oui, c’est mission accomplie. Ce ne fut pas facile, mais nous n’avons pas eu de gros pépins durant l’ascension ni lors de la descente. Il faisait froid et nous étions habillés comme des ours. Et lorsque le soleil est sorti, je peux te dire qu’il était chaud. On a enlevé des couches de vêtements et changé les mitaines », a mentionné Julien Boulianne, lors d’un entretien avec Le Quotidien, samedi matin.

« Nous sommes partis à 3 h du matin. Le ciel était dégagé, mais nous avions besoin de nos lampes frontales et de nos crampons sous les bottes. Même s’il faisait noir, nous pouvions apercevoir les montagnes. Nous avons eu besoin de 6 h 30 pour atteindre le sommet et il a fallu 3 h 30 supplémentaires pour revenir au camp de base », a ajouté Charles Cantin.

Accompagné de deux guides, le quatuor saguenéen a profité d’une plage horaire favorable, côté météo, pour prendre le départ aux petites heures dans cette région du Caucase, en Russie.

« Nous nous sommes rendu compte que la température et les conditions météorologiques pouvaient changer du tout au tout en l’espace de 10 minutes. Les guides nous avaient suggéré de partir durant la nuit pour profiter d’une bonne fenêtre et aussi pour mieux gérer la circulation sur la montagne », a repris Julien Boulianne.

Car les grimpeurs de Saguenay devaient être très prudents tant durant l’ascension que durant la descente.

Même si le trafic montagneux sur l’Elbrouz n’est pas aussi important que sur l’Everest, la prudence reste de mise. Les responsables des excursions enregistrent, bon an mal an, une trentaine de décès durant les 15 semaines d’accessibilité à la montagne.

« Nous avions nos bottes à crampons, deux bâtons de marche et un piolet. À un certain endroit, il y a une corde fixe que tout le monde utilise, autant en grimpant qu’en revenant. Lors de notre descente, nous avons croisé un groupe et j’ai décidé de me détacher de la corde fixe pour passer à côté. J’ai glissé. Heureusement, les guides de la Russian Montain Holidays (RMH) nous avaient donné une formation pour s’arrêter si l’on glissait. Ç’a bien fait », a précisé David Asselin.

« On nous avait suggéré de faire appel à cette compagnie et nous avons fait le bon choix. Nous disposions de deux guides pour quatre grimpeurs, alors que d’autres offraient un guide pour 10 personnes. Ce sont des professionnels. Car on se devait toujours d’être sur le qui-vive », a poursuivi Jérémie Boivin.

Quant à la difficulté de l’ascension, Charles Cantin l’estime plus difficile que le Kilimandjaro, où le cordage n’est pas nécessaire et surtout pas les crampons sous les bottes.

« Ça n’a pas été du gâteau », a-t-il mentionné, précisant que le quatuor avait eu du temps pour s’acclimater à la montagne et au climat.

Après une journée de repos et un bilan de cette ascension, les quatre hommes passeront quelques jours en Russie et songent à se rendre à Saint-Pétersbourg avant de revenir vers le Saguenay.

Quant aux dons amassés, le quatuor espère remettre 30 000 $ (minimum) à la Fondation pour l’enfance et la jeunesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean, tout en précisant que les gens ont encore quelques semaines pour faire des dons ou commanditer l’un des 5842 mètres d’ascension.

Quelle sera la prochaine montagne à grimper ? Charles Cantin et Julien Boulianne préfèrent s’accorder un peu de temps afin d’y penser.