Cannabis dans les parcs: Saguenay salue l’ouverture

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, et le président de la Commission de la sécurité publique, Kevin Armstrong, voient dans l’assouplissement de Québec sur l’autorisation de consommer du cannabis dans les parcs publics une reconnaissance qu’ils sont un gouvernement de proximité.

C’est l’analyse qu’ils ont faite des amendements proposés au projet de loi 2, mardi, par le ministre de la Santé, Lionel Carmant.

Ces changements ont été déposés à l’étude article par article du projet de loi.

Ainsi, si la loi est adoptée telle quelle, le cannabis ne serait plus interdit dans tous les lieux publics, car les municipalités pourraient permettre la consommation de la substance dans les parcs, sauf s’il y a présence de terrains sportifs, d’aires de jeu pour enfants ou autres équipements sportifs. L’interdiction demeurerait cependant lors de la tenue d’événements. Les villes devraient indiquer la permission au moyen d’affiches.

La loi actuellement en vigueur, adoptée par les libéraux, permettait aux villes de réglementer les lieux permis pour le cannabis. C’est sur cette base que Saguenay avait adopté une réglementation plus sévère, limitant la consommation de cannabis dans les propriétés privées avec la permission du propriétaire.

« Ce que ça dit, c’est que Québec se repositionne et laisse à la discrétion des villes, donc c’est aux villes de décider si elles le veulent ou pas. Donc, par le fait même, ils se retirent et laissent aux villes le pouvoir de décider. Et c’est en ce sens-là qu’il reconnaît les gouvernements de proximité, à savoir nous on le permet partout, mais si la ville ne le veut pas, vous le déciderez », a expliqué la mairesse, lorsque jointe par téléphone.

Impliquée au sein de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) en tant que trésorière, elle a rappelé que l’UMQ avait demandé, lors de la commission parlementaire sur le changement à la loi par le gouvernement caquiste, de laisser aux municipalités le pouvoir de décider.

« L’UMQ salue cet assouplissement, car il revient aux villes de déterminer où on ne le permettra pas », a-t-elle poursuivi.

Érick Tremblay-Dionne

En janvier, un citoyen de Saguenay, Érick Tremblay-Dionne, avait dénoncé la situation, d’abord dans nos pages et ensuite au conseil de ville, où il devenait à peu près impossible pour un locataire de consommer du cannabis en tout lieu si son propriétaire le lui interdisait. C’est d’ailleurs cet argument qu’a repris François Legault en point de presse mardi à Québec. « Je suis sensible au fait que les gens qui sont moins riches, qui sont locataires, n’ont peut-être pas d’endroit pour fumer du cannabis, parce qu’ils ne peuvent pas fumer dans leur logement, la plupart du temps. Donc, s’ils ne peuvent pas fumer dans un endroit public, est-ce qu’on peut leur trouver un endroit spécifique ? », a-t-il dit, dans des propos rapportés par La Presse canadienne.

Selon Josée Néron, cet argumentaire avait été transféré aux soins de Kevin Armstrong. « C’est à l’étude. On a une personne qui était venue nous voir au conseil et nous avait expliqué la problématique. On avait reçu la demande et j’avais confié à M. Armstrong la problématique à travers la Commission de la sécurité publique. Le dossier chemine à l’heure actuelle et on essaie de voir les tenants et aboutissants, car souvent quand on permet d’un bord il peut y avoir des effets collatéraux », a-t-elle mentionné.

De son côté, Kevin Armstrong a dit qu’il était trop tôt pour débuter ce travail tant que le projet de loi ne sera pas accepté.

« Je l’ai toujours dit, notre réglementation elle est vivante et on va s’adapter aux lois en vigueur. S’il y a lieu de la modifier avec des demandes en ce sens, c’est sûr qu’on va les analyser. Mais présentement, le cadre légal n’a pas été modifié par Québec. On garde un œil ouvert, mais comme le projet de loi n’a pas été entériné, je ne spéculerai pas et je ne ferai pas travailler des fonctionnaires sur des modifications réglementaires si le cadre légal n’est pas adopté par Québec », a-t-il fait savoir.

« Ce que je comprends aujourd’hui c’est qu’il y a une ouverture et c’est tant mieux. Je suis content pour l’autonomie des villes », a-t-il cependant souligné.